‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 127 sur 207 · LIVRE V. DE l,A DÉCORATION · texte numérisé non relu

LIVRE V. DE l,A DÉCORATION

Vignole, il est bien aisé tl’en avoir le diamètre, et par conséquent le module, puisqu’il n’y a qu’à diviser la hauteur de la colonne en autant de parties égales qu’elle doit avoir de diamètre, et alors une de ces parties sera le diamètre qu’on cherche, dont la moitié pourra servir de module. Car on sent bien que chaque ordre a son module particulier, qui est plus ou moins grand, selon que l’ordre dont il s’agit est inassil' ou léger, et qu’il n’en est point de cette mesure comme du pied ou du pouce ordinaire, qui restent toujours les mêmes. Or, pour rendre ceci plus intelligible, supposons qu'il soit question de décorer une façade selon l’ordre Dorique, il faut en mesurer la hauteur depuis le rez-dechaussée jusqu'à l’endroit où doit se terminer le sommet de la corniche de l’entablement, et diviser cette hauteur en dix-neuf parties, dont il en faut prendre douze pour la colonne pour tel ordre que ce soit ; et ces douze parties n’étant plus considérées que comme une seule grandeur, il faut la diviser en huit parties égales, l’une desquelles sera le diamètre de la colonne : par conséquent la moitié de ce diamètre sera le module pour régler les proportions de l’ordre Dorique, relativement à la façade que l’on veut décorer. Or, comme on aura connu en pieds et en pouces la hauteur de cette façade , on pourra aussi si l’on veut rapporter la grandeur du module aux mesures ordinaires, et savoir par conséquent combien il contient de pouces, quoiqu’à le bien prendre cela soit assez inutile, puisque, comme je viens de le dire, cette mesure est particulière aux ordres et ii’a rien de commun avec la toise.

Toutes les mesures en usage dans la société ayant été divisées en plusieurs parties, pour les raisons que personne n’ignore, les architectes ont aussi divisé leurs modules en un nombre de parties égales, les unes plus, les autres moins, selon qu’ils en ont cru tirer plus de commodité, quand ils ont été obligés de déterminer la grandeur des moulures et des autres petites parties, aBn qu’elles eussent entre elles certaines proportions qui leur convinssent par rapport à l’harmonie qui devait régner dans le tout ; Vignole a cela d’avantageux au-dessus des autres, c’est que les parties de son module ne sont point susceptibles de fractions embarrassantes. On saura donc que pour l’ordre Toscan et le Dorique, il divise le module en douze parties égales : mais comme dans les trois autres ordres, c’est-à-dire l'ionique, le Corinthien et le Composite, il se rencontre des moulures encore plus petites que dans les j)ré-

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cédeiits, il a divise le module de ces trois ordres en dix-huit parties égales, afin d'éviter les fractions qui se seraient rencontrées, s’il ne l'avait été qu’en douze parties.

Comme ce que je viens d'expliquer dans ce chapitre, sulht pour être prévenu de ce qu'il faut savoir afin d’entendre clairement ce que l’on verra dans la suite, je passe à la composition des ordres, en commençant par le Toscan.

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