‹ La science des espritsChapitre 20 sur 84 · PIERRE ET JEAN · texte numérisé non relu

PIERRE ET JEAN

Jésus avait un disciple peu intelligent, mais dont il se savait aimé, et qui croyait vaillamment m lui. C'était le caractère simple et ardent du imvailleur; il avait toutes les vertus et tous les défauts du peuple, aussi prompt au découragement (\{\h Tontroprise, mais, au demeurant, toujours

an» ide soBfliatbe^ disposas Itdomier sa 'vie fom kii.^Ge discqfde 'était im homme du fy0Ft, nommé 8imon. Jésus 9e prit pour le type viva^d» travail C€MH*ageiix, cA kn dk : Tu ^es la pierre «ur laquelle Je Ibaderai mon assœiatiou (ecclesiam)^ et les portes (i) ée i'e»ier, «'est-ànlire les ^issanoes ie ee «onde, ne pfi^viKidpraN; j^onals 'contne ^elle* La fî^re »brute ^ a été rejétée par les airdytectes de la société piN^seite 4e^ieiidra in, pîerra migidaiw ^une société 'A^ii'veHe: Je te doRserai les cflés4lii royaume de ftfifkelligenoe et deTamoiir, qiii ^ le royaume des eianx, et €^e8t loi «qui véa?liseras les volontés de Dieu sur la terre. Geax-là seuls ^et&Bt ^ichatnés, que tu «nehalneras, et ceux-là seront libres, que tu anras délivrés, oar tu es Thomme du travail, et je te fois mon représentaiit devant Tavenir.

L'Église, avant la venne de Tesprit d'intelligimce, a cru voir dans ces paroles la consécration du pouvoir absolu et infaillible des papes, et un Alexandre VI s'est prétendu Théritier légitime des promesses faites à Pierre, l'homme de foi, le

(4) « Porte » Teat dira « ^iisanee, gouvernement^ )» etc., dans le style oriental. On dit encore « la porte ottomane » pour désigner le gouYemement turc.

travailleur et le martyr. Toutefois, les premiers papes n'étaient que les représentants du peuple devant Dieu, et, pour cela même, de Dieu devant le peuple, puisque c'était le peuple qui les choisissait; et c'est pour cela que les grands pontifes des beaux temps du catholicisme ont été des tribuns qui résistaient aux empereurs^ châtiaient les crunes des grands, et défendaient les peuples contre les vices de leurs maîtres.

Tant que la papauté a régné, elle a été sainte; la corruption pour elle devait être la déchéance. Quand tu seras vieux, dit Jésus à Pierre, un autre te ceindra et te fera aller où tu ne voudras pas. Triste tableau de la servitude temporelle où est tombée la papauté déchue !

Cependant, la papauté est un principe, c'est la première monarchie chrétienne, et le christianisme ne se régénérera point sans elle.

L'apôtre Pierre tut jusqu'au bout l'image du génie laborieux et méconnu ; on le crucifia comme son maître, et on lui mit la tête en bas, tant les bourreaux avaient peur de le voir debout. Jésus le lui avait miraculeusement prédit, à ce que raconte la légende, car lorsque Pierre sortait de Rome pour fuir la persécution de Néron, le Sau-

Yèur lui apparut, portant sa croix, et lui dit : Je tais à Rome, où je dois être crucifié une seconde fois. Pierre comprit que le christianisme devait conquérir sa délivrance par le martyre, il retourna donc sur ses pas et revint mourir.

Jésus avait un autre disciple qui est appelé le disciple de l'amour, et qu'on représente toujours jeune parce que, suivant la légende, il ne devait pas mourir. Jean est Tévangéliste de la synthèse, et il rattache au christianisme tout le génie de Platon, dans la philosophie du Verbe. Jésus avait résumé toute la loi en deux paroles : Aimez Dieu, aimez-vous les uns les autres. Saint Jean fait tenir l'amour de Dieu dans lamour du prochain, et affirme que personne n'a jamais vu Dieu, mais que nous voyons les hommes, et qu'en eux nous devons aimer la divinité qui les anime. Aimer Dieu dans l'humanité, telle est donc toute la religion ; notre siècle, en adoptant cette formule, n'a fait que résumer la doctrine de saint Jean.

Saint Paul dit que la foi et l'espérance passeront, mais que la charité ne passera point. Cette parole est la promesse du règne de la fraternité, et c'est parce que l'avenir appartient à l'amour que le personnage mystique de saint Jean est sup-

posé immortel par les dég^idaires. 11 dormait, disait-on, dans son eeroueil, et son souffle agHaât doucement la poussière de sa tombe.

Il attendait le retour de son maître, semblable aux vierges sages qui (mt eu soin de €ie pourvoir 4e rhuile ^e la dbarité pour rallumer leur lampe, quand il plaira à Dieu de se manifesta de nou*veau. On <£sait en effet qu'une huil^ merveilleuse suintait du tombeau de saiirt Jean et rendait la santé aux malades. C'est aini^ que la l^nde fait suite à TEvangile et en adoptel^ images, comme TEvangiie reproduit, en les expliquant, les grandes figures de la Bible. Mais dans tout l'ensemble des livres sacrés et de la tradition mystique, un apôtre prend soin de nous en prévenir, la lettre tue, et l'esprit vivifie. C'est pourquoi, lorsque les cultes doivent mourir, ils se matérialisent en s'attachant à la lettre de la parole, et l'esprit leur échappe en agrandissant son expansion, comme l'homme fait abandonne les vêtements de son enfance.

Le signe caractéristique de saint Jean, le dernier des évangélistes, est un aigle, symbole de liberté, d'intelligence et de souveraineté, parce que le règne de l'amour, en facilitant le progrès, doit rendre tous les hommes affranchis pour leur tra-r

\ftil et leur vertu, 4our $. tçur, Aes atnés de A«l i^r mille humaine, prêtres, jrois;^ propri^ïies djU monde*

Fecisti nos r$gm et safierd0fi$ ef Vjsgmbmus

Vous nous ,ave« fait {)a:ètres et rois, et nous ijér guarç^s sur la terre, (Saifift Js^^.)

C'est pour cela que, dans ces derniers temps, l'aigle a reparu dans le monde,

(i'est pour cda que la guerre ne sera que la préparation de l'empire universel.

Le véritd)le empire, c'est la paix ; l'aigle vainqueur se reposera sur le tonnerre et fixera le soleil.

Ce ne sera plus l'aigle du conquérant, ce sera l'aigle de l'évangéliste.

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