‹ La science des espritsChapitre 31 sur 84 · ET APPARITIONS · texte numérisé non relu

ET APPARITIONS

Jésus appelle Satan « le prince de ce monde »> ; c'est donc une puissance qui exerce son empire sur la terre.

Ce n'est pas une puissance spirituelle, car alors elle exclurait celle de Dieu.

Jésus dit qu'il l'a vue tomber du ciel comme la foudre ou sous la forme de la foudre. C'est donc une puissance matérielle analogue à l'électricité.

Jésus dit que Satan est menteur ainsi que son père, parce que le père de Satan c'est l'esprit de mensonge qui donne une personnalité à Terreur.

Seservir mal des forces de la nature, c'est engendrer Satan,

Concevoir toutsansDieu, c'est concevoir Satan. Le diable, c'est un panthéisme sans tête.

C'est l'homme avec une tête de bouc.

C'est l'instinct animal mis à la place de la raison régulatrice.

C'est l'ombre qui nie le corps.

C'est le pot qui nie le potier.

C'est le cauchemar, c'est l'absurde de la raison niant l'absurde de la foi.

C'est le hasard s'affirmant contre la règle; c'est la grimace insultant à la beauté; c'est le néant qui dit : Je suis Dieu .

Satan, c'est la folie, et les possédés du démon, ce sont les fous.

L'un est muet, l'autre déchire ses vêtements et se cache dans les tombeaux; un autre se jette tantôt dans le feu, tantôt dans l'eau, et semble atteint de la monomanie du suicide. Qu'est-ce que tout cela? Des maladies mentales, et Jésus, attribuant à Satan, c'est-à-dire à l'électricité dévoyée, la plupart des autres maladies, dit en parlant d'une femme informe et pliée en deux : Voyez cette fille d'Abraham qui a été liée par Satan ! On

voit que Satan est ici la personnification du mal même physique. Liée par Satan veut dire évidemment ici liée par une affection nerveuse ou rhumatismale. D'ailleurs, le serpent de la Genèse ne saurait être le Satan de Milton. C'était le plus insinuant et le plus rusé des animaux, dit le texte sacré, et Dieu, pour le punir, le condamne à ramper sur son ventre et à manger la terre; supplice qui ne ressemble en rien aux flammes traditionnelles de l'enfer. Il est vrai aussi que le serpent réel et non allégorique rampait avant le péché d'Eve et n'a jamais mangé la terre; il s'agit donc ici d'une allégorie; il s'agit de ce feu astral qui rampe et qui ronge , de ce feu terrestre qui alimente la vie physique en donnant la mort. Il en est de même du Satan qui peut rendre infirmes ou paralytiques les vieilles filles d'Abraham. Que penser aussi de cette légion de démons qui, chassés du corps d'un possédé, demandent comme une grâce de se réfugier dans un troupeau de pourceaux qui deviennent furieux et courent se noyer dans le lac de Tibériade? N'est-ce pas là évidemment une parabole judaïque, dont le but est de montrer combien le pourceau est un animal impur?

S'il faut prendre à la lettie de pareilles histoires, Voltaire a mille fois raison de s'en moquer. Mais on sait que la lettre tue et que l'esprit seul vivifie. Nous ne disons pas pour cela que le fait en lui-même soit impossible. La rage des chiens se communique aux hommes, pourquoi la rage des hommes ou certaines folies furieuses ne se communiqueraient-elles pas aux animaux? Mais que de& anges déchus, que de purs esprits condamnés à l'enfer trouvent du soulagementàse noyer sous des formes de pourceaux ; que le Sauveur du monde, la raison suprême incarnée, consente à cette hideuse et ridicule malfaisance, c'est cela que le bon sens le plus vulgaire ne saurait admettre. Il y a évidemment sous ce récit, révoltant en apparence, quelque chose de caché.

Quand un esprit immonde est chassé du corps d'un homme, dit le Sauveur, il va parcourant les lieux arides et cherchant le repos qu'il ne peut trouver; alors il dit : Je retournerai dans la maison que j'ai quittée. Il va donc, et, retrouvant cette maison nettoyée et parée, il va prendre sept autres esprits plus méchants que lui, ils rentrent tous ensemble, ils s'établissent, et l'état du ma-

