LIVRE I. DE LA THÉORIE DE LA MAÇONNERIE
vaut mieux lui eu dohner moiDS et ne point 8*embàrrafiser si Ton emploie plus de matériaux ; i! arrivera toujours que si ron perd d'un côté Ton gagnera de lautre.
Je prévois que bien des gens qui ne jugent des choses que superficiellement, et même souvent sans jes entendre^ diront peut-être, après avoir lu ce que je viens d'écrire^^ que j'aurais pu me dispenser de prendre tant de peine pour. développer un sujet sur lequel on sait à quoi s'en tenir depuis long-temps^ puisque je ne dois point ignorer que M. de Vauban a donné un profil qui convient à toutes sortes de remparts. Je ne disconviens pas que ce profil ne soit bien imaginé : mais qu'il me soit permis dé demander si l'on a quelque certitude de la justesse de ses dimensions. Car, comme il n'est établi sur aucun principe démontré, il pourrait bien n'être pas si jtiste, qu'on se l'est imaginé. Ce n'est pas au reste que je veuille en diminuer le mérite, je fais trop de cas de tout ce qui vient de son illustre auteur, pour m'émanciper dans une censure qui me siérait mal. Haïs, comme le respect qu'on doit à la mémoire des grands hommes ne nous oblige point à recevoir aveuglément tout ce qui vient d'eux, je vais faife un parallèle du profil général avec les règles que je viens d'établir.
5u ParaMle du pro/â général de M. de Vauban avec lès règles des^
chapitres précéderas.
M. de Vauban , s'étant aperçu que les anciens ingénieurs n'étaient point d'accord sur les dimensions qu'il fallait donner aux revêtements de maçonnerie, les xuis les fuiaant d'une épaisseur extraordinaire, et les autres leur donnant à peine celle qu'it fallait poursoutenir le poids des terres, a établi un profil géofsral accommodé à toutes sortes de hauteurs de remparts depuis dix pieds jusqu'à quatre-vingts ; et, quoiqu'il soit assez connu de ceux qui s'appliquent aux fortifications , il m'a paru que je ne ferais pas mal d!en donner l'explication , telle qu'on la tient de M. de Vauban lui-^même , avant d'entrer dans aucun détail , afin qu'on pût vérifier mes observations , sans être obligé d'aller chercher ce profil ailleurs.
I o Datis le pays oit la maçonnerie est fort bonne , on peut fixer l'épaisseur au sommet à 4. pieds et demi; mais dans les lieux, oit elle ne la-
8o LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,
sera pas^ il faudra l'augmenter jusqu'à 5 pieds 6 pouces, et même plus si elle est fort mauvaise.
Frc. la ^^ Que les contreforts aux angles saillans doivent être redoublés et brasés de part et d'autre^ par rapport aux lignes droites qui forment ces angles;
3^ Qu'ils seront toujours élevés à plomb à l'extrémité et par les cotés, ^ bien liés au corps de la muraille;
4^ Que les contreforts seront élevés. aussi haut que le cordon; ils seraient encore meilleurs si on leur donnait deux pieds de plus pour le isoutien du parapet;
5^ Que dans les ouvrages où le revêtement n'est élevé qu'à moitié ou aux trois quarts du rempart, et le surplus en gazons en placage, il faudra régler son épaisseur comme s'il devait être élevé en maçonnerie jusqu'au sommet du rempart: par exemple, si on élevait i5 pieds en gazon au - dessus du revêtement , il faudrait augmenter l'épaisseur au sommet de 3 pieds , avec 5 qu'elle aurait déjà , pour en avoir 8 à la naissance du gazon ;
6^ Qu'il faut augmenter la grandeur et la solidité des contreforts à proportion de l'élévation du revêtement : par exemple , si le revêtement a 35 pieds de haut, savoir 20 en revêtement et i5 en gazon, il faudra y faire les contreforts qui ont été réglés par le profil de 35 pieds de haut , et que le revêtement ait la même épaisseur à ao pieds de haut comnîe s'il en avait 35;
j^ Que dans les endroits où on fera des cavaliers comme à Maubeuge ^ il faudra augmenter le sommet du profil d'un demi-pied d'épais pour chaque 5 pieds que le cavalier sera élevé au-dessus du revêtement , et la solidité des contreforts à. proportion : ce qui doit s'entendre des gros revêtements de la place, et non pas de ceux que l'on fiiit quelquefois aux cavaliers , et seulement quand le pied du cavalier approche de trois à quatre toises du parapet ;
8^ Que les deux derniëreâ colonnes de la table portent en toises , ' pieds et pouces cubes, ce que chaque toise courante de tous ces différents profils en contient , réduction faite des contreforts ;
9** Que ces profils ne sont proposés que pour la maçonnerie qui doit soutenir des grands poids de terre nouvellement remuée, et non pas