DE LA PESANTEUR DE PLUSIEURS MATIÈRES
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Sable de terre
Sable fort
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Terre grasse '«
Terre eitraordinaire.
Mortier
Brique
Tuile
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8,396 7,788 1 i,35a •i7'4 «.77 > i,88fi
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Ardoise
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Pierre de Saint>Leu . .
Pierre de IJais
Marlkre
Granit *
Chaux vive
Bois d osier
Bols d’aulne
Bois d'orme
Bois de sapin
Bois de chêne
Eau de mer
Eau douce pure. . . .
2,3ûO
iSo
Toutes ces différentes matières peuvent peser un peu plus ou un peu moins qu’on ne l’a marqué ici, selon le pays où on les trouve; mais on s’est conformé à la pesanteur qui leur est la plus ordinaire.
Je crois en avoir assez dit sur ce qui regarde le transport des maté-
LIVRE III. DE LA CONSTRUCTIOS DES TRAVAUX. îig riaos : c'est pourquoi je passe à leur détail , en commençant par éelui de la chaux et du sable.
Détail de la Chaux et du Sable.
On suppose que , par épreuve faite , une toise cube de pierre produit dix milliers de chaux, et comme on met ordinairement huit toises pour la charge d’un four, lesquelles doivent par conséquent produire 8o milliers, il sera aisé de juger ce qu'ils pourront coûter rendus sur l'atelier, en faisant l'estimation du tirage de la pierre, de sa voiture nu four, et la voiture à l'endroit où on veut la mettre en œuvre.
A l'égard de la quantité de chaux qui peut entrer dans une toise cube de maçonnerie, tels qu’aux revêtements des fortilications , il est assez difhcile de la déterminer , parce quelle dépend de sa bonne ou mauvaise qualité , aussi bien que de celle du sable avec lequel elle est mêlée j mais communément il en entre douze quintaux.
On pourra de même juger du prix delà toise cube de sable, en faisant l’estimation de ce qu’il en coûtera par le tirage et le transport jusqu'à pied-d’œuvre ; sur quoi il est à remarquer qu'une certaine mesure de sable pèse à-peu-près le double d’une pareille mesure de chaux , ce qui doit par conséquent doubler le prix de la voiture.
Il entre dans une toise cube de maçonnerie environ 3o pieds cubes de sable.
Détail de la Brique.
Pour savoir le prix du millier de brique rendu sur l'atelier, il faudra faire l'estimation de ce qu’il en coûtera pour tirer la terre, la corroyer, la mouler, la porter sur les banquettes, l'arranger et couvrir de paillassons pour la faire sécher et la rouler au four. J’oublie de dire qu'il faut aussi avoir égard au sable que l’on étend sur les plates-formes. Ce sable doit être des meilleurs ; il en faut au moins loo barreaux pour une briquetterie de 45o mille. On verra ensuite ce qu'il en coûtera pour la cuire , la défourner , et la voiturer ju.squ'à pied-d’œuvre. On prétend que le bois est meilleur pour cuire la brique que le charbon de terre , parce qu’ici il faut un feu clair qui puisse pénétrer de toute part. Mais en
aao
LA SCIENCE DES INGÉNIEURS, rrôompcnse le charbon de terre est excellent pour les fours à chaux , coœine je l'ai dit ailleurs.
Dans une toise cube de maçonnerie de brique , [il entre 46oo briques de 8 pouces de longueur, l^ de largeur, et a d'épaisseur, et 55o dans la toise carrée qui aurait une brique d’épaisseur, c'est-à-dire 8 pouces. Ainsi l'on voit que le mortier occupe à-peu-près un cinquième de la toise cube.
Une voiture attelée de trois chevaux porte 4oo briques qui pèsent un peu plus de i5oo livres. Car, quand une brique est faite deboiine terre et bien cuite , elle pèse environ quatre livres , en lui supposant les dimensions dont j'ai parlé plus haut.
Détail du Moellon.
Pour savoir le prix de la toise cube de moellon , il faut avoir égard à ce qu’il en coûtera pour le déblai nécessaire à sa découverte , pour le tirer de la carrière , pour la charge et décharge , pour la voiture et la main-d’œuvre.
Quand le moellon doit être façonné pour être mis en œuvre , il faudra voir ce qu’il en coûtera par toise cube, pour le piquage et ajonturage, indépendamment des autres circonstances dont nous venons de faire mention. On pourra de même estimer la toise courante de pierre de taille , en la supposant , par exemple , d’un pied de hauteur sur quinze de lit ou environ.
Quand la maçonnerie est composée de briques et de moellon comme celle des revêtements des fortifications, le mortier occupe à-peu-près un sixième de la toise cube , car le moellon laissant moins de vide que la brique, il faut moins de mortier que si la maçonnerie était toute de brique.
Ayant trouvé à l’aide des calculs précédents le prix de chaque chose en particulier, il n'y aura point de difficulté à savoir la dépense de la toise cube de maçonnerie , dès qu’on saura combien il doit y entrer de chaque espèce de matériaux ; ce qui sera aisé en faisant , dans les différents pays où l'on se trouve , une analyse exacte des profil» les plus approuvés et les mieux dirigés.
