‹ La science des espritsChapitre 41 sur 84 · LE LECTEUR ET L'AUTEUR · texte numérisé non relu

LE LECTEUR ET L'AUTEUR

LE LECTEUR

Ainsi, voilà qui est bien entendu, vous rejetez Tautorité de l'Église catholique romaine?

l'auteur.

Ai-je dit cela? Je la respecte au contraire, et je crois qu'il faut y revenir comme au seul principe de hiérarchie et d'unité.

LE LECTEUR

Votre enseignement diffère cependant du sien. Pensez-vous en savoir plus qu'elle ?

l'auteur.

En matière de science, oui. Car l'Église n'est infaillible qu'en matière de foi.

LE LECTEUR

Vous rejetez le diable et Tenfer de M. de Mirville; ne sont-ce pas là des matières de foi?

l'auteur.

Le Credo de M. de Mirville pourrait être celui-ci :

Je crois au diable, le destructeurtrès-puissant, perturbateur du ciel et de la terre^ et en Tantechrist, son fils unique, notre persécuteur, qui sera conçu du mauvais esprit, naîtra d'une vierge sacrilège, sera glorifié, régnera et montera s'asseoir sur Tautel de Dieu le père tout-puissant, d'où il insultera les vivants et les morts. Je crois en l'esprit du mal, la synagogue satanique, la coalition des méchants, la persistance des péchés, la perdition de la chair et la mort éternelle.

Qui osera dire ainsi soit-il ? Qui ne voit pas que le Credo noir est tout l'opposé de celui de l'Église, et que le croyant qui affirme l'un doit nécessairement nier l'autre ?

le lecteur.

Cependant l'Évangile et l'Église parlent du diable et de l'enfer?

Oui, syttibdiqa^iïieiit, et ee isont des symboles que je viens expliquer par la scienèë et la raisbii.

Mais enfin, la foi de l'Église. 2.

l'auteur.

L'Égiise n'a jamais pris le diable pour objet de sa foi.

LE LECTEUR

Mais enfin vous affirmez une sorte de catholicité universelle qui exclurait seuleotent r%ljise romaine.

L* ACTEUR i

J*ai dit positivenîent le contraire : il serait àusSi absurde de mettre Rottle hors dé Funiverà qiîe de prétendre renfertner runiveffe dans Rortieà

LE LECTEUR

Vous me permettrez de préférer les croyances de ma grand'mère à toutes vos raisons.

l'auteur.

Libre à vous de penser comme les grand'mères, ou même de ne rien penser du tout. Mais le

— 3id —

monde soufifre d'être sôtfë religion, et j'ai voulu à mes risques et périls montrer la conciliaition possible entre la raison et la foi. Laissez-moi espérer que j'aurai un jour des petits-enfants qui penseront comme leur grand-père.

LE LECTEUR

Mais pensez-vous que Rome vous approuvera ?

l'auteur.

A-t-elle approuvé Galilée? La terre totïriie cependant.

LB lECTBtfR.

Maintenant elte ne le condamne pluSé

Page 1