LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES
an souterrain couvert par deux voûtes en plein cintre, qui s'appuient mutuellement sur le mur de refend , qui partage le souterrain en deux daUwS toute sa longueur : on y a perce des portes de distance en distance, pour passer d'un souterrain à l'autre; ce que je n'ai pu exprimer sur le plan, n'en ayant rapporté qu'un bout représente par la fig. 4v parce qu'il aurait fallu trop d'espace pour le faire voir tout entier; mais un pareil plan est si simple, qu'on s'imaginera aisément de quoi il est question. D'ailleurs la longueur est en quelque façon indéterminée, puisqu'elle dépend de la place où l'on voudrait construire un édifice comme celui-là, de la dépense qu'on y veut faire, ou du besoin de l'avoir plus ou moins étendu. J'ajouterai seulement qu'il convient de descendre dans ces sortes de souterrains par une rampe large et commode, ainsi qu'on le fait aux écuries qui sont pratiquées dans les caves, plutôt que par un escalier, afin de pouvoir manœuvrer plus aisément, quand il s'agit d'y introduire des munitions de guerre ou de bouche.
Ce souterrain étant supposé creusé^ dans le roc , on a pris occasion de montrer comment en pareil cas on peut se dispenser de faire les murs aussi épais en bas qu'en haut, en les appuyant contre le roc qui doit faire partie de l'épaisseur qu'il aurait fallu donner dans tout autre terrain, puisqu'il suffit de le couper par ressaut, et de suivre ce qui a été enseigné dans le troisième livre , en faisant mention des fondements étabUs dans ce goùt-là.
Le second étage, qui est celui du rez-de-chaussée, est à-peu-près semblable au précédent , étant ainsi voûté en plein cintre à l'épreuve de U bombe, ce qui peut être d'un grand avantage dans les petites forteresses escarpées , et qui sont plus sujettes à être irfquiétées des bombes que du canon.
Le troisième étage peut servir pour les farines ou des munitions de guerre , et le quatrième de salle d'arme. Je crois même que l'arsenal de Gharlemont a été bâti à-peu-près selon le dessin que je viens d'expliquer. Puisque nous en sommes sur les arsenaux, il est à propos de traiter ce sujet un peu plus amplement , par rapport à là conséquence des places où on les construit, et à plusieurs circonstances qu'il est nécessaire de détailler*
Il n'y a pas de place de guerre oùll ne faille un arsenal : sa grandeur et sa distribution doivent être assujéties à l'importance du lieu et aux
travaux qu'on pourra y faire. Par exemple j aux cttadelles et autres petites forteresses^ il suffît den avoir un d'une grandeur médiocre, pour contenir les munitions destinées à ia défense ; au lieu que dans une ville frontière considérable, il en faut un grand pour y former des équipages de campagne, qui comprenne tous les endroits nécessaires à exécuter les ouvrages propres à Fartillerie.
Il faut qu'un araenal considérable soit bâti , si cda se peut, dans le voisinage d'une rivière capable de porter bateau , et qu'un bras de cette rivière réponde à un bassin dans l'enceinte de l'arsenal même, pour qu'on puisse y charger trois ou quatre bateaux à-la-fois ; de manière que les habitants ne puissent être instruits de la quantité de munitions dont le convoi est composé , non plus que de leur qualité»
Le corps propre de l'arsenal servant à garder les principales munitions doit être construit dans l'étendue d'une grande cour entourée de bâtiments. Ce corps doit avoir aussi sa cour particulière , environnée de couverts , sépares par autant de cloisons qu'il sera nécessaire , pour les différentes espèces de munitions. Par exemple, s'il y a une fonderie dans la place ^ on prendra une salle pour les métaux, une autre pour le fer, une pour le charbon, une autre pour les plombs , grenades^ petits boulets , cartouches, pierres à fusil et autres munitions pesantes. On réservera un espace près de l'une des portes pour la balance , oii on mettra des râteliers pour les armes , des pièces dont on peut avoir besoin , quelques cordages, les outils dont l'usage est fréquent; et il est bon que les métaux, le fer et le charbon ne soient pas éloignés de cette balance.
Le premier étage du grand corps de l'arsenal doit avoir son plancher voûté sur poutrelles , et servira pour les salles d'armes , dans lesquelles il serait à propos d'avoir des armoires, pour enfermer plusieurs petites munitions sujettes à êtres prises.
Le second servira à mettre les armes des pièces de réserve, sacs à terre, mesures, cordages, leviers, coins de mire, chapiteaux, fusées à bombes et à grenades, manche d'outils, et quantité d'autres choses, dont le poids n'est pas considérable.
Le grenier au-dessus pourra servir de décharge à ce^qu'il y aura de trop dans l'étage au-dessous. On y placera les munitions légères, comme lés haniois des c^vaux d'artillerie, les hottes et paniers, etc.
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