‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 43 sur 207 · CHAPITRE CnSQÜIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CnSQÜIÈME

De la Composition du Mortier.

JM ous avons dit, en parlant delà chaux dans le troisième chapitre, qu’après l’avoir éteinte dans des bassins creusés en terre, il était à propos de la laisser reposer long-temps avant de la mêler avec le sable pour faire le mortier , parce qu’en effet rien ne la rend meilleure que

(i) il y aurait des remarques À faire sur chaque ligne , si on voulait rectifier toutes les petites erreurs de chimie et de physique qui se trouvent dans le texte, et qui tiennent à létat de ces sciences au temps où Belidor écrivait. Ce n'est point parce que

jo4 LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,

cette sage précaution. Mais comme il n’est guère possible d'en user ainsi à cause de l’impatience où l'on est d'exécuter un ouvrage aussitôt qu’il est projeté, je vais décrire la façon dont on prépare ordinairement la chaux, afin de pouvoir faire du mortier incontinent après.

On fait lin petit bassin en terre , auprès duquel on en creuse un autre plus grand et plus profond ; on met dans le petit une certaine quantité de chaux , sur laquelle on jette de l’eau pour la broyer avec le rabot , et après qu’elle est devenue liquide, on la fuit couler dans le grand bassin , où elle se prend ensuite comme un fromage blanc ; c’est de là qu'on la tire pour la mêler avec le sable. Ce mélange se fait ordinairement de deux tiers de sable sur un tiers de chaux mesurée vive, ou de trois cinquièmes de sable sur deux cinquièmes de chaux, selon quelle foisonne plus ou moins; car, quand elle est grasse et faite de bons cailloux, on peut mettre jusqu'à trois quarts de sable sur un quart de chaux : ce qui n'est pourtant pas ordinaire , parce qu'il est rare d’avoir de la cliaux assez grasse pour porter tant de sable. On ne doit tirer le sable qu’à mesure qu’on l’emploie, sans en faire de provisions long-temps auparavant : l'expérience faisant voir que le soleil l'altère, le dessèche, et lui ôte une certaine graisse qui en fait toute la bonté. D'un autre côté la pluie en dissout les sels volatils, et par la suite il se change en une espèce de terre qui , étant mêlée avec la chaux , ne fait plus corps ni liaison dans la maçonnerie (i). Cependant il est à rcmar(|ucr que s’il est question de faire des enduits, il n’y a point de mal que le sable ne soit pas si gras , parce qu’autrement il se sèche fort promptement , fait gercer le mortier , et par conséquent empêche que l’enduit ne reste poli.

Le ciment se mêle aussi avec la chaux en plus petite ou plus grande quantité, selon quelle foisonne plus ou moins: les doses sont les mêmes

le» esprits du plâtre s'évaporent qu’il perd s.i bonté quand on le garde en contact .nvec l'wr; c’est au contraire parce qu'il puise dans l’air de l’eau, ce qui lui fait perdre sa grande afCnité pour cette substmeo, et la propriété de se solidifier $ur-le-cluunp quand on le combine avec elle (A").

(f) Il est peut-être inutile de remarquer que ces observations ne |>cuvent ronccmer que le sable nommé cUlcssus sable de cave. La pluie et le soleil font, en général, peu d'ell'et sur le sable de rivière , à moins que leur action ne s’exerce pendant un temps très-considérable (A").

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