ANXIÉTÉS DE JOSEPH
En ce temps-là, Marie étant sortie pour puiser de Teau , un jeune homme d'une grande beauté Taborda près de la fontaine et lui dit : Je vous salue, pleine de grâce.
Marie se troubla et rentra précipitamment chez çlle, mais elle y retrouva le même jeune homme qui la salua encore en lui disant : Ne craignez rien, je suis un ange du Seigneur, et c'est lui qui m'envoie vers vous.
Ce qu'il lui dit encore se trouve rapporté dans les Évangiles, où l'on voit que ce jeune homme était l'ange Gabriel .
Mais les Juifs, dans leur malice, prétendirent que c'était un soldat nommé Panther, et que,
pendant plusieurs jours, il revint voir Marie chez elle.
Six mois après Joseph revint à Nazareth et fut consterné en voyant que la Vierge était enceinte.
Il lui demanda comment cela avait pu lui arriver, et elle répondit en pleurant : Je n ai point failli à mes promesses et je ne suis infidèle ni devant Dieu ni devant vous.
Joseph savait bien qu'il ne Favait point touchée et ne s'arrogeait aucun droit sur elle, puisqu'elle l'avait choisi seulement pour son ami et son gardien.
Cependant il eut le cœur triste et ne l'interrogea plus, mais il songeait à la renvoyer.
Une nuit qu'il s'était endormi dans cette pensée, une main le toucha et une voix lui parla.
Ouvrant alors les yeux, il vit devant lui le même ange qui était apparu à Marie.
Père Joseph, lui dit-il, tu as promis de protéger Marie, pourquoi veux-tu l'abandonner lorsqu'elle a le plus besoin des soins d'un père et d'un ami?
Elle n'est point à loi, c'est toi qui es à elle ; pourquoi veux-tu l'abandonner?
Tu as ^omis de respecter les secrets de sa pudeur; tu l'as laissée vierge et tu la retrouves prête à devenir mère. Honore-la toujours comme une vierge et protége-la comme une mère.
Pourquoi proscrirais-tu Tenfant dont tu ne connais pas le père ?
Ne sais-tu pas que toujours le père d'un en^fant, c est Dieu ?
Aime-le donc à cause de Marie qui s'est courfiée à toi, et garde-le à cause de Dieu, son père. Ainsi vous échapperez tous à la méchanceté des hommes, et ta maison sera bénie.
Joseph médita ces paroles pendant le reste de la nuit, et, le matin venu, il vint trouver Marie et lui dit :
Pardonnez-moi, car je vous ai fait rougir moi qui suis votre père ; je suis votre ami et je vous ai fait pleurer.
Je pensais à vous renvoyer quand vous allez devenir mère, et qui donc vous aurait reçue si votre vieux Joseph vous avait abandonnée?
Gardez votre secret qui est celui de Dieu ; moi je garderai votre enfant qui est aussi celui de Dieu , et que je tiendrai à honneur de pouvoir soigner comme le mien .
Maiûe lui répûAdit : Soy^ez béni, parce qm la vérité éternelle a parlé à votre €œur.
Vous pouviez Me déshonorer, et vous ne l'avez pâs fait.
C*est pour cela que v£>tre nom sera vénérable.
Et quand les gâaérations à venir m's^pell^ont Marie la hieah^Hreuse, elle vous appelleront Josqph le juste.
Et le Fils de Dieu vous appellera son père, parce que vous ressemblez à Dieu qui est juste et bon, et il vous assistera à votre dernier jour, parce que vous aurez été le (idèlegardim de sa naissance.
QUATHl$ME LÉGENDE.
POURQUOI RIAIT ET PLEURAIT MARIE EN SE RENDANT A BETHLÉEM, ET DE SES DEUX SAOES-FEMMES, ZÉLOMI ET âAlOMÉ.
Après cela , Joseph fut obligé de se i:endre à Bethléem avec Marie pour obéir h 1 édit de Céjsar Auguste.
Et, comme ils étaient en chemin, Joseph, rejrardant Marie qui était assise sur son âne, la vit
qui pleurait et lui dit : Pourquoi pleurez-vous?
Marie lui dit : Je vois un grand peuple qui pleure, et mon enfant se tourmente dans mon sein.
Car ils sont là, couchés sur la terre nue, comme des brebis maigres et tondues jusqu'à la peau, et, pour pasteurs, ils ont des bouchers.
Joseph regarda autour de lui et ne voyait rien. Il pensa que Marie était souffrante à cause de son état de grossesse avancée.
L'instant d'après il la regarda encore et la vit qui souriait, bien que ses yeux fussent encore humides de larmes.
Vous souriez donc maintenant ? lui dit-il.
— Oui, répondit Marie, car je vois une multitude qui est dans la joie parce que mon enfant est venu briser leurs chaînes.
— Soyez calme, dit Joseph avec bonté, j'espère que nous arriverons bientôt et que vous pourrez vous reposer ; ne vous fatiguez point par des rêveries et des paroles inutiles.
Alors, un ange se présenta et dit à Joseph: Pourquoi appelles-tu inutiles les paroles que tu ne comprends pas ?
Fais descendre Marie, car le temps presse, et
c'est ici qu'elle doit enfanter, et il lui montrait du doigt rentrée d'une caverne.
Marie entra donc dans la caverne, qui fut toute remplie de lumière lorsqu'elle mit seule et sans douleurs son enfant au monde.
Cependant, Joseph était sorti pour aller chercher du secours, et il ramena deux sages- femmes, là première nommée Zélomi et la seconde Salomé, en leur disant : Une vierge vient d'enfanter, et elle reste vierge.
Zélomi vit la lumière céleste et crut à la parole de Joseph, parce qu'elle comprit qu'il avait parlé suivant l'Esprit du Seigneur.
Mais Salomé fut incrédule, et parce qu'elle avait voulu toucher Marie, sa main et son cœur se desséchèrent.
Marie alors eut pitié d'elle et lui dit : C'est ainsi •que la vaine curiosité dessèche ceux qui veulent juger des choses de l'esprit par le témoignage des sens.
Zélomi représente la foi, et toi tu représentes la raisifh ; elle sait parce qu'elle croit, et toi tu ignores parce que tu doutes ; elle est saine et agissante, et toi te voici malade et paralysée ; mais si tu embrasses mon enfant tu seras guérie, car tu
dêtiéndms simple comme lui si tu veux consentir à Taimer.
Salomé crut à la parole de la mère : elle se prosterna devant le petit enfant, le prit dans ses bras et le berça doucement en l'embrassant avec respect.
Alors elle se sentit guérie, et elle s'attacha avec Zélomi au service de Marie et de Jésus.
Jésus fut ensuite porté dans une étable et couché dans une crèche, comme on lit au livre des Évangiles, et les pauvres bergers des campagnes environnantes vinrent saluer cet enfant du peuple nouveau, dont la naissance faisait déjà trembler les rois de l'ancien monde.