LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES. 3ig
Il est bon que j’aTertÎMe que quand je dirai qu’une solire a tant de longueur , on doit entendre que œtte longueur est comprise entre les deux appuis, puisqu'il n'est pas nécessaire de faire mention des 3 on 4 pouces qu’on a donnés de plus à leurs bouts pour reposer sur les appuis. J’ajouterai aussi qu’on n’a point eu égard à la pesanteur des solives , et que dans l’application qne nous ferons de ces expériences aux poutres, on fera aussi abstraction de leur poids, pour rendre les calculs moins composés.
Première expérience.
Une solive de i8 pouces de longueur et d'un pouce en quarré , posée sur deux appuis sans être serrée par ses extrémités, a porté dans son
milieu, un moment avant de se casser 4<>o\
Une seconde, semblablement posée 4>5 4o61>v.
Une troisième, semblable en tout aux précédentes 4°^!
Cette expérience s’accorde assec bien avec la douzième rapportée par M. Parent dans les Mémoires de l'.Académie Royale des Sciences de l’année 1707 , où il dit qu’une pièce de bois de chêne de 24 pouces de longueur sur un pouce en quarré a porté 3oo livres dans son milieu un moment avant de se rompre ; et comme la nôtre , de 18 ponces , avait pour longueur les trois quarts de celle de .M. Parent, elle devait porter 100 livres de plus : aussi ne s’est-elle rompue que par l'action d’un poids d’environ 4uo livres.
Seconde expérience.
Une solive de 18 pouces de longueur sur un ponce en quarré , serrée
par ses deux extrémités , a portéavant de se rompre 6oo\
Une seconde , de même serrée par ses extrémités 600 ] 608 liv.
Une troisième, telleque les précédentes, et posée de métn . 6a4 ; Comme, dans cette seconde expérience, chaque solive a été arrêtée |>ar les deux bouts , la question était de savoir si effectivement elles romptraient en trois «idroits. J’ai été surpris de voir que la première qui a cassé avec le poids de 600 liv. , n’était rompue que dans le milieu , les deux bouts ne s'étant qu’un p>eu courbés ; mais ayant aperçu qne les valets qui serraient cette solive avaient tant soit peti obéi , ne pouvant
3ao LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,
soutenir un si grand poids, j’ai fait retenir celle que l’on a mise en second lieu , par deux valets à chaque extrémité au lieu d'un , et après avoir été chargée juscju’à la pesanteur de 600 liv. , elle s’est rompue net dans le milieu et aux extrémités , les deux morceaux du milieu étant tombés à terre dans le même temps que le poids. La troisième solive s’est aussi cassée de même , et plusieurs autres ensuite, qu'on a seulement rompues par curiosité.
Cette expérience prouve évidemment qu’une poutre arrêtée et bien serrée par les deux bouts est capable de porter un poids beaucoup plus grand que celle qui n’est posée que sur deux appuis ; la différence étant comme 3 est à q , c'est-à-dire , que la poutre serrée par les deux bouts est plus forte d’un tiers que celle qui ne l’est pas.
Ces deux expériences se rapportent aussi à la seconde et à la troisième de M. Parent, qui dit qu’une pièce de bois de chêne longue de 1 1 pouces sur 5 à G lignes de base, posée de champ sur deux appuis sans être serrée par les extrémités , a porté 34 liv. et demie avant l’instant de sa rupture , et qu'une autre pièce toute semblable à celle-ci , mais serrée par les deux bouts , a porté 5r , ce qui donne aussi le rapport de 3 à 1, dont je viens de parler. La septième et la huitième expériences de cet auteur prouvent encore la même chose.
. Troisième expérience.
Une solive de 18 pouces de longueur et de a pouces sur un pouce d'équarrissage, posée à plat sans être arrêtée par ses extrémités, a
porté 810I
Une semblable , posée de même 7g5j8c5 !■>'.
Une troisième, posée encore de même 8ial
Ayant vu dans la première expérience qu'une solive de 18 pouces de longueur sur un pouce en quarré, posée sur deux appuis sans être serrée, a porté 4oo liv., la raison veut qu’une autre solive de même longueur et de même hauteur, posée aussi de même, mais qui aurait le double en largeur , porte un poids double ; aussi avons-nous 8o5 liv. pour la force moyenne au lieu de 800 : différence qui ne mérite pas d’attention.