XIVRE IV, DES ÉDIFICES MILITAIRES
paliers, Fun au retour du milieu de la rampe et l'autre à chaque étage, pour communiquer d'une chambre à Tautre.
Supposant qu'en chaque chambre il y ait quatre lits , on pourra y loger douze soldats, savoir, huit dans la chambre et quatre de garde : ainsi, dans les quatre chambres, de plain-pied, on logera quarantehuit hommes, et dans un corps qui compose les douze chambres qui accompagnent les escaliers, on pourra en loger cent quarante-quatre.
Le rez-de-chaussée des casernes dont nous parlons est principalement, destiné pour servir d'écurie, lorsque ces casernes seraient occupées par la cavalarie, c'est pourquoi on n'y a point percé de fenêtres, n'étant éclairées que par le jour qu'elles peuvent tirer du dessus des portes, ainsi qu'on le voit dans l'élévation, ce qui fait que ces chambres ne seraient pas fort commodes pour Tinfanterie; mais je n'ai rien voulu y changer, parce qu'on en va voir d'autres qui n'ont pas le même défaut. ^
Pour distribuer le logement des officiers qui sont dans les pavillons , Plakche il faut faire deux escaliers qui passent par le milieu, avec un corridor XXIX. de 6 pieds de large, qui traverse de l'autre sens, en sorte que chaque étage d'un pavillon se trouve divisé en quatre appartements, qui doivent être composés d'une chambre pour deux ofBciers, de 18 pieds de long sur 16 de large i^ et d'une cuisine ou garde-robe pour les valets^ de 16 pieds de long sur f4 de large; et l'on fera ensorte de placer des latrines au bout de chaque corridor , contre le mur des casernes.
Chaque appartement pourra être occupé par un officier en temps de paix, et par deux ou davantage en temps de guerre, quand la garnison est renforcée, de sorte que douze officiers peuvent loger dans un pavillon en temps de paix, et vingt -quatre en temps de guerre; mais pour fixer la quantité des logements nécessaires pour la garnison, dans le temps où elle sera la plus forte , on pourra suivre à -peu-près la maxime de M. de Vauban , qui est de supposer 5oo hommes de pied par bastion, ou autres ouvrages de la place équivalents, et âoo chevaux, ce qui fait dix compagnies d'infanterie et quatre de cavalerie : chaque compagnie d'infanterie ayant trois officiers, et celles de cavalerie deux, on jugera par là du nombre des pavillons qu'il faudra pour leur logement , aussi bien que de celui des quartiers de casernes pour les soldats.
Les caternes qu'on voit représentées sur la planche XXX , ont été pi^^cms faites à BéthmK en 1728, et sont des plus belles que je connaisse: XXX.
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comme elles sont destinées pour la cavalerie , on voit qae le plan du rez-de-chaussëe comprend des écuries dune fort belle grandeur, et bien éclairées chacune par deux croisées ; ces écuries sont voûtées par des voûtes surbaissées, au-dessus desquelles il y a trois étages doubles pour les cavaliers. Attenant au même corps de casernes est un pavillon pour les officiers dont la distribution est suffisamment détaillée par les plans, profils et élévations, pour en avoir une parfaite. intelligence, sans qu'il soit besoin que je m'y arrête davantage : d'ailleurs, comme j'en rapporte le devis dans le sixième livre, tel qu'il m'a été donné par M. Dartezé, qui en a eu la conduite, étant alors ingénieur en chef de cette place, on pourra , si l'on veut, y avoir recours.
Un édifice encore fort nécessaire dans une ville de guerre, est un XXXI. hôpital pour les malades de la garnison, particulièrement pour les blessés en temps de siège; sa grandeur doit être réglée sur la quantité de malades que l'on aura dans la plus forte garnison : et comme nous supposons une ville neuve, on pourra en estimer le nombre sur ceux des villes voisines, ce qui se fera encore sur l'expérience, qui montre ' que de vingt-cinq hommes ou environ il y en a un de malade : cependant il faut faire attention que dans les lieux aquatiques , les maladies sont plus générales que dans les endroits où l'air est pur , et sur-tout quand on fait des remuements de terres considérables.
Prévenu de ceci, on saura à-peu-prës le nombre de lits dont on pourra avoir besoin, et par conséquent la grandeur des bâtiments qu'il faudra faire, qui^ consistent dans les salles des malades , infirmeries , cuisines, pharmacie, celliers, blancheries, angars pour mettre le bois, enfin tous les logements nécessaires pour les officiers de l'hôpital. Les salles des malades doivent être au rez-de-chaussée et au premier étage ; on fera leur largeur de 4^ pieds, pour mettre deux rangs de lits de 6 pieds de chaque côté, et deux autres dans le mih'eu, avec dçux allées de 9 pieds de large chacune. Quant à la longueur des salles, on doit la régler par le nombre de lits, en comptant 4 pieds de laideur pour chacun , et autant pour la distance de l'un à l'autre : au bout de la salle du rez-de-chaussée , on fait une chapelle , qui doit être découverte de la salle d'en haut par une tribune.
