‹ La science des autographesChapitre 37 sur 40 · C. xii · texte numérisé non relu

C. xii

des maîtres typographes les plus savants, M. Claude Motteroz, et comme graveur des fac-similés M. Charles Gillot, digne héritier d'un inventeur de génie.

La mise en pages d'un ouvrage de description, composé presque entièrement d'articles distincts qui, par leur multiplicité et leur variété, nuisent à l'unité de la page, est des plus compliquées. En outre, la plupart des articles étant accompagnés de fac-similés, on ne saurait imaginer quelles combinaisons complexes, quelles inventions heureuses ont été nécessaires pour bien encadrer, sans altérer la symétrie générale, tous ces fragments d'écritures diverses, tous ces paraphes discordants. Ça été un labeur ardu, qui a exercé la patience de tous les collaborateurs.

M. Alfred Bovet ne se contenta pas de ce premier travail. Il le compléta par un tirage de luxe, pour lequel il fit fabriquer par la maison Morel-Bercioux un papier vergé d'une pâte admirable. Puis, pour différencier davantage les exemplaires de bibliophiles de ceux de l'édition ordinaire , il adopta un encadrement rouge pour chaque page. Le tirage de cet encadrement et le tirage du texte ont été l'objet de soins vigilants. Grâce à une surveillance incessante, Fernand Calmettes a pu voir ses efforts couronnés de succès, car le tirage approche de la perfection, autant qu'il est possible.

Cette édition de luxe contient d'ailleurs un progrès sensible en plusieurs points sur la première. J'ai soigneusement revisé le texte et corrigé les erreurs et les inexactitudes inhérentes à un travail aussi étendu. J'ai aussi rempli beaucoup de blancs disgracieux, ajouté des notes historiques, complété des notices. J'ai, en un mot, profité de tous les avantages qu'offre la seconde édition d'un livre.

M. Alfred Bovet, qui avait multiplié les fac-similés dans le texte, a désiré orner l'édition de luxe de quarante-neuf reproductions des pièces capitales de sa collection. Il a fait exécuter les planches par M. Fillon, inventeur d'un admirable procédé d'héliogravure, qu'il exploite pour le compte de la célèbre maison Lemercier. C'est encore cette excellente maison, si habilement conduite par M. Alfred Lemercier, et à. laquelle est attaché un directeur dévoué, mon ami Aglaiis Bouvenne, qui a été chargée du tirage. Chacune des planches en photogravure est tirée dans un ton spécial approchant autant que possible de la couleur de l'original, et Fernand Calmettes a, dans la direction de ce tirage, fait preuve d'un goût très sûr.

Grâce au concours de tant d'énergies, grâce encore au personnel d'élite de l'imprimerie Motteroz, où deux hommes d'une grande habileté technique, M. Gautherin et M. Lefranc, conduisent, l'un la composition et l'autre les presses, le catalogue de la collection Bovet est un chef-d'œuvre d'art typographique. On peut dire qu'il restera comme un modèle unique en son genre.

M. Alfred Bovet, en utilisant la science et le zèle des hommes les plus compétents en la matière, a pensé que de ces efforts réunis naîtrait une œuvre maîtresse, digne de contenter les bibliophiles les plus délicats et les juges les plus sévères. Je crois répondre au sentiment général en disant que le résultat obtenu a dépassé les espérances de M. Bovet et de ses collaborateurs, et que l'idéal poursuivi a été réalisé,

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