On voit ensuite ce qu'il en pourra coûter par chaque toise cube pour
LIVRE III. DE LA CONSTUCTION DE, S TRAVAUX. le canal , ai on est obligé d’en faire un. On a égard aussi aux faux frais auxquels les entrepreneurs pourront être engagés pour les épuisements des eaux , s'il s'en rencontre , et à plusieurs autres particularités qui doivent entrer dans la même estimation ; et moyennant tous ces détails, on pourra savoir , avant l'exécution des ouvrages , si les propositions des entrepreneurs sont justes ou non , et à quoi l'on peut s'cn tenir ; et meme après que les projets sont exécutés , ce qu'ils ont perdu ou gagné , et quel dédommagement le roi peut leur accorder s'ils avaient fait un mauvais marché , ou s’il s'était présenté dans la suite du travail quelque difficulté qu'on n’aurait pu prévoir , comme cela arrive assez souvent.
Le temps qu’on emploie pour la construction de la maçonnerie est encore une connaissance nécessaire , si on veut se mettre en état d’exécuter les ouvrages dans le temps prescrit , et répondre aux intentions de la cour ; pour cela il faut savoir ce que chaque ouvrier peut faire par jour.
Dans un mur épais de lo à la pieds, un bon maçon pent faire deux tiers de toise cube de maçonnerie par jour si le' parement est brut, et environ une demi-toise seulement s'il est façonné. Mais, pour que cette règle ait lieu , il faut que l'ouvrier soit des meilleurs , et qu'il ne perde pas un moment de temps; ainsi l’on peut réduire le travail à cinq huitièmes dans le parement brut , et à trois huitièmes dans le parement façonné. Chaque maçon doit avoir deux manoeuvres pour le servir quand les matériaux sont éloignés de i5 à ao toises de l’ouvrage.
Dans un mur de deux pieds d’épaisseur , le même maçon peut faire aisément une toise carrée par jour , en s’assujétissant aux échafaudages (i).
Pour dire aussi quelque chose sur la manière judicieuse avec laquelle
(i) Il «Jl aisé de concevoir que les détails conteuus dans ce chapitre sont fort incomplets. Comme il faudrait, pour y suppléer, entrer dans de trop longs développements, je me contenterai .l'indiquer les ouvrages auxquels on pourra recourir. On peut voir sur ce sujet le Devis instructif des travtstsx dèpendantsdu service du génie ; les Expc‘ riences sur ta maia~d'ceuvre de d^èrents travaux ^ etc., par M. Büistard ; les Expè^ riences sur la main-d’auvre de différents travaux, etc., par M. Anselin ; les Tableaux
LA SCIENCE DES INGÉNIEURS, un ingénieur doit agir au sujet des particuliers dont les terres sont comprises dans l'étendue des ouvrages d’une place neuve , voici ce qui m'a paru le plus raisonnable :
Pour les particuliers dont les héritages doivent être occupés par les fortiKcations , on ne peut avoir trop d'attention pour leur rendre la justice qui leur est due , et pour les dédommager en quelque façon du chagrin de perdre leurs biens. Ainsi il ne faut point agir en toute rigueur avec eus , mais bien régler l’estimation, de manière que le roi n’y soit poit lésé, et que le particulier n’y perde rien. Pour cet effet, après avoir bien examiné et marqué tout cr> qui doit être pris de ces héritages , il faut en faire un dessin distingué par des cotes qui désignent ce qui ap|>artient à chacun, et qui soient rapportées à la marge avec le nom du particulier : après toutefois qu’il aura été justifié par titre ou possession sufBsante que cet héritage lui appartient. On procède ensuite à l’estimation de la valeur de ces biens ;cc qui se fait pardevant l'ingénieur , le commissaire des guerres , et les magistrats delà ville ou communauté , qui choisissent chacun de leur cêté des experts pour évaluer sous leur serment le prix de chaque chose , dont les magistrats et les intéressé donnent acte. Après l’estimation faite , on spécifie d’abord les maisons, jardins, prés , champs et vergers, chacun suivant sa juste valeur, et on en dresse un acte dans lequel sont rapportés les noms des propriétaires, la quantité des arpents, ou journaux , et le prix auquel chaque héritage est évalué. On dres.se un autre acte de la quantité des terres qui ont été ou seront rendues inutiles et mises hors de valeur par les gazons et briques que l’on en tirera , ou par le rasement ou comblement de telle et telle partie. On en fait encore un troisième, qui contient la quantité des terres qui étaient ensemencées de seigle , froment , orge et avoine , etc. , avec l’estimation de chacun de ces fruits suivant le prix de l'année courante , le tout certifié par les maire et jurés du lieu , par les experts , l’ingénieur et le commissaire des guerres. Knlin tous ces états
dixailU-t dc4 prix des oui^rapes de bâtiment , p.ir M. Morisol , et surtout le Traité de la Construction des ponts ^ liv. IV, diap. V, où on a tâché de présenter d'une manière complète et méthodique les éléments de restimaiion de la plus grande partie des ouvrages qui entrent dans les travaux publics (A).
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LIVRE III. DE LA CONSTRUCTION DES TRAVAUX. jî3 étant réglés, on les envoie à l'intendant de la province , qui, en conséquence des ordres de la cour, les renvoie au trésorier de la place , et en ordonne le paiement , que chaque particulier signe en marge à côté de l'article qui le concerne , et déclare avoir reçu en présence du commissaire des guerres (i).