‹ La science des autographesChapitre 6 sur 40 · UTILITÉ DES AUTOGRAPHES · texte numérisé non relu

UTILITÉ DES AUTOGRAPHES

heureuse rénovation des études historiques. On a vite reconnu quelle utilité pouvaient avoir pour l'historien ces papiers jadis si méprisés du public et sauvés parles collectionneurs. Que de faits nouveaux, que de rectifications fournissent les autographes! On le vit bien quand on s'avisa de publier les correspondances de nos souverains et de nos grands politiques. On le vit surtout quand on contrôla sur les originaux retrouvés par des chercheurs les correspondances si impudemment tronquées par les infidèles éditeurs du siècle dernier. N'est-ce pas aussi grâce aux documents originaux si ingénieusement découverts par Beffara et par Eudore Soulié qu'on a pu reconstituer la biographie de Molière (i)?

Actuellement les historiens et les critiques tiennentcompteplus que jamais des autographes. Il n'est pas d'ouvrage sérieux où ceux-ci n'apportent leur utile contingent. J'en atteste les publications de la Société de l'Histoire de France, de la Société de l'Histoire de l'Art et de la Société de l'Histoire de Paris, la collection des Grands Écrivains de France due au regretté Adolphe Régnier, l'édition définitive des Mémoires de Saint-Simon, poursuivie avec tant de zèle par M. de Boislisle, le grand ouvrage consacré par M. Desnoiresterres à Voltaire et à la société française du dixhuitième siècle, les piquantes études des frères de Goncourt, l'histoire des princes de Condé par le duc d'Aumale et celle de Charles VII par le marquis de Beaucourt, les publications si intéressantes de M. A. Geffroy, de mon confrère Emile Campardon, de M. Honoré Bonhomme, de M. Tamizey de Larroque, de M. G. Isambert, de M. Aulard, de M. René Kerviler, les importants travaux de Benjamin Fillon, d'Anatole de Montaiglon, du marquis de Chennevières, de Jules Guiffrey, ces rénovateurs de l'histoire des artistes français, de mon confrère A. Tuetey et de l'historien Clément Duvernoy pour la Société d'émulation scientifique et littéraire de Montbéliard (2), les volumes de Charles Vatel sur Charlotte Corday,Vergniaud et madame du Barry, d'Ernest Hamel sur Robespierre et sur Saint-Just, du docteur Robinet sur Danton, de M. F. Masson sur le cardinal de Bernis, et de tant d'autres érudits (3).

Les autographes ne sont pas moins précieux pour la publication des correspondances des personnages célèbres. C'est ainsi que les lettres du roi Charles VIII ont été récemment publiées par M. le duc de La Trémoille, celles de Diderot par mon ami Maurice Tourneux, celles de saint Vincent de Paul par les Lazaristes, celles de l'abbé Galiani par une femme érudite que cache le pseudonyme de Lucien Perey,

(1) Ces heureux chercheurs ont un successeur zélé dans M. Georges Monval, archiviste de la Comédie-Française et fondateur du Moliériste.

(2) Cette Société est actuellement présidée par M. Alfred Bovet; c'est dire qu'elle n'abandonnera pas ses excellentes traditions, qu'elle continuera son œuvre de recherches historiques et archéologiques et qu'elle fera tous ses efforts pour compléter ses archives locales.

(3) Les revues donnent une grande part au document historique et à l'autographe, témoins la Revue historique de Gabriel Monod, le Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français, la Révolution française, d'A. Dide, J.-C. Colfavru et Étienne Charavay, la Revue de la Révolution, de G. Bord et Ch. d'Héricault, la Galette anecdotique, de Georges d'Heylly, la Revue de l'Art français, de Jules Guiffrey, Y Intermédiaire, de Lucien Faucou, la Revue rétrospective; de Paul Cottin, le Curieux, de Ch. Nauroy, etc.

c^, COMMERCE DES AUTOGRAPHES

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