LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES. 4o
mauvaise qualité, puisque si elles étaient bonnes, on ne serait point dans la nécessité de faire une citerne.
J’en rapporterai encore ici une fort belle qui s'est faite à Calais, àpeu-près dans le même temps que celle de Charlemont, dont les développements sont suffisamment détaillés sur la planche X.X.X1V, que je ne m’arrêterai point à expliquer, parce qu’on en trouvera le devis dans le sixième livre, qui en facilitera parfaitement rintelligcnce, et que je donne d’ailleurs |K)ur servir de modèle, quand on sera dans le cas de projeter de pareils ouvrages.
La grandeur des citernes devant être réglée sur la quantité d’eau que les toits des bâtimeiits les plus à portée peuvent fournir, il faut, afin de savoir combien on pourra en recueillir, faire des expériences sur les lieux, pour voir ce qu’il tombe de pouces d’eau chaque année, c’est-àdire, de combien de hauteur d’caii les pluies couvriraient la surface de la terre, si elles s’y conservaient sans s’écouler, s’imbiber, ni s’évaporer; et supposant qu’il en tombe uo pouces, il faut mesurer l’étendue qu’occupent les bâtiments dont on veut ramasser l’eau des toits, sans s’embarrasser de leur figure, ni de la grandeur de leur surface, puisque l’eau qu’ils recevront sera toujours équivalente à celle qui serait tombée sur le terrain qu’occupe le bâtiment, si l’espace avait été découvert comme en pleine campagne : or, si cet espace se trouvait par exemple de laoo toises quarrées, il faudrait multiplier cette quantité par uo pouces, et le produit donnera 33a toises 4 pieds cubes pour la quantité d'eau que la citerne recevra dans le courant d’une année ; sur quoi il faut prendre garde de la faire toujours plus grande, afin que dans le temps des plus grandes eaux, elle ne monte jamais-jusqu’à la naissance de la voûte (i).
Pour savoir la manière dont on pourra faire ces expériences, je rap-
(i) II peut être nécessaire de rassembler tle l'eau <Iims des citernes dans des loca* litês nù le terrain sablonneux laisM filtrer leau de pluie, cl où on n a point de Idlti* menu assez considérables pour que l'eau qui tombe sur les toits offre une assez ^ramie ressource. M. Ferregeau a proposé alors d'enlever aux environs de remplacement où ta citerne doit être établie, et sur une étendue suffisante, les pretnicres coticlies de xable, de former un ban de terre franche et de glaise, couvert de pierrailles, sur
Plakciie
4o4 la SCIKNCli des INGÉNlEUltS,
porterai ce qui so pratique à l’Observatoire royal de Paris, que j’accotn-
pagucrai tie quelque exemple dont on pourra se servir dans l'occasion.
Pour connaître la quantité d'eau de pluie qui tombe à l’Observatoire, on place dans une tour découverte un vaisseau de fer blanc de 4 pieds de 5U(ierticie , avec des rebord.s de 6 pouces de hauteur : ce vaisseau est fait en pente vers l’un de ses angles où il y a un bout de tuyau pour conduire l’eau dans une cruche, on a grand soin de mesurer e.xactement toute l’eau qui s’est amasst'e dans cette cruche, avec un vase de figure cubique qui a son côté de 3 pouces, en sorte que 3a lignes de hauteur d'eau dans ce petit vase valent une demi-ligne sur la superlicie du grand vaisseau ; car il est Ikui de remarquer qu’on ne remplit point entièrement la mesure, et qu’on se contente d’y mettre de l'eau jusqu'à une ligne qui est tracée en dedans à 4 lignes au-dessous du bord, pour avoir les 3a lignes d'eau dont on vient de faire mention. On écrit sur un registre toutes les mesures qu’on a ramassées pendant le courant de chaque mois, pour en faire une somme au bout de l’année, dont on |>rcnd la moitié pour avoir en ligne la quantité d’eau qui est tombée.
M. de Vauban ayant envoyé à l’académie royale des sciences un mémoire de la quantité d'eau de pluie qui est tombée dans la citadelle de Lille pendant dix années, depuis i(>85 jusqu’en i()94i 1^- 1^ (hre a
comparé les six dernières années de l'observation de Lille, avec les mêmes années qu’il a observées très-exactement à Paris, et en voici le parallèle.
-•VXXÉE.
A Lille.
6 année».
lai
Ug.
Par la comparaison de ces six années, on voit en général qu’il pleut
lequel on r.ip(iorlerart le «ble enlevé , et dont les pentes seraient ilisposccs de manière à conduire dans la citerne les eanx de pluie qui, ne pouvant pénétrer au travers de la glaise, cesseraient alors de se perdre