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LIVRE IV. BES ÉDIFICES MILITAIRES

Il arrivt sauTent cfa'uiie pièce de bois^ api-es; avoir été équarrie, parait bien saine, tandis qoe lecietur eu est gâté ; pour ne pas y être trompé, it faut faire dçnnerdeâ cou^ de marteaQ à luti des bouts ^ et prêter l'oreille à lauj^re : si on entend un bruit sourd et cassée Qest une marque que la pièce est gâtée;. au contraire, si le son est clair, c'est une preuye qu'elle est bonne*

J'ai encore à faire remarquer ^ que , quand on peut garder à couvert quelque temps les bois avant de les débiter , ils en sont d'un biea meilleur usage , parce que s'ils ont crû dans un endroit humide , ils sont moins sujets à se déjeter et à se fendre. Ainsi je voudrais qu'on les gardât au moins a ans, pour qu'ils aient le temps de s'affermir et de se consolider. S'il s'agit des ouvrages de menuiserie , il faudra les garder bien davantage : puisque, quand on ne les emploierait qu'au bout de 5 ou 6 ans , l'ouvragé n'en serait que meilleur.

Une précaution encore très^nécessairedans Tusage journalier des bois, est de ne les employer qu'après en avoir détaché l'aubier ; car pour peu qu'il en reste dans les flâches, après même qu'ils ont été équarris, il est certain qu'il en occasionnera la pourriture , ou qu'il s'y engendrera des vers.

D'habiles gens prétendent que les vers qui s'engendrent dans le bois ne viennent point de là substance du hei» même , maisr que ee sont des œufs que les vers déposent dans la terre que la sève introduit dans les pores, où venant à éclore tfprès un certain temps, ils produisent les vers que l'on y voit , quand il est sec. Le rapport qu'il y a de cette hypothèse avec celle qu'on observe tous les jours, la rend aspez plausible ; car les bois qui sont sujets à être vermoulus commencent à se gâter par l'aubier , quand on y en a laissé en les équarrissant ; et plus l'aubier est considérable , plus les vers y ' croissent en abondance : et comme les bois qui ont beaucoup d'aubier viennent ordinairement dans des lieux humides, où les vers sont en plus grand nombre que dans le terrain sec , il n'est donc pas surprenant qu'ils soient plus sujets à cet inconvénient que les autres.

D'autres attribuent cette croissancie des vers dans le bois à une cause différente : les mouches, discutais , font des œufs ; ces œufs produisent des vers , qui se nourrissent et croissent. Or les mouches piquent le jruit qui leur convient , et y déposent un œuf qui forme le ver dont le

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fruit est mange : ainsi, ne peutril pas arriver qu'elles fassent là même chose dans les arbres dont le bois est tendre^ comme est celui qui croît dans les lieux humides^ et dont Taubier est ajsë à pénétrer?

Le bois, quoique bon, se gâte quelquefois, lorsqu'étant roulé il a été mis en œuvre : ce qui se connaît par les rognes ou mousses qu'il jette en dehors , et qui resemblent assez à des champignons ou à des mousserons.

Quand il est échauffé, il est encore sujet à un autre défaut, qui est de se couvrir par la suite de petites taches blanches, noires et rousses, ce qui le fait paraître pourri : mais ce qu'il y a de surprenant , c'est qu'un bois, quelque sain qu'il soit, appliqué contre un autre qui a les défauts dont nous venons de parler,, participe lui-même de ces défauts au bout d'un certain temps ; c'est pouquoi il faut prendre gardé , dans l'emploi qu'on en fera , qu'il ne touche rien qui puisse l'endommager ; faire même en sorte que les pièces considérables , comme les poutres , ne touchent jamais le mortier ni le plâtre , parce que ces matières les échauffent : il serait même à-propos de laisser quelques petits trous dans les murs, à l'extrémité dés poutres, afin que l'air du dehors puisse les rafraîchir (i).

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