lade devient pire qu'il u'était d abord. 841 fallait entendre ce discours symbolique dans le sens des démonomanes, Jésus lui-même en guérissant les possédés aurait fait de mauvaises actions , puisque, suivant sa propre doctrine, il les exposait par la à une obsession sept fois plus cruelle^ Mais il s'agit ici des maladies mentales, qu on empire souvent en voulant les guérir. Si vous chassez une illusion de la tête d'un fou, il en reviendra bientôt sept autres plus insensées que la première. C'est pour cela que Jésus cachait à la multitude les hautes vérités de sa doctrine et ne les révélait au petit cercle des initiés qu'en les enveloppant de paraboles. 11 craignait l'esprit impur qui se nonmie légion ou multitude* Je veux, disait-il, que ces gens-là entendent sans entendre, qu'ils voient sans voir, car j'ai peur qu'ils ne se convertissent. Hélas ! il pressentait les guerres de religion, les massacres et les bûchers ; il voyait de loin l'empire romain s'écroulajott dans le sang des persécutions ^ et le fanatimie haineux condamnant à mort la piété qui piîe et qui pardonne. 11 chassait un démon muet, c'était le culte des idoles, et il voyait venir sept démons bavards, les sept péchés capitaux érigés eu doc-

leurs de l'Eglise. G*est pourquoi il engageait à se lairè quand lui-même, peut-être, il en avdt déjà trop dit. Aussi, quand il est trahi et renié par les siens, calomnié et maudit par les prêtres, accusé devant les juges, livré aux clameurs de la vile multitude qui demande sa mort, il se renferme dans le silence le plus absolu, il ne répond rien à Pilalë, il rie Veut rien dire à Hérode; que leur dîî^-il, et à quoi bon? Ils sont indignes et incapables de l'entendre. Enfin, lorsqu'il a épuisé jusqu^à la lie la coupe de TingiPàtitude, lorsqu'il

se sent mourir dans un srupplice atroce sans avoir pu faille autre chose, porur les hommes qu'il a tant aimés, que de les rendre plus coupables et plus méchants , son coMr se brise, il semble douter de lui-même, et pousse ce cri terrible : Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi to'as-tu abandonné! Lorsqu'il è2tpira, dît TÊvangile, la terre trembla, le soleil s*ôbscurcit , le voile du temple se déchira depuis le haut jusqu'en bas, les {)ierres se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent, les tnort^ en sortirent et apparurent à plusieurs pet^solinès. S'il fallait prendre ces choses à la lettre j rhistoire ferait certainement une mention quelconque de èe formidable événement. Le tremblement dô

terre aurait ^é universel, et robscurcissëment du soleil est autre chose qu'une «impie éolipse. Quelles sont les pierres qui se fendirent? T(hU»s les pierres. Les villes alors durent s'écrouler. Quelques pierres? Lesquelles? et pourquoi celles^^ ci plutôt que celles-là? Les morts sortirent de leurs tombeaux? Dans qud état? tels qti'ils f étaient? à Tétat de putréfaction et de squelettes^ ou avec des corps nouveaux? Ce fut alors une véritable résurrection . Mais FEeriture appelle Jésus^ Christ le premier-né d'entre les morts, c'est-à^ dire le premier des ressuscites, et à ee mommt Jésus venait seulemrat de mourir. La lettre ieî* ne soutient donc pas un seul instant Texamen ^ il faut reeourir h l'esprit , e'est-è-»dire à l'allée gorie. ' i

Jésus-Christ meurt en effet, et le inieux monde tremble; il ne se remettra pas de cette secousse, et le colosse romain va tomber d^ris par débris. Le voile du temple se déchire, c*e8t-è**dire que les plus secrets mystères de la i^lifioti judaïque sont dévoilés, c'est l'hunianîté divine ou la divinité humaine. Le soleil s'obscurcit, c'est-à-cKf^qiiie» les anciens cultes d'Orient qui prenaient le soleil pour la plus parfaite image de Diev ont perdit'

leur \ertu. Un soleil vivant vient d'apparaître sur la terre, il disparaît pour renaître, les jours de rame ont trouvé leur flambeau. Les pierres se fendent, c'est-à-dire que les cœurs les plus durs ne peuvent résister à la douce violence du grand sacrifice. Les tombeaux s'ouvrent d'eux-mêmes, car la mort vient de laisser échapper les clés des portes éternelles. Les morts se soulèvent et semrblent ressusciter d'avance, parce que la mort tdomphante de la plus grande des victimes vient de porter un coup mortel à la mort même, et que l'immortalité de l'âme se rend visible en quelque sorte sur la terre. Tel est le sens, le vrai sens , le seul sens possible et raisonnable des paroles sacrées prises à la lettre par tant d'enfants parmi lesquels il faut ranger les théologiens imbéciles du moyen âge.

