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LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES

J'ai dit que le fer de Berry était de très^-bonne qualité ; mais iL est à propos d'observer qu'il s'en trouve de deux espèces : Tune et l'autre se débitent en barre ; toute la différence est que l'un est du fer battu, et l'autre se tire comme le vitrier tire le plomb , et par \k on le fait aussi mince et aussi large que l'on veut. Mais ce qu'il y a de particulier, c'est que celui qui est ainsi tiré est d'une qualité incomparablement meilleure que l'autre qui est battu, étant plus nerveux. On n'y voit * presque point de grain , et on a de la peine à le casser à froid : appa- . remment que le rouleau contribue beaucoup à lui donner cette qualité.

Comme il se rencontre du fer bon et mauvais , quoiqu'il vienne de la même forge, et quelquefois de la même gueuse, il faut, pour en être plus sûr, en prendre une barre : si l'on voit qu'il y ait de petites veines noires qui s'étendent au long , et qu'on n'y aperçoive point de gerçures , ou de coupures qui aillent en travers, et que cette barre soit pliante sous le marteau , c'est une^ marque que le fer est bon ; au lieu que s'il y avait des gerçures , et que la barre fût roide , c'est une preuve évidente que le fer est rouverain , c'est-à-dire cassant à chaud , et qu'il est difficile à forger.

On connaîtra encore si le fer est doux à la couleur qu'il aura endedans après l'avoir cassé ; car s'il est noir, c'est signe qu'il est bon , et malléable à froid et à la limé : mais aussi il est sujet à être cendreux , c'est-à-dire qu'il ne devient pas plus clair après qu'il est poli , princi- . paiement s'il s'y rencontre des taches grises comme de la cendre, car c'est ce qui le rend difficile à polir et à mettre en bon lustre , ce qui n'arrive pas à toutes les barres , mais à la plupart. Cette sorte de fer est moins sujette à se rouiller, parce qu'elle tient un peu de la nature du plomb.

Il y a d'autres barres dont le fer à la casse parait gris, noir et tirant sur le blanc : il est beaucoup plus dur et plus roide que le précédent lorsqu'on le plie. Il est très-propre à être employé aux gros ouvrages dans les bâtiments ; mais pour la lime il est mal aisé à cause qu'il s'y rencontre des grains qu'on ne peut emporter facilement.

Celui qui étant cassé a le grain mêlé de blanc, de gris ou de noir, est souvent le meilleur, soit pour la forge. ou la lime , et pour se bien polir.

Il y a d'autres barres qui ont le grain petit comme de l'acier, et dont le fer est pliant à froid. Il est mal aisé à limer, et grésille lorsqu'il com-

mence à être chaud , de sorte qu il est difficile à employer à U forge et à la lime, attendu qu'il ne se soude pas facilement^ et qu'à la lime il y a des grains. Il est bon pour ceux qui font de gros ouvrages.

Il y en a encore d'autres, dont le grain est gros et clair' à la casse comme de l'ëtain de glace. Ce fer est de mauvaise qualité ^ car il est cassant à froid et tendre au feu , ne pouvant souffrir une grande chaleur sans se brûler, parce qu'il est fort poreux, aise à se rouiller et à se manger.

Le fer qu on appelle rouverain , se connaît conune je viens de dire, lorsqu'il y a des gerçures ou des coupures qui vont au travers des barres. Il est d'ordinaire pliant et malléable à froid. Si en le foi^eant il sent le .«oufre , et qu'en le frappant il en sorte de petites étincelles ., c'est une marque qu'il est cassant à chaud. Aussi , lorsqu'il vient en sa mauvaise couleur, qui est d'ordinaire un peu plus blanche que couleur de cerise, il casse quelquefois tout au travers de la pièce. Si on le frappe et qu'on le ploie, il deviendra tout pailleux.

Les ouvriers, et ceux qui ont accoutumé de faire travailler, connaissent bien la qualité du fer en le forgeant : car s'il est doux sous le marteau , il sera cassant à froid ; au lieu que s'il est ferme , c'est signe qu'il sera ployant à froid.

Comme il se rencontre des occasions oii il est nécessaire de savoir les difife'rentes espèces de fers qu'on tire des forges , voici les dimensions de celui qui se débite le plus communément chez les marchands. Il ne s'en rencontre guère d'autres , à moins qu'il ne soit de commande (i).

Le fer plat a 9 à 10 pieds de long, et quelquefois plus, sur a pouces et demi de large, et 4 lignes ou environ d'épaisseur; il s'en trouve même de la et i3 pieds de long sur 3 pouces et demi et 4 pouces de large.

Le fer qu'on nomme carré est en barres de diverses longueurs, et a depuis un jusqu'à 2 pouces ou environ en carré.

(i) On peut voir le détail des noms et des dimensions des fers forgés qui se. trouvent actuellement dans le commerce , dans le tomelll de la Sidérotechnie de M. Hassenfratz, pages aSi pour les /ers marchands, a33 pour \es,fers martinets^ 24^ pour les fers de fonderie^ a6i pour la tôle. On y trouvera aussi, page 3a6, un tableau par numéros des dimensions àe& fiU de fer ^ et du poids d'un mètre de longueur de ces fils(iV).

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