CHAPITRE DOUZIÈME
De la construction des puits et citernes.
J-j'oN connaît assez la nécessité d'avoir dans une ville un nombre de puits publics, sans quil soit besoin que f en fasse voir la conséquence, sur-tout quand il n'y- a point de rivière qui serpente dans les principaux quartiers. Comme les puits ordinaires n'ont rien de particulier, il me suffira de dire qu'on les approfondit jusqu'à ce qu'ils aient 5 à 6 pieds d'eau vive, après quoi l'on place dans le fond un rouet de bois de chêne de 4 pieds de diamètre dans œuvre et de 4 à m pouces de grosseur, sur lequel on pose cinq ou six assises de pierre de taille maçonnées avec mortier de ciment et bien cramponnées par des crampons de fer coulés en plomb* Le reste de la hauteur du puits jusqu'à 3 pouces au* dessous du rez-de-chaussée s^elève en maçonnerie de briques ou de moellons, ensuite on surmonte le rez-de-chaussée de trois assises de pierre de taille, faisant ensemble n pieds et demi, maçonnés en mortier de ciment et cramponnées comme celle du fond, après quoi Ion équipe le puits de tout ce qui çst nécessaire pour en tirer l'eau.
II se fait une autre sorte de puits qu'on appelle puits forés, qui ont cela de particulier, que l'eau monte d'elle-même jusqu'à une certaine hauteur, de sorte qu'il ne se faut donner aucun mouvement pour l'avoir que la peine de la puiser dans le bassin qui la reçoit. Il serait à souhaiter que l'on en pût faire de semblables en toutes sortes d'endroits , ce qui ne paraît pas possible , puisqu'il faut des circonstances du coté du terrain qu'on ne rencontre pas toujours; car, comme ces puits sont occasionnés par les eaux qui partant de quelques montagnes voisines , se sont fait un chemin souterrain pour aller jusqu'à une certaine distance où elles sont ensuite retenues par des bancs de terre glaise ou de pierre qui les empêchent de se perdre , il faut que ces bancs puissent être percés avec les tarières ordinaires , et que l'eau qui est dessous soit capable de monter d'elle-même dans un tuyau vertical jusqu'au rez-dechaussée, ce qui est la principale circonstance : or, supposant que tout cela se rencontre, voici comme ces sortes de puits se font.
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