‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 64 sur 207 · LIVRE IV. DES ÉDIFICES’MILITMRES. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE IV. DES ÉDIFICES’MILITMRES. 3i

daus lesquelles on ne manque pas de tomber quand on travaille sans raisonner (i).

Oii dira peut-être qu'on a peine à s’imaginer qu'une poutre qui est retenue par les deux bouts , comme elles le sont ordinairement, puisse se rompre à l’endroit des appuis , puisque cela est contraire à rex|iérieuce, qui montre que cette rupture se fait toujours dans le milieu. Il est vrai que cela arrive souvent , mais c’est par une cause qui n'a rien de commun avec ce que l’on vient d’insinuer , puisque si l’on y fait attention, on verra que quand les poutres se courbent dans le milieu, ou sont prêtes à se rompre , leurs extrémités sont sorties de leur situation naturelle, c’est-à-dire qu’elles ont un peu charrié : ce qui provient d’ordinaire de ce que la maçonnerie qui es t au-dessus s'est dégradée, ne serre pas la poùtre , et leur laisse assez de jeu pour n'etre pas contrepesée par le poids qui la maintenait fixe ; ou bien on emploie des poutres trop courtes , lesquelles n’étant engagées dans le mur que de 5 ou 6 pouces , il n'y en a point une assez grande partie d’embrassée pour qu’elle puisse être serrée comme il faut; et c’est en quelque manière pour ce sujet qu’on les retient toujours par des ancres, mais qui sont faibles ou mal accrochées , et qui ne peuvent jamais faire le même effet que si la poûtre reposait sur toute l’épaisseur du mur, parce que ces ancres se plient et suivent la poûtre dans la situation qu’elle est contrainte de prendre.

Les principes que je viens d’établir , quoique très-évidents , seront sans doute reçus encore avec plus de confiance, si je montre que les expériences que j’ai faites sur la force du bois, sont parfaitement d’accord avec notre théorie ; et ce qui m’a le plus satisfait dans ces expériences , c’est de voir qu’elles se rencontraient assez bien avec celles de M. Parent, mais sur lesquelles je n’ai pas voulu compter, que je ne

(i) B«lirlor ne dit pas ict précisément de combien il estime qu'une poAtre dont les deux extrémités sont encastrées est plus forte qu’une poûtre semblable qui est posée librement sur ses extrémités ; mais on verra plus bas que ses cxpéricuces l’ont conduit à estimer sa force dans le premier cas plus grande de moitié en sus que dans le second. Cette estimation est erronée, théoriquement parlant, et U résistanceà la rupture d’iin solide encastré à ses extrémités est double de celle d'un solide posé sur deux appuis- Voyox la note à la fin du chapitre suivant

3i8 LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,

vÙM par moi-méme ce qui en était P Or , pour qu'on puisse en tirer toute l'utilité qu’on a lieu d'en es[>érer, on en va voir le détail dans le chapitre suivant , qui pourrait être justifié par vingt ou vingt-cinq officiers d’artillerie de l’Ecole de la Fère , qui se sont rendus à l'arsenal de la aèine place , pour se convaincre de ce qu’ils m'avaient entendu dire sur la force du bois dans l'Eooie de Mathématiques.

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