‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 133 sur 207 · LIVRE V. DE LA DÉCORATION · texte numérisé non relu

LIVRE V. DE LA DÉCORATION

moulures, elles sont égales à leur hauteur, comme on le voit marqué dans le dessin.

On taille ordinairement le plafond de la gouttière , pour y pratiquer un canal et des gouttes, afin de l’orner et le rendre plus léger.

Vitruve ne met point de düTérence entre le chapiteau dorique et le toscan, en ce qui regarde les mesures : il se contente seulement d’y ajouter quelques ornements pour le rendre moinsmu. Mais Vignole, et tous les autres architectes qui sont venus après, n’ont point suivi cette conformité, et ont tous donné au chapiteau dorique, à-peu-près les mêmes proportions que nous avons rapportées ici.

Vignole a tiré du théâtre de Marcellus le dessin de l’ordre Dorique que nous venons de donner pour exemple : sur quoi M. Davilcr remarque que Vitruve n'a point été l’architecte de ce monument, comme plusieurs l’ont prétendu parce que cet auteur était contemporain d’Auguste , dont il était l'ingénieur. D'ailleurs il est à présumer que s’il y avait eu part, il en aurait fait mention dans son livre. Mais ceci est de peu d'importance. On remarquera seulement que Vignole ne s’est pas attache absolument à suivre les proportions du théâtre de Marcellus, et que s'étant aperçu que les membres de chaque partie n’étaient pas assez bien proportionnés entre eux , il a fait les changements qu’il a jugés les plus nécessaires. Par exemple, ayant trouvé que la corniche n’était pa.s assez élevée , il a ajouté quelques moulures au-dessous du lamier , et par-là la hauteur de la corniche se trouve égale à celle de la frise, ce qui lui donne plus de grâce et de dégagement. D'ailleurs la plate-bande qui sert ici de chapiteau aux triglyphes fait partie de la coniiche, et non pas de la frise, ce qui est tout le contraire dans les dessins que nous avons de ce théâtre.

Vignole rapporte encore un autre entablement de l’ordre Dorique, qu'il a tiré à Rome de plusieurs fragments antiques, et que l’on peut voir sur la planche XLVIII ; il est peu différent de celui flont nous venons de (>arler : tout ce qu’on y trouve de plus remarquable, c’est qu’on n’y voit point de denticules.

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