LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES. 34g
orner, au sujet desquelles je ne dirai pas grand chose présentement, parce que les proportions de leurs ornements dépendent des règles que l’on trouvera dans le livre. Celle qui est sur la PI. XIII me plairait assez ; elle a quelque chose de grand , quoique simple et rustique , et n’est que d’une dépense médiocre. Celle de la PI. XV n’est pas si belle, aussi la suppose-t-on faite pour un endroit où on ne jugerait pas à propos de donner dans le magnifique. On en peut voir encore quatre autres beaucoup plus élégantes sur les planches XVI et XVII, que je xvn donne à dessein de montrer que la belle décoration n'est pas incompatible avec les fortifications ; elles ont eu l’approbation des plus habiles architectes. On les trouvera peut-être trop riches pour être employées à des villes de guerre ; mais je pourrais dire que la dépense n’a jamais effrayé nos rois , puisqu’à Lille , Maubeuge , et à plusieurs autres places , on voit des portes qui sont au moins aussi magnifiques que celles-ci.
Les portes se ferment ordinairement par un pont qu’on peut lever et baisser de plusieurs manières. La plus ancienne, qui est encore en usage en bien des endroits , est celle qui se fait avec une bascule composée de plusieurs pièces de charpente , et principalement de deux flèches, aux extrémités desquelles il y a des chaînes qui sont attachées au tablier du pont pour lui donner le mouvement , comme on !e peut voir dans la deuxième figure de la PI. XVIII. On n’en fait plus ainsi aux Piaüuie places neuves, parce qu^les flèches font voir de loin quand le pont est j-,,, ^ levé ou baissé, et que le canon de l’ennemi peut facilement les rompre, par consécjuent faire baisser le pont sans que ceux de la place puissent l’empêcher : un autre défaut, c’est qu’on est obligé de couper les plus beaux ornements du frontispice de la porte pour loger les flèches, comme on le peut remarquer à la façade dont nous parlons.
On s’est servi dans quelque endroit d’une autre sorte de pont-levis dont les flèches ne paraissent point en dehors de la place : tel est celui Fic. i! qui est représenté dans le premier profil , qui montre que la flèche BD tourne sur ses tourillons à l’endroit C, de manière que la chaîne AB étant d'un côté bien arretée au tablier A du pont , et de l’autre à l’extrémité B de la flèche , on tire la chaîne DE pour baisser la bascule, tandis que l’extrémité B décrit l’arc BC , l’extrémité A dupont décrit l’arc AF.
Ce pont aurait son mérite, si, pour loger les flèches, il ne fallait un trop grand espace qui rétrécit beaucoup le passage du rempart au-dessus de
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la porte , ce qui peut gêner le charroi du canon et les autres services du rempart. D'ailleurs on ne peut voûter le dessus de la porte , à moins qu’on ne fasse une voûte extrêmement élevée qui ne conviendrait point, parce que le bâtiment de dessus serait trop en vue , aussi bien que la façade. Cependant c'est une nécessité que le passage des portes soit couvert à l’épreuve de la bombe, pour prévenir les accidents qui pourraient arriver en temps de siège, puisqu’il n’en faudrait qu’une pour y causer un grand désordre.
.XIII Le profil qui est sur la PI. XIII représente une fermeture de portes meilleure que la précédente ; à l’extrémité I du tablier et de chaque côté une chaîne IG , qui y est attachée par l’un de scs bouts , l’autre va |>asser sur deux poulies G et F, et est arreté ensuite à l’endroit K de la porte IIK, qui est suspendue en l’air quand le pont est baissé , et se ferme quand le pont est levé , en tournant sur des tourilons H. Car tandis que le pont en se levant décrit l’arc IG, la porte décrit l’arc KL, ce qui se fait en tirant la chaîne KE vers 1,. Et pour juger encore mieux comment se ferme cette porte , il n’y a qu’à jeter les yeux sur le profil qui est coupé sur la largeur CD, on y verra les poulies M/« , et la dispo.sition de leurs crapaudines. J’ajouterai qu’on pratique un guichet dans la porte , afin que lorsqu’elle est baissée on puisse allar fermer les verrous de la bascule.
Comme il y a long-temps qu’on s’est aperçu que les ponts-levis à flèches étaient sujets à plusieurs inconvénients, on les fait à bascule, comme on le voit dans le profil qui est sur la PI. XV. Ce pont est composé de plusieurs poutrelles, comme IF, qui ont environ a8 pieds de longueur. Une partie de ces poutrelles étant recouvertes de madriers, composent par leur assemblage le tablier HF, et le reste comme HI (qui est ce que l’on nomme bascule), sert de contre-poids jxmr donner le mouvement au pont par le moyeu des tourillons qui sont à l’extrémité d’une barre de fer, qui étant entretenue avec les poutrelles, travei"se toute la largeur de la porte à l’endroit du seuil. Cette bascule est logée dans une cave que l’on nomme aussi cage de la bascule, qui est couverte par un pont dormant composé de poutrelles et de madriers. Quand on met le pont-levis en mouvement, la bascule décrit l’arc IK, tandis que le tablier décrit l’autre FG. Pour descendre dans la cave, on
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