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LIVRE IV. DES ÉDIFICES MILITAIRES

vue ne soit point barrée par cette traverse^ et que la croisée en ait plus de grâce : à Tégard de la hauteur des carreaux, il faut leur donner environ un sixième de plus que leur largeur.

Détail des couvertures de tuiles et d'ardoises.

On distingue ordinairement trois sortes de tuile : la première est celle du grand moule, qui a trois pouces de long et 8 de large; on lui donne 4 pouces de pureau ou d'échantillon : la seconde est le moule bâtard dont nous ne dirons rien , parce qu il n est plus d'usage : la troisième, celle du petit moule, qui a environ 10 pouces de long sur 6 de large, on lui donne 3 pouces de pureau ; il faut environ i5o tuiles du grand moule pour faire une toise quarrée de couverture, et près du double, c est-à-dire 3oo tuiles du petit.

La latte dont on se sert pour les couvertures de tuile, s'appelle lattes quarrée ; elle doit être de bon bois de chêne de droit fil , sans nœuds ni aubier : elle se vend en botte , et la botte contient 5o lattes de 4 pieds de long chacune. Quand les chevrons sont à un pied de distance les uns des autres, chaque latte est clouée sur quatre chevrons, avec cinq ou six clous ; et comme il reste trois espaces de chevrons entre les deux extrémités d'une latte, on met une contre-latte clouée de deux en deux contre- lattes, et la distance d'une latte du dessus à celle du dessous, qui est ce qu'on appelle pureau, est ordinairement d'un tiers de la hauteur de la tuile prise au-dessous du crochet.

Quand on emploie des tuiles du grand moule, il faut environ trente lattes par toise quarrée de couverture, et 36 quand on se sert de celles du petit moule ; ce qui demande l'un portant l'autre 190 clous.

Pour que la tuile soit bonne, elle doit être faite d'une argile bien grasse, qui ne soit ni trop rouge ni trop blanche, et si bien cuite, que lorsqu'on la suspend avec un fil pour la frapper , elle rende un son clair et net ; ce qui n'arrive pas quand elle est mal cuite, alors elle Vécaille et tombe par morceaux : on observera aus;»i que la plus-vieille cuite est la meilleure.

Nous avons en France deux sortes d'ardoise, dont l'une se tire de Mézières et de Charleville,et l'autre vient d'Angers : cette dernière est beaucoup plus estimée que celle de Mézières et de Gharleville, mais eu

général la meilleure est celle qui est la plus noire, la plus luisante et fa

plus ferme.

Il y a à Angers de trois sortes de grandeur d'ardoise : la première s'appelle la grande quarrée forte, il en faut environ aoo pour faire une toise quarrée ; la seconde s'appelle grande quarrée fine, il en faut i8o par toise ; la troisième s'appelle petite fine , il en faut 34o par toise.

On donne pour pureau à l'ardoise, aussi bien qu'à la tuile, le tiers de sa hauteur, et les lattes sur lesquelles elles sont attachées, s'appellent lattes i^olissesy et ces lattes, qui sont beaucoup plus larges que celles qui servent aux couvertures de tuile , se toucTient presque l'une l'autre : elles se vendent aussi par bottes, et chaque botte contient vingt*ciuq lattes ; une botte fait environ une toise et demie de couverture , la contrelatte est de bois de sciage.

Pour employer un millier d*ardoise, supposant qu'elle ait un pied de lM)g et 5 à 6 pouces de large, qui est la plus en usage, il faut cent cinquante lattes, et lo ou 12 toises de contre-lattes ; il faut environ la clous pour attacher chaque latte sur les chevrons, et au moins trois clous pour chaque ardoise.

On se sert ordinairement de tuile pour faire les égouts des couvertures d'ardoise ; et afin de les rendre de la même couleur^ on les peint à l'huile.

Le plomb dont on couvre les enfaîtements des combles d'ardoise et des arrestières, doit avoir une ligne d'épaisseur, et environ ao pouces de large : on le maintient avec des crochets posés le long de l'enfaltement, dont il y en a un sur chaque chevron : l'enfaitement des lucarnes se couvre aussi de plomb de même épaisseur, mais pas tout-à-fait si large, puisqu'il suffit qu'il ait i5 pouces; celui que l'on emploie pour couvrir les oeils de beuf et les noues est aussi de même espèce.

Le plomb pour les cheneaux que l'on met sur les enfaîtements doit avoir une ligne et demie d'épaisseur et 1 8 pouces de largeur , et celui des bavettes au-dessus des mêmes cheneaux est aussi de même qualité : il faut donner aux cheneaux environ un pouce de pente par toise pour l'écoulement de l'eau, que l'on soutient par des crochets posés aussi sur chaque chevron!

Le plomb du tuyau de descente doit avoir deux lignes d'épaisseur, et le tuyau 3 pouces de diamètre, et leurs entonnoirs ou hottes pèsent

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