‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 115 sur 207 · LIVRE IV. DES ÉDIFICES M1LIT.41RES. .-joi · texte numérisé non relu

LIVRE IV. DES ÉDIFICES M1LIT.41RES. .-joi

Les escaliers faisant une des principales parties des bâtiments, il v aurait beaucoup de choses à dire sur le choix de leur place, leur grandeur et , leur hgure, sur-tout dans un temps où il semble tpi’on ne peut rien ajouter à ce que l'on a fait de merveilleux dans ce genre-là ; est-il rien de plus beau que de voir des escaliers qui se soutiennent d’euxmemes en l’air par l’admirable invention que l’on a trouvée de les évider dans le milieu ? J’avoue que j’aurais eu un extrême plaisir à traiter ce sujet, pour examiner avec autant de précision qu’on le peut, le mécanisme qui doit régner dans la coupe des pierres, pour y trouver les limons et les appuis en courbe rampante, afin que tout puisse s’assembler et se soutenir, sans y employer d’autre matière que la pierre même; mais comme cela m’aurait mené trop loin, je me contenterai de rapporter quelques règles générales, qu’on doit ob.scrver dans la construction des escaliers ordinaires, d’autant que ceux qui se pratiquent pour la commodité des édifices militaires, n’ont rien de commun avec la magnificence de ceux qui peuvent avoir lieu dans les grands édifices.

Pour ne rien interrompre dans la suite des appartements du dedans du corps de logis, on faisait autrefois des escaliers au milieu de la face en dehors, dans des tours sépai-ces ; mais comme ces tours défiguraient la symétrie extérieure, on a jugé plus à propos par la suite de les placer en dedans au milieu du corps de logis, pour donner la communication à deux appartements séparés à droite et à gauche ; là ils étaient bien en vue et bien éclairés, ne gâtaient rien à la décoration , et lorsqu’ilss’agissait d’un bâtiment simple et de peu de profondeur, il sullisait d’avancer de part et d’autre un avant-corps de la largeur de l’escalier sur chacune des faces, pour trouver a.ssex de longueur aux rampes , que Ion fai.sait ordinairement doubles, afin que pratiquant un passage sous le premier palier à l'endroit de la seconde rampe, on pût communiquer de la cour au jardin : cette avance t|ue l’on faisait dans le milieu du corps de logis pour placer l’escalier, donnait tant de grâce au bâtiment et rendait l’escalier si commode, que je ne crois pas que l’on puisse mieux, faire que de suivre cet usage ; quoique dans ces derniers temps on se soit plutôt attaché à les placer dans les coins , à l’imitation de ce qui se pratique en Italie, où l’on affecte de faire passer ceux qui vont a l’escalier par plusieurs membres engagés l’un dans l’autre ; cependant

comme un escalier placé dans le milieu occupe la plus belle place du bâtiment, dont on peut se servir plus avantageusement pour un salon , il vaut mieux, quand on le peut, le mettre de côté.

Quant à la ligure que l'on peut donner aux escaliers, ceux qui sont dans des cages quarrées ou quartés longs conviennent mieux aux bâtiments considérables que les autres qui seraient disposés en rond, en ovale ou à pans , à moins qu’on n’y soit contraint par quelque raison indispensable.

La grandeur des escaliers doit être proportionnée à celle des édifices R l'usage desquels ils sont destinés, et par conséquent doit dépendre de cette partie d'arcliitecture qui fait distribuer l'espace que les appartements doivent occuper, en sorte que chaque membre soit proportionné à tout le reste : la seule chose qui peut être commune aux grands et aux petits escaliers, est la hauteur des marches par rapport à leur grandeur, celle des balustres et des appuis, parce que ce sont des choses qui servent à des usages qui sont les mêmes partout.

La moindre largeur qu'on puisse donner à la rampe d'un escalier principal est de 4 pieds , pour que deux personnes puissent monter et descendre de front sans s'incommoder : la hauteur des appuis et des balustres doit être au plus de 3 pieds, et au moins de deux pieds et demi : quant à la hauteur des marches par rapport à leur largeur ; voici une règle que M. Blon<lel donne dans son cours d'architecture , que j'ai cru à propos de rapporter ici.

La longueur du pas aise d-’un homme qui marche de niveau, est de a pieds ; c’est-à-dire de a4 pouces, et la hauteur de celui qui monte à une échelle dressée a jilomb n’est que d’un pied ou de la pouces, d’où il paraît que la longueur naturelle du même pas à plomd est la moitié de la hauteur naturelle du pas étendu de niveau, ainsi pour les joindre l’une avec l'autre, comme il se fait dans toutes les rampes, il faut que chaque partie en hauteur soit par compensation prise pour deux parties de niveau , et que l'une et l'autre , pour composer un pas naturel , fassent ensemble la longueur de a pieds ou de a4 pouces : pour cet effet , si dans une rampe vous ne donnez qu’un pouce de hauteur à la marche, il faudra lui donner aa pouces de largeur, parce que aa ponces de niveau avec le pouce de hauteur, qui vaut deux pouces de niveau, font ensemble la longueur du pas naturel de a4 pouces : si la marche a

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