‹ La science des ingénieursChapitre 160 sur 306 · LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES. hf · texte numérisé non relu

LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES. hf

poster des sentinelles à tous les endroits du rempart où Ton juge à propos d'en poser, Ton en construit d'autres pour être à portée. de^feire les rondes et de veiller à ce qui se passe. Si la ville est traversée par quelque rivière, et qu'il y ait par conséquent des portes d'eau, l'on ne manque pas d'y en faire un; en un mot, à tous les endroits où l'on a quelque raison d'y en établir: tel est celui -de la place d'armes et les autres répandus dans les grandes villes pour maintenir le bon ordre et poser des sentinelles aux portes de ceux qui ont droit d'en avoir. Or, comme ces corps-de-gardes ne comprennent rien de particulier dans leur construction, je ne m'arrêterai point à en rapporter d'autres que celui qui est sur la planche XV, qui pourra servir de modèle, en y faisant Jes changements qne l'on croira nécessaires; j'ajouterai seulement qu'en construisant ceux des remparts, on fera bien d'y ménager de petits entrepôts pour renfermer des munitions , afin de les avoir à portée d'être distribuées aux détachements qui sortent de la place pour des escortés ou quelque expédition, et n'être point dans la peine d'ouvrir les magasins , souvent pour peu de chose. Ces entrepôts sont fort commodes en temps de siège pour le service du rempart et celui des dehors. Il est vrai que dans la plupart des grande^ villes où l'enceinte est accompagnée de tours ou réduits , on y rencontre des endroits propres pour des entrepôts ; mais je suppose une place neuve où Ion serait privé de ces sortes de commodités.

Je crois que l'on peut aussi comprendre sous le nom de corps-de-gardes les redoutes de maçonnerie qui se font dans les dehors des places aux endroits où il est de conséquence d'avoir des postes pour garder une écluse, un bâtardeau, un pont, etc. , puisque ces redoutes ne sont, k le bien prendre, que des corps-de-gardes retranchés. Quand elles sont près de la place, on relève la garde tous les jours par de nouvelles troupes; mais quand elles en sont fort éloignées ^ on y établit une petite garnison , et alors il faut qu'elles soient composées de plusieurs étages, pour y distribuer les logements nécessaires aux officiers et aux soldats ; et ne pouvant^être que fort serrés dans un aussi petit endroit, il faut faire en sorte, en les construisant, de ménager si bien la grandeur des pièces, qu'on y puisse avoir les commodités essentielles: par exemple, , si on peut &ire un étage souterrain, il faudra y pratiquer un magasin à poudre, un autre pour les vivres, une cave et une citerne qui recevra

les eaux de pluie, qui tomberont sur la pUte*fomie ou sur le toit^ par le moyen des gouttières; ensuite, au<-dessus de l'étage souterrain, on en pourra faire deux ou trois autres pour loger les troupes^ de la manière H m^'^^ ^®* toit représentés sur la planche XXIII j qui comprend les plans

XXIII. de deux redoutes différentes: les premier , second et quatrième dessins sont des étages dont la troisième figure représente le profil ; les cinquième, sixième et septième sont supposés appartenir à une autre redoute qui serait à mâchicoulis, c'est*à*dire^ qui serait faite de façon que le dernier étage, faisant saillie en dehors sur les deux autres inférieurs, puisse voir le pied du rçvétement de la redoute, pour en défendre l'accès. Je n*en ai point rapporté le profil^ parce qu'il ne res* tait pas de place sur la planche pour l'y tracer, mais on jugera sans peine de quoi il est question ; ces redoutes sont presque toujours entourées d'un rempart qui a son fossé, comme on l'a supposé ici, pour éviter les dessins qu'il aurait fallu encore rapporter si on avait voulu détailler quelque chose de plus que le corps de la redoute.

Les guérites qui se font sur le rempart sont ordinairement placées

XXI™' AU^ angles des bastions, demi-lune et autres ouvrages détachés: elles doivent être de plain*pied au rempart, et quand elles sont de maçonnerie, elles peuvent être rondes, pentagonales ou hexagonales; leur diamètre doit être en dedans d'environ 4 pieds et leur hauteur de 6 à la naissance de la calotte ; il faut qu'élleé soient percées de quatre ou cinq petites fenêtres ouvertes, de manière que la sentinelle puisse aisément découvrir le fond du fossé , le chemin couvert et les autres dehors. Les trois premières figures de guérites pourront servir de modèles, selon qu'on les voudra plus . ou moins orner ; les trois autres dessins sont des guérites de charpente à faire aux angles des ouvrages qui ne sont point revêtus; l'on y voit l'assemblage des pièces qui les composent, selon l'ouverture des angles droits , obtus ou aigus : quant aux autres guérites que Ton place indifféremment, on les &it toujours de figure quarrée, comme aux septième et huitième dessins, qui s'expliquent assez d'eux-mêmes.

On fait quelquefois des latrines de charpente sur le rempart, au vo et Ici ™^^^^^ ^^^ courtines, quand il n'y a point de poternes au-dessous,

loui^L^u parce qwe s'il s'y en trouvait, il faudrait prendre garde de ne point en

pi. XXXIII. ^|-p }^ sortie: ainsi > supposant que le corps de la place soit revêtu, il

Tw M^Pi 24 Pfà,c \\-^

Ckarpenie

Plan eé" £^ft>Htff4*it

ou' on ie^f f/mt ^^ ^ faire t/%r i»/ti//fir \

Auire^ Gu^riiU tfu'on^/mt xFur hiT ramparùr, oui xTont ret^ntuv m terre par un cAûUf^n,f fui fait qu'elle redi^tent a ^a potu'^re^ (àt vent

£eÀelle' poi^ le^ Fi^ureà' de^ e^e PlancA^ .

lêlk

Page 1