LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES. 34i
Le meillear fer qae nous ayons est celui qui se tire des mines de
Berry. Il y a quelques années que Tou en a travaillé une grande qaan-*
tité à l'arsenal de la Fère : les ouvriers l'ont trouvé si excellent , qu'ils
ne pouvaient lui donner assez d'éloge. Le fer de Bourgogne est aussi
chêne t' == 1648434S, t" =:25554oxa; valeurs qui , introduites dans la formule précédente et dans les équations ci-dessus , ont donné :
1** Pour le cas où une pièce^ posée sur deux appuis est chargée horizontalement, P = ( 395624288 + 408864200 .bc) ^Xf-.
2° Pour celui ou une pièce est chargée verticalement ,
La seconde, de ces équations peut être employée iramédiatemeni dans le« applica* lions , parce qu'elle donne le plus petit poids dont une pièce posée debout puisse être chargée sans plier ^ mais la première, qui établit seulement une relation entre le poids dont.une pièce posée horizontalement est chargée et la flèche de courbure que ce poids lui hx\. prendre , n*ofl(re pas le même avantafge. Il faudrait , pour en tirer parti dans la pratique , connaître quelle flèche on peut faire prendre à une pièce sans altérer sensiblement son élasticité , et sans que laction du poids qui aurait causé cette flèche fi!^t capable de Taugmenter avec le temps. Malheureusement Texpérience ne peut encore donner presque aucune lumière à cet égard, et fournit seulement quelques aperçus d après lesquels il paraît qu'on peut représenter la flèche dont on vient de parler par
l'expression y = 0,0004. -r-, qui, substituée dans la valeur ci-dessus deP, donne
pour l'expression du poids dont on peut charger au milieu une pièce posée sur ses deux appuis.
Je pense que ces valeurs de P et Q, au moyen desquelles on peut calculer dans tous les cas la force dont une pièce donnée est susceptible , sont, quant à présent, ce qu'on peut offrir de plus exact et déplus simple sur la résistance du bois de chêne.
De la Risistancô à la Pression et a la Traction.
Quand une pièce de bois est chargée debout, et que sa longueur ou l'intervalle des points d'appui entre lesquels elle p^t être contenue ne surpasse pas six à sept fois son épaisseur, cotte pièce ne peut plier, et ne céderait qu'en s'écrasant à l'effort qu'elle supporte. On suppose alors que sa résistance est proportionnelle à l'aire de la
34a LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,
fort bon : cette province en fournit pour la construction des vakseaux et galères qui se font k Toulon et à Marseille; on le tire particulière-' ment des forges de Pesmes et de Morambert, parce qu'il est fort douK et aise à employer.
Le fer de Senonge et celui de Vibray , proche Monmiral au Mans , est assez estime , parce qu'il se forge bien ^ étant doux et pliant.
On ne fait pas grand cas du fer de Normandie , non plus que de celui de Champagne et de Thiérache , parce qu'il est fort cassant et d'une très-mauvaise qualité.
Le fer de roche «est bon , s'employant bien en toute sorte d'ouvrage , de même que celui qui vient des mines du Nivernois : Cfi dernier est fort doux , et propre à faire des épées et des canons de fusils ; il est même d'une qualité qui approche fort de l'acier.
Celui qu'on tire de Signy-le-Petit est dur et cateant ^ mal aisé à forger, le grain en est gros et clair, par conséquent d'une mauvaise qualité : aussi ne l'emploie-t-on guère que pour les bombes et les boulets.
Le fer d'Espagne est très-doux , de manière qu'on le forge à froid comme l'argent. Il y a des forges entre Saint-Sébastien et le Passage , dont le fer a cette qualité.
J'ai vu d'habiles geos partagés sur le fer de Suède et d'Allemagne , les uns en faisant beaucoup de cas , et les autres ne l'estimant guère. Au reste , il est fort bon quand il est corroyé avec d'autre fer pour des outils tranchants.
base , et on 1 évalue à 5oo kilogrammes par centimètre carré pour le chêne , et poui* le sapin à un tiers de moins.
On Eut la même supposition dans le cas où une pièce serait tirée dans le sens de sa longueur : la force de traction du chêne est estimée de gSo kilogrammes par centimètre carré.
Bélidor annonce à la fin de ce chapitre qu'il avait commencé un travail sur le mécanisme des systèmes de charpente , et promet de reprendre cette matière dans un second volume, qui n'a pas été publié. Il n'a donné dans son Architecture hydraulique que peu de choses relatives à ce sujet , sur lequel on trouvera quelques recherches dans le Traité de la construction des ponts , liv. III , chap. I et IL
Nota. Le lecteur observera que dans les formuler contenues dans cette note le mètre est lunilé de mesure , et le kilogramme l'unité de poids {N).