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LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES

L'avant-cour comprendra les logements des officiers d'artillerie^ aussi bien que ceux des ouvriers : ces logements doivent être de deux étages , distribues suivant les commodités qu'on y pourra pratiquer, prenant garde qu'il n'y ait point de fenêtres qui donnent sur les rues voisines de l'arsenal. Pour les couverts, il faut les distribuer de façon qu'on puisse y pratiquer des forges, des boutiques d'armuriers, des ateliers pour les charpentiers et les charrons, enfin pour tous les charrois, parce qu'on suppose que dans letage du rez-de-chaussée du grand corps de l'arsenal , on y mettra tous les bois.

Mais pour avoir une idée des différentes choses qui conviennent à un arsenal , il n'y a qu'à considérer celui du Mont-Royal , que j'ai rapporté sur la planche XXXI, comme un des plus magnifiques de tous ceux Planche qu'on a bâtis dans les places du roi : c'est pourquoi j'ai mieux aimé le donner pour exemple que d'en faire un selon mon idée , c'est-à-dire qui eût rapport à ce que je viens d'insinuer.

Il se fait encore des arsenaux composés d'une grande cour^ à l'entour de laquelle il y a des arcades pour mettre à couvert tous les bois propres à l'artillerie^ les affûts et les autres charrois nécessaires au canon , et au-dessus de ces arcades sont les salles d'armes, et les autres où l'on renferme les munitions : tel est par exemple l'arsenal de la Fère.

Il me reste, pour finir ce chapitre, à faire mention des fonderies pour le canon dont je ne donnerai qu'une idée seulement, parce que je me propose d'en parler avec plus de détail dans un ouvrage qui regardera particulièrement l'artillerie. Ainsi il suffira de jeter les yeux sur la planche XXVIII, pour y voir marqués tous les lieux nécessaires à une fonderie. Celle que je rapporte a été projetée pour ja Fëre*, mais elle n'a pas eu lieu, à cause des obstacles qu'on a rencontrés de la part du terrain : car, ce qu'il y a de plus considérable dans un pareil édifice , ce sont les fourneaux et les fosses dans lesquelles on coule la fonte pour la fabrique du canon; et comme il faut que les fosses soient d'une cer^ taine profondeur, on a trouvé que la Fère était un lieu trop aquatique : cela n'empêche pas que ce projet ne soit parfaitement bien entendu, et ne puisse être quelque jour exécuté ailleurs.

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