‹ La science des espritsChapitre 19 sur 84 · LE JUGEMENT DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LE JUGEMENT DE JÉSUS

Nous ne répéterons pas ici les faits rapportés par les quatre évangélistes , parce qu'ils sont connus de tout le monde.

Le grand drame de la passion est, depuis dixhuit siècles et demi, le jugement écrit des prêtres

et' d^ it)i9* là lâsrnglâiîtè^oondBmtMion des Imén vieux mondè^, et Iff protestation- immortelle^ de»-* cofndanmés' contre uiïe société déicMe.

Un seul des évangiles apocryphes ad seiSî^i^celui de Mcodènièv sgo^è au rébît des qniâré' qûdqm^' oinoonBtano^' trè&^mïdri^uablé» ; - lé»*» vmc*^: •

Lorsqtte Mate fit ^eïïtrep Jésti» dans le prétoire ' pwar^rinterroger; les aigles de Rt^ë^ les images ^ des dieux que portaient lé» vexillaires s'inclinèrent d^élles-mêôieô devant le roi^dei avenir.

Les' Juifs irrités s'émèrent : César est trahi. Voici qu'on rend à cet homme les honi^iifs' d<8^ l'empire.

Pilate lui-même fut étonné, et demanda aux vexillaires ce que signifiait ce qui venait d'arriver : ceux-ci protestèrent que c'étaitcontreleurvolonté, et qu'ils n'y pouvaient rien.

Pilate fit venir les hommes les plus robustes du prétoire et les plus hostiles à Jésus (car ce furent eux qui, une heure plus tard, le flagellèrent et le couronnèrent d'épines), puis illeur confia les enseignes, en leur recommandant de les tenir ferme j et les simulacres divins s'inclinèrent une seconde fois 4éTant Jésus, à là vue de tout le monde, et

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il fut prouvé que la lorce des nommes ne peut rien contre le changement des idées, et que lés ' Signes religieux les mieux protégés par le pouvoir tombent d'eux-mêmes et s'inclinent devant les symboles proscrits que le progrès révèle, protestent, contre le jugement des hommes et sympathisent avec l'agonie des martyrs.

Jésus fut donc interrogé en secret par Pilate, puis il fut ramené devant les Juifs, et ses accusateurs furent entendus ; c'étaient, comme on sait, les princes des prêtres, les anciens du peuple, les pharisiens, les scribes et les docteurs, c'est-à-dire tout ce qu'il y avait de considérable et de respecté dans la nation juive.

Pilate demanda s'il n'y avait pas aussi quelques témoins à décharge. D'abord, il se fit un grand silence, car les rares amis de Jésus avaient peur.

Enfin Zachée, le publicain, éleva timidement la voix pour dire que Jésus avait bu et mangé dans sa maison, puis lui avait touché le cœur par la sagesse de ses discours. Les rires et les huées de la foule ne le laissèrent pas achever, car les publicains (étaient regardés comme des hommes infâmes, et les pharisiens firent valoir le témoignage de Zachée comme une preuve de plus contre J^sus .

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Après Zachée, ce fut une femme toute éplorée qui se jeta aux pieds du proconsul ; on ne lui laissa pas même proférer une seule parole : un cri de réprobation s'éleva de toute la foule : C'est Magdeleine la prostituée, c'est celle qui répand sur les pieds de ce vagabond les parfums précieux qu'elle paie de sa personne; elle est digne de lui, et il n'est pas indigne d'elle ! Anathème sur les infâmes!

Cependant, l'aveugle de Jéricho venait de percer la foule et criait en étendant les mains pour se faire écouter : J'étais né aveugle, et Jésus m'a rendu la vue !

— C'est un raca ! crièrent les prêtres ; ne l'écoutez pas, il ne mérite aucune croyance : nous l'avons chassé de la Synagogue.

— J'étais mort, et il m'a ressuscité, dit alors un homme de Béthanie nommé Lazare.

— Pilate et les Romains se mirent à rire : les Juifs sadducéens poussèrent des cris sauvages, et Lazare fut chassé par les licteurs.

Alors une dame riche et considéiée s'avança et dit : Je suis veuve, je me nomme Séraphia, et j'étais affligée d'un flux de sang qui me faisait lentement mourir.

Un jour, Jésus passait, accompagné d'une foule de pauvres qu'il instruisait, de femmes du peuple qu'il consolait, et de malades qu'il avait guéris.

Je m'approchai de lui sans rien dire, et je touchai seulement la frange de son vêtement : alors, je fus frappée de vénération et d'épouvante, car je me sentais guérie.

A ces paroles, les Juifs commencèrent à murmurer; toutefois ils contenaient leurs clameurs, parce que Séraphia était riche et généralement respectée.

Pilate alors prit la parole et dit : Faites retirer cette dame, elle ne peut être admise à témoigner dans cette affaire, car, selon vos lois, qui sont celles de tout l'Orient, le témoignage d'une femme est nul en justice.

Après Séraphia, personne n'osa plus élever la voix en faveur de Jésus; ceux qu'on regardait comme les honnêtes gens l'accusaient, et il n'avait pour le défendre que des personnes sans aveu, des gens suspects de lèpre ou de débauche, de la populace et des femmes.

Il fut donc condamné, et Ton ne trouva pas d'expression pour résumer ses crimes ; on écrivit par dérision : C'est le roi des Juifs.

Séraphia, qui fut depuis nommée V^roni^que, voyant que son témoignage n'avait pu sauver sop Sauveur, alla en pleurant l'attendre au pas$iyg|e lorsqu'il sortait delà ville, chargé de sa croix, et majoré les cris des bourreaux et les bourrades des soldajts, cille s'approcha ^e lui et lui essuya le visage avec un linge fin qui garda ^ 'empreinte sftnjsdaate des traits de Jésus.

JEt les martyrs ^es premiers siècles n'eurent jioiut d'autre image (le leur majùtre que les traces de sang qui marquaient la place des traits de Jésus ^ur ^e linge ^e Séraphia.

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