‹ La science des ingénieursChapitre 35 sur 306 · LIVRE I. DE LA THÉORIE DE LA MAÇONNERIE · texte numérisé non relu

LIVRE I. DE LA THÉORIE DE LA MAÇONNERIE

Il n*en est pas de même selon l'autre figure : car, comme la face BC présente un plus petit front, elle sera moins en prise, les angles obtus B et C se soutiendront davantage que hs autres F et H. D ailleurs les faces AB et BC ne se présentant que de biais» le boulet ne les choquer^, point avec sa force absolue. Ainsi la destruction ne pourra se faire que successivement, à mesure que les parties qui sont immédiatement derrière la ligne BC seront détruites ; et je ne doute nullement que s'il faut 4o cottps de canon pour raser le contrefort F H, il n'en faille phis de 60 pour le contrefort AC. Et comme il arrivera là même chose à tous les autres qui accompagneront ce dernier dans l'étendue de la brèche, on ne peut pas contester qu'un revêtement dont les contreforts sont plus épais à la queue qu'à la racine, ne se soutiennent bien plus longtemps que s'ils étaient faits comme on les pratique ordinairement. Au ' peste, \e ne veux rien décider absolument là-dessus; j'expose mes réflexions, on en fera l'usage qu'on jugera à propos. Ce que je pourrais dire pour justifier ce que j'avance quelquefois, et qui n'est pas conforme a l'usage , c'est que je ne rapporte rien qui ne soit établi sur des démon<strations.

Pour lier cette dissertation avec les propositions de ce chapitre, il: est k propos de faire remarquer que, soit qu'on se serve des contreforts comme CF ou comme HK, on résoudra tous Jes problèmes pré-Fic. 3. cédents de la même façon, que si ces contreforts étaient comme AB; puisqu'il n'y aura d'autre différence que daùs la situation du centre de gravité; C'est pourquoi, quand ils seront comme CF,il faudra multiplier la superