‹ La science des autographesChapitre 7 sur 40 · C . ni · texte numérisé non relu

C . ni

celles de Condorcet et de Turgot par M. Charles Henry et celles de Ducis par Paul Albert. Les correspondances des contemporains sont aussi en grande faveur. Philippe Burty a recueilli les lettres d'Eugène Delacroix ; M. Paul de Rémusat a publié celles de sa grand'mère. Il en a été de même pour La Mennais, Beyle, Victor Jacquemont, Honoré de Balzac, Sainte-Beuve, Mérimée, Berlioz, George Sand et Edgar Quinet. M. Paul Meurice va publier la correspondance de Victor Hugo et M. le vicomte de Spoelberch, le maître bibliographe, celle de Théophile Gautier.

Je m'arrête, car l'énumération des travaux faits à l'aide des autographes et des documents tiendrait un volume, surtout si je voulais mentionner les innombrables publications dues aux sociétés et auxérudits de province, d'Europe et d'Amérique (i).

Si l'autographe est utile aux historiens, il a aussi un intérêt spécial. Toute lettre, quelque insignifiante qu'elle paraisse, est une mine féconde de renseignements sur celui dont elle émane. La forme de l'écriture, la nature et le format du papier, les formules de politesse, le style, l'orthographe, sont autant de révélations pour l'observateur, pour le philosophe, pour le graphologue. L'autographe est le document humain si prisé par l'école naturaliste (2). C'est aussi l'élément fondamental de la science graphologique, pressentie par Lavater et par Gœthe, et dont la loi a été si bien formulée par H. Michon en ces termes : « Toute écriture, comme tout langage, est l'immédiate manifestation de l'être intime intellectuel et moral (3). »

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