‹ La science des autographesChapitre 39 sur 40 · C. xiil · texte numérisé non relu

C. xiil

est libéralement ouverte aux chercheurs; à M. Jouin, l'auteur du Catalogue des portraits historiques exposés au Trocadéro; et à M. Henri de L'Isle, dont l'érudition bibliographique est si étendue. C'est à eux que cette seconde édition doit des améliorations sensibles qui la rendront moins indigne des suffrages du public lettré.

Maintenant ma tâche est terminée. Je ne puis pas dire, comme le poète antique, que l'heure du repos est arrivée : mon âge, les conditions mêmes de ma vie et mes études m'éloignent de la douce oisiveté si chère à Horace. Mais cette œuvre marquera dans ma carrière une étape décisive et peut-être unique, car l'occasion de dresser un autre inventaire de cette nature, dans des conditions aussi exceptionnelles, avec des collaborateurs si unis par l'amitié et par la confraternité des goûts et des aspirations, se représentera-t-elle jamais, dût la nature clémente me garder encore de longs jours? Quoi qu'il arrive, j'ai éprouvé, pendant les quatre années consacrées à cette œuvre, une douce jouissance à vivre dans l'intimité de personnages illustres à des titres si divers. J'ai accompli ma tâche con amore , sachant qu'elle n'était pas de celles qui apportent à leur auteur la fortune, les honneurs ou la popularité, mais convaincu qu'elle incombait au fils et à l'héritier de celui qui a fondé la science des autographes. Je me suis souvenu que c'est en France que le goût des autographes a pris naissance et a obtenu son plus complet développement, et j'ai essayé de ne pas me montrer indigne des précieux enseignements de mon père vénéré et de mes maîtres de l'École des Chartes. Je n'ai qu'une prétention, c'est d'avoir toujours apporté, dans l'exercice de mon métier en général et dans la rédaction de cet inventaire en particulier, tout le zèle, tout l'amour professionnel, toute la conscience dont je suis capable. J'ai été soutenu par cette fortifiante pensée que, quelqu'imparfaite qu'elle fût, mon œuvre serait profitable à mes contemporains et aux générations futures. Ceux-là seuls qui ont l'expérience des études d'histoire et d'érudition comprendront quelle somme de travail, de recherches et de patience a coûté cet inventaire. Ceux-là seuls aussi partageront la satisfaction que j'ai ressentie à redresser des erreurs, à fournir des éléments nouveaux à l'histoire générale ou particulière, à apporter ma pierre à cette œuvre de vérité historique si difficile à réaliser. C'est à cause de cette mine inépuisable de renseignements fournis par les documents analysés, que le catalogue Bovet est assuré d'un succès durable auprès de la postérité savante. Que de livres plus brillants et plus remarqués auront été dès longtemps oubliés, que celui-ci sera encore consulté avec fruit par les historiens et par les érudits et recherché par les bibliophiles ! Cette double pensée du service rendu et de la perpétuité de l'œuvre n'est-elle pas une légitime récompense des efforts de M. Alfred Bovet et de ses collaborateurs?

ETIENNE CIIARAVAY.

Imp réunies C. — Motteroz.

Charavay frères, éditeurs, rue de Furstenberg, 4, à Paris

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