CHAPITRE HUITIÈME
De la distribution des rues dans les nlles de guerre.
. vJ|aAND l'espace que l'on veut fortifier n'est point occupé par quelque ancienne habitation , on ne doit rien négliger pour faire régner dans
Tintërienr de la pkoe Je plus de rëgulffrité qu'il est possible, soit pour
la distribution des rues , celle des maisons de bourgeois , remplacement
des corps-de*gardes, casernes, mgasinsà poudre, arsenaux, cantines,
boulangeries et logements d'état-major, afin que tous ces édifices ré-
. pondent au reste de la place, de façon que chacun puisse Hve à portée
de remplir son objet principal ; et pour mieux juger de cette disposi-
PijLNCHB tion, je donnerai pour modèle le plan des ruesdu'Neuf-Brisacb, comme
^^^' le plus parfait que je connaisse.
Quand on peut disposer d'un grand terrain, il est à propos, pour la , commodité du public, de faire plusieurs- places.- Mais si l'on en était empêché par une raison contraire, il faudrait au moins en faire une au centre, et lui donner une figure quarrée. Sa grandeur doit être proportionnée à celle de l'enceinte, par conséquent à la quantité de troupes qui veilleront à sa conservation. Car cette place devant servir à assembler la garnison pour le service journalier, il faut qu'elle ait une capacité raisonnable. J'estime donc qu'à une fortification de six bastions, sur la base de i8o toises, on pourra donner à la place d'armes 4o à 45 toises en quarré; à celle de sept bastions, 55 à 60; pour une à huit, 76 à 75; pour celle qui en aurait neuf ou dix , 80 à 85 ; enfin à celle qui en aurait onze ou douze, 90 à 95. Au reste, il vaut mieux s'en rapporter à la discrétion des ingénieurs qui exécutent de pareils dessins , qu'à aucune règle particulière/
, On fait ordinairement une petite place d'armes devant chaque porte de la ville, afin que les corps-de-gardes qui y sont aient devant eux une espèce d'esplanade pour se garantir des surprises du dedans; d'ailleurs ces petites places font un bel effet, et sont fort commodes pour dégager le passage, quand les voitures qui veulent sortir de. la ville sont obligées d'attendre que celles qui sont sur les ponts soient entrées.
Quant aux rues^ il faut que les principales partent de la place d'armes 9 pour aller sur un même ah'gnement aux portes de la ville, aux remparts, et principalement à la citadelle ou au réduit, s'il y en a, afin qu'elles puissent être enfilées. On observera qu'elles soient perpendiculaires les unes aux autres autant qu'il est possible , pour que les encoignures des maisons sorent à angle droit. On leur donne ordinairement six toises de large, afin que trois chariots puissent passer de front e que s'il s'en rencontrait un d'arrêté de chaque côté de la rue, un troi-