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DE L'AUTHENTICITÉ DES AUTOGRAPHES

Pièces fabriquées par intérêt ou dans un but de lucre. — Faux du fonds Letellier. — Lettres et pièces apocryphes de Racine, de Boileau, de La Fontaine, de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de madame Élisabeth. — Affaire Vrain-Lucas. — Fausses lettres de madame de Pompadour. — Les faux à l'Étranger. — Les secrétaires de la main : Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, le cardinal de Richelieu; madame de Maintenon; Sainte-Beuve et Garibaldi. — Les griffes. — Les fac-similés et leur fabrication. — Moyens de reconnaître les faux. — L'œil de l'expert. — Aspect matériel de la pièce. — Vérification de l'écriture. — Les principaux recueils de fac-similés en France et à l'Étranger. — Moyens de contrôle tirés du texte de la pièce. — Méthode pour discerner un fac-similé d'un autographe.

Il n'y a pas d'objets cotés dans le monde des amateurs qui n'aient tenté la cupidité des faussaires. Les autographes n'ont pas échappé à la loi commune. Il y a eu, il y a et il y aura de faux autographes, qu'on peut classer en deux catégories :

i° Les pièces fabriquées dans un intérêt de famille ou d'argent, comme les titres supposés de noblesse, de donation ou de propriété. Il y a de ces faux qui sont très anciens et qui ont été confectionnés par des généalogistes besogneux. Quelques-uns de ces faussaires ou de ceux qui les avaient inspirés eurent l'habileté de faire don à des archives publiques de ces documents suspects, afin de leur donner une provenance qui n'inspirât pas de soupçons sur leur authenticité.

2° Les autographes fabriqués dans un but de lucre. Ceux-là ne sont pas anté-

(i) Il a existé à Paris une Société des amateurs d'autographes, qui a fonctionné pendant plusieurs années, mais qui a disparu depuis ia guerre de 1870. (Cf. Les autographes, par de Lescure, p. 24.) Il serait désirable qu'elle se reformât. A Stockholm une Société analogue a été fondée et j'ai l'honneur d'en faire partie comme membre honoraire. — Les autographes ont pris une telle importance que dans les expositions récemment consacrées à Pierre Corneille, à Jean-Jacques Rousseau et à Eugène Delacroix, on a réservé des vitrines aux lettres de ces grands hommes.

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