‹ La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile. Par BelidorChapitre 76 sur 207 · LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES. 3.4i · texte numérisé non relu

LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES. 3.4i

Le meilleur fer que nous ayons est celui qui se tire des mines de Berry. Il y a quelques années que l’on en a travaillé une grande quantité à l’arsenal de la Fère : les ouvriers l’ont trouvé si excellent , qu'ils ne pouvaient lui donner assez d'éloge. Le fer de Bourgogne est aussi

cli«ne = i6484‘M5 , i* = a5554otd ; valeurs qui , imrùduites dans la formule précédente et dans les équations ci-dessus, ont donné :

1^ Four le cas où une pièce posée sur deux appuis est chargée horizontalement, P= (3^3624288 -p* 408864300 , ic) .

a° Four celui où une pièce est chargée verticalement,

La seconde de ces équations peut être employée immédiatement dans les applications , parce qu’elle donne le plus petit poids dont une pièce posée debout puisse être cluirgée sans plier^ mais ht première, qui établit seulement une relation entre le poids dmit une pièce posée horizonLilemeiit est chargée et la flèche de courbure que ce pfûds lui fait prendre, u’offre pas le même avantage. Il faudrait, pour en tirer parti dans la pratique, connaître quelle flèche on peut faire prendre h une pièce sans altérer sensihlcmcnt son élasticité, et sans que l'action du poids qui aurait causé cette flèche fût capable de l'augnieater avec le temps. Malheureusement lexpérience ne peut encore donner presque aucune lumière à cet égard, et fournit seulement quelques aperçus d'après lesquels il paraît qu'on peut représenter la flèche dont on vient de parler par

l'expression f = o,ooo4* qui, substituée dans la valeur ci-dessus de P, donne P = (i58a5o-t- 163546.

pour l'expression du poids dont on peut charger au milieu une pièce posée sur ses deux appuis.

Je pense que ces valeurs de P et Q , au moyen desquelles on peut calculer dans tous les cas la force dont une pièce donnée est susceptible, sont, quant ù présent, ce qu’on peut offrir de plus exact et de plus simple sur U résistance du bois de cl>ène.

De la Résistance à la Pression et à la Traction.

Quand une pièce de bois est chargée debout, et que sa longueur ou l'intervalle des points d'appui entre lesquels elle peut être coutenue ne surpasse pas six à sept fois son épaisseur, cette pièce ne peut plier, et ne céderait qu’eo s’écrasant k l'efibrt quelle supporte. On suppose alors que sa résistance est proportionnelle à faire de la

fort bon : cette province en fournit pour la construction des vaisseaux et galères qui se font à Toulon et à Marseille; on le tire particulièrement des forges de Pesmes et de Morambert, parce qu'il est fort doux et aisé à employer.

Le fer de Senonge et celui de Vibray, proche Monmiral au Mans, est assez estimé, parce qu’il se forge bien, étant doux et pliant.

On ne fait pas grand cas du fer de Normandie , non plus que de celui de Champagne et de Thiérache , parce qu'il est fort cassant et d’une très-mauvaise qualité.

Le fer de roche est bon , s’employant bien en toute sorte d’ouvrage , de même que celui qui vient des mines du Nivemois : ce dernier est fort doux , et propre à faire des épées et des canons de fusils; il est même d’une qualité qui approche fort de l’acier.

Celui qu'on tire de Signy-le-Petit est dur et cassant , mal aisé à forger, le grain en est gros et clair, par conséquent d’une mauvaise qualité : aussi ne l’emploie-t-on guère que pour les bombes et les boulets.

I.e fer d’Espagne est très-doux , de manière qu’on le forge à froid comme l’argent. Il y a des forges entre Saint-Sébastien et le Passage , dont le fer a celte qualité.

J’ai vu d'habiles gens partagés sur le fer de Suède et d’Allemagne , les uns en faisant beaucoup de cas , et les autres ne l’estimant guère. Au reste , il est fort bon quand il est corroyé avec d'autre fer pour des outils tranchants.

I>as«, et oa levalne à 5oo kilogramme» par centimètre carré pour le chine , et poui' le »apin à un tiers de moins.

On fait la mime supposition dans le cas où une pièce serait tirée dans le sens de sa longueur ; la force de traction du chine est estimée de 9J0 kilogrammes par centimètre carré.

Bélidor annonce à La fin de ce chapitre qu'il avait commencé un travail sur le mécanisme des systèmes de charpente , et promet de reprendre cette matière dans un second volume, qui n'a pas été publié. Il n'a donné dans son Architecture hydraulique que peu de choses relatives à ce sujet , sur lequel on trouvera quelques recherches dans le Traité de la construction des ponts, liv. III, chap. I et II.

Aéra. Le lecteur observera que dans les formules contenues (Uns cette note le mètre est l'unité de mesure, et le kilogramme Tunité de poitU (A).

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