Quand il passe une rivière dans la ville , il faut , autant qu'il est possible, faire en sorte de construire l'hôpital dans son voisinage, ou au
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moins faire passer un ruisseau près de la cour ou du jardin, afin d'avoir Teau en abondance ; mais , sans m'arrêter à tout ce qui peut convenir à un hôpital, on n'a qu'à voir celui que je rapporte sur la planche XXXI. Si l'on se trouvait dans le cas d'en faire construire un, ^^^^^ on ne ferait pas mal d'en communiquer le projet.au chirurgien major XXXI de la place, afin que de concert avec lui on ne négligeât rien d'essentiel.
Pour remplir le titre de ce chapitre, il nous reste à parler de la prison ; on sait bien qu'il est assez rare d'en construire de neuves , à moins que ce ne soit dans des places nouvellement bâties , parce que dans les anciennes il s'en trouve ordinairement dans les réduits, châteaux ou tours ; mais si l'on était dans le cas d'en faire une , il faudrait qu'elle fût composée d'une cour entourée de bâtiments , en sorte que le logement du geôlier fût sur le devant , et n'eût aucune communication avec les prisonniers: à droite de la cour on pourra faire les cachots au rez-de-chaussée, et au-dessus les prisons qui seraient destinées à de simples châtiments pour le soldat et le commun du peuple, en sorte qu'elles ne tirent leur jour que du côté de la cour, ne devant point avoir de fenêtres sur la rue: à gauche, on pourra faire deux ou trois petites chambres pour loger les personnes qui mériteraient quelque considération , et le fond sera occupé par d'autres prisons plus détachées du reste du bâtiment, pour resserrer les prisonniers qu'on voudrait empêcher d'avoir communication avec les gens du dehors qui ' vont et viennent: au-dessus de ce bâtiment on pourra faire la chapelle, afin que tous les prisonniers soient plus à portée d'entendre la messe; j'ajouterai que quand il est question d'un édifice comme celui-ci , il faut faire les murs fort'épais, et toutes les fenêtres bien grillées, de mêmct que les tuyaux de cheminées.
Pour dire aussi un mot des maisons de bourgeois, qui sont représentées sur la planche XXIX , il est bon qu'on sache que le plan des cinq maisons qu'on y voit exprime la moitié d'im des cantons de la planche XXV, dont il a été fait mention dans le chapitre huitième; ainsi, par cette moitié^ on jugera aisément du reste : à l'égard de la décoration des façades, comme elles accompagnent le plan dont je viens de parler, il ne faut qu'un coup-d'œil pour en juger, sans qu'il soit besoin d'un plus grand éclaircissement; je vais rapporter seulement ici le règlement qui a été fait au sujet des maisons qui ont été bâties au
Neuf-Bnsach; il prescrit ce qu'il faut observer pour empêcher les contestations entre les voisins, et à quoi chaque particulier doit sassujétir en bâtissant dans une place de guerre.
a Art. P^. Tous ceux qui bâtissent doivent se conformer pour les faces de leurs bâtiments à celles qui sont déjà construites sur la grande place, tant pour la décoration de ces faces et hauteur des corniches, que pour la grandeur des boutiques, portes et croisées, qui doivent toutes être semblables, ainsi que la hauteur des combles.
« II. Chaque particulier sera obligé de faire un pignon de maçonnerie ayant a pieds d épaisseur dans ses fondements jusqu'au rez-de-chaussee, i8 pouces du rez-de-chaussée jusqu'au plancher du grenier, et i6 pouces de là au faite du comble, et ceux qui en ont bâti de charpente seront tenus de les démonter pour 1<^ faire solidement; et comme il peut arriver quelque difficulté à l'occasion de la construction de ces pignons, les particuliers ne bâtissant pas tous à-la-fois, celui qui commencera le premier sera indemnisé par son voisin de la moitié de la dépense à mesure que le pignon s'élèvera, sans qu'il soit obligé d'attendre que son voisin bâtisse sur le devant.
<( IlL Ils observeront de mettre les auvents de même hauteur, observant la même chose aux enseignes, qui seront de pareille grandeur le plus que faire se pourra.
« IV. Dans la construction des caves, il est ordonné d'en voûter au moins une dans chaque maison.
<c Y. Les combles dans un même quarré seront de même hauteur,afin de se raccorder parfaitement avec le dessin.
a VI. Ils éloigneront le plus qu'ils pourront les lieux coaununs ou latrines des puits, non-* seulement des leurs ^ mais aussi de ceux que leurs voisins feront construire chez eux.
a VII. Et comme les transpirations de ces latrines pourraient à la fin gâter et corrompre les eaux des puits, il est trës-expressément enjoint à tous les particuliers de faire citerner la fosse de leurs latrines avec de bonne maçonnerie , et un enduit de ciment , observant dé laisser un trou à la voûte pour les vider quand il sera temps.
« VIII. Il est encore enjoint à tous ceux qui ont obtenu des places, de les bâtir incessamment^ afin qu'elles soient achevées dans le terme qu'on leur a donné, sous peine de perdre lesdites places, que l'on don-