Pour ce qui est des apparitions de Jésus-Christ lui-même, nous n'y toucherons pas, car elles sont du domaine exclusif de la foi. Nous ferons remarquer seulement qu'elles ne favorisent en rien les idées du spiritisme, car Jésus-Christ apparaît non comme mort, mais comme vivant. Ce n'est pas en esprit^ c'est en chair et en os qu*U se ti«ouve au milieu de ses disciples, il les

invite à le toucher, il leur demande à manger, il mange, en effets et boit m milieu d'eux. Saint Thomas le touche et jlui trouve un corp^ palper? ble et réel, Cependant ce corps ps^se h travers les portes fermées. Ce sont là des choses de Tau-r tre monde et que rien certainement ne saurait expliquer en celui-ci. C!e corps palpable et réel, ce corps qui a de la chair et des os, ce corps qui se nourrit de pain et de miel, paraît et disparaît comme une fantasmagorie. Il y a là évid^ociment quelque mystère. Les premiers chrétiens, forcés de se cacher, avaient leurs paraboles et leur ocenl-i tisme. Us écrivaient pour être compris seulement des initiés. L'histoire de l'apparition aux voyageurs d'Emmails peut jeter quelque jour parmi ces ombres.

Deux voyageurs passaient non loin du bourg d*Emmatts, c'étaient des disciples de Jésus, et ils s'entretenaient tristement de la mort violente de leur maître. Un voyageur inconnu les aborde et leur reproche leur tristesse; il leur explique les écritures, U leur rappelle surtout les paroles du maître ayant de mourir : « Vous ne ferez qu'un avec moi comme je ne fais qu'un avec mon Père. Celui qui me voit voit mon Père, et celui qui vous

terra me verra. Celui qui tous écoute m'éceute, et quand TOUS, seras dmii on trms k^issémbléB <fli nicai nom, je serai là au ftiilieu de vous, »

Eu parlant ainsi on arrive à rhôtellérie, le voyageiir preiid le pain, le bénit et le partage, ébmme Jésùs^hrist avait fait avant la* dèiie; alors les «j^éux des deux disciples s'ouvrent, il^ reeonnaissent que, suivant Isa parole, Jéeiis^brisf est YéelleAdeiit présent ait iniliëu d'eux ; ils le ëomprennent ressuscité et toujours visible pftrmt les 6iens, toujours présent dans son Égli^^ Ils cèmmunièrent doue de là main de Jéstis^hrist même, et après la communion ils ne lé virent plus. Ici est exprimé avec retenue et d'ifAe taia^ nière voilée tout le mystère du sacerdoce. Le prêtre qui dit la messe est réellement Jésu»^hrist pour la foi des spectateurs, et la preuve de ceci, c'est que le prêtre en prononçant les paroles sacramentelles ne dit pas : Ceci est le corps du Christ, mais bien , comme a dit le Maître : Ceci est mon corp&. Le croyant alors ne voit plus le prêtre, il voit Jésus-Christ lui donnant son corps et îl reçoit réellement le corps sacré de Jésus- Christ; mais, après le sacrifice, Jésus a disparu, et Ton ne s'occupe plus gnère du brave curé qui,

eii débitant ibutbas les "^evwtH éb. son Té Ikunt^ s'en cetôilnie à la sacrktièé v ; i

Dans' ïif^iaé Ait Saint-Gervai» k Parîs^ on xoit aoe peinture muraie de ^Grigoux, ^qui ràprésente^ àmerveiUe, aelon Doui, la œyâtère da la résuiv reclion 4ii Sttuiveur. Ce n^esf pas uti aoup de tonnerre, ce n'est pas un sépulcre qui éclate. au fldilieurdaa soldats bouleversés^, c'^t une tottibe qui B'0ttTrd<fd*elle-'mtoie) û'êst une lumière qui éclot comma une fleur matinale^ douce encora mixUQe le drépuscule, mais assez pmssante déjà, pour éclairer vivement les spectateurs de €ettA scène. Le Christ ne s'envole pas, il marche en avant avec la placidité du calme éternel. Son geste est celui de l'enseignement des choses divines, on croit voir son auréole s'élargir lentement avec des nuances irisées , et autour de lui commence à se dérouler un ciel nouveau. Les gardes ne sont ni foudroyés, ni terrifiés, ils sont saisis et comme paralysés par une stupeur, qui n'est pas sans admiration et peut-être sans une vague ei^radce, d^ n'est>^^ pd^ poWr é\ïx\ les pauvfes mefceiiaiifes du monde 'fosàaitt, que l6 Rédeiiftp^ tetfr iiieôt de triompher de Ife mtfrtt T^ùt est càlttè^ftaùà eè tal)leSu'|-et% pfeifi*re e*f armé a^*

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