LIVRE V. DE LA DÉCORATION. Sot
coulenr même peut faire beaucoup : car, si c'est uiKe pierre colorée on mêlée, il faut des moulures qui aient beaucoup de relief, et qu-on puisse distinguer aisément , sans quoi elles causent plus de confusion que d'ornements ; au lieu que , si la pierre est blanche ^ il y a moins de sujétion , la lumière qui s'y réfléchit faisant que rien ne se perd dans l'ombre.
Pour qu'une corniche soit bien profilée, il faut que les moulures aient entre elles un certain rapport. Pour cela , l'on évite que deux ou trois moulures semblables se rencontrent de suite ainsi que plusieurs d'une même hauteur. Il doit se trouver un contraste dans leur dtstri^ butiod par l'opposé qui règne entre elles, en les faisant alternativement circulaires et angulaires, ou différant de grandeur. En général , la saillie d'une corniche doit être à-peu-près égale à sa hauteur.
Quand le bâtiment est fort exhaussé, et que son usage le diistingue des autres , un entablement entier lui convient beaucoup mieux qu'une corniche seule , et la masse en est couronnée avec beaucoup de grâce. La proportion doit s'en déterminer en le faisant comme s'il y avait un ordre entier. Cependant, quand on le juge à propos, on peut en diminuer l'architrave et la frise, ce qui doit se faire avec beaucoup d'art. Si l'entablement est tout entier , on doit enrichir la frise de consoles , et la corniche de modillpns. On peut voir quelques exemples de tout ceci , en considérant les corniches et entablements qui sont rapportés sur la planche XLVIII , desquels on pourra tirer des idées pour s'en servir Planche dans 1 occasion.
Il est bon d'ajouter qu'on ne doit jamais interrompre le cours d'une corniche en la coupant à l'endroit des lucarnes des étages en galetas, parce que cela choque le coup-d'œil , et est contre toutes les règles. Je dirai aussi que, quand on veut déterminer la proportion des moulures, on peut, au lieu de se servir des parties du module, commencer par tracer la plus grande moulure, en sorte qu'elle ait avec toute la hauteur le rapport qui conviendra le mieux , ensuite diviser la hauteur de cette moulure en autant de parties égales qu'on jugera à propos, et s'en servir pour régler les autres parties.
Quant aux ornements des fenêtres, les unes sont composées d'un chambranle simple sans aucune moulure , les autres ont un chambranle avec des moulures et une corniche au*dessus : enfin les plus belles sont
5oa LA SCIENCE DES INGÉNIEOI^S,
celle» qvii ont un chambranle ayec dçs cûpsqle^, ^\ un firpntoo $ap^
mon^nt aux côtés de$ chambranles.
Les grande^ croisées doivent avoir i:(qe corniche s^sifez saillante pour donner du couvert à ceux qui s'y présentent, et alors on fait pofter cette ^illie par deux consoles , aussi bien que l'appi^i ou accouc|oir qai termine la croisée par en bas.
Le$ consoles de U corniche doivent être aus^i l^vg^ en ba^ qoen haut) 9fin quelles suivent régulièrement le chambranle et le montant. La largeur du chambranle peut être d'une sixième partie, de la croisée ou fiepéitre. Au-delà du, chambranle , il y a une plate-bande qui lui ^rt d arriere-çorp^ ; elle peut avoir autant de largeur que le chaïubraid^, QU un peu n^oins : elU serl; particulièrement à placer les consoles de la corniche , si la corniche est portée par des consoles. Cel; arri^ç-oçrps doit être moins large de moitié, et sans aucune moulure que celles gui composent sa corqiche. Les consoles qui portent l'appui doivent être placées s^u-dessous du chambranle , et avoir même largeur : leurs enrour lements ^uront bonne gracç , s'ils sçi. portent en dehors par les cô^s. La hauteur de ces consoles peut être de la moi^tié de l'ouverture de la fenêtre tout au plus, ou du tiers au moins. Oi^ les fait oi^dinairement plus étroites en bas qu'en haut; cependant j'^ifnerais mieux qu'elles fussen.1; paiement larges.. Sp^vent la haijteur^ du pexron tjq^mine le bas de ces consoles,
La principal.e poi;te d'un édifice étant, la partie la plus remarquable de la façade, il faut nécessairement qu'elle soit décorée à proportion ()e la dimension du bâtiment; sa grandeur doit même être assujétie à cette circonstance. Par exemple , si la façade retient quelque partie d'un ordre d'architecture, il faut, pour le Toscan et le Dorique , que la porte ait de hauteur un peu moips du doi^ble de sa largeur ; pour l'Ionique , ou pourra lui donner ppsitiveç^ent le double de la largeur, et pour le Corinthien et le Composite, un peu plus. Quant à leur figure i les plu^ belles sont rondes ou quarrées, c'est-àrdîre qu'eljes soqt; terminées par un demi*cercle ou par i^ne plate-bande. Il y en a d'autres qui ^ppr|^chent de ces figures , comme celles dont le cintre es^t en ausç de panier ou ' surbaissé , ou qui, ayant la figuf;e d'up)^ plide-bond^, sp^t; un pei)^ cintrées. Qufipd on les fait comme ces demièr^3:, 1^ trait.lç plusipar%it est çeli^i qui se décrit sur 1^ base d'uA t^angle équilatéral dont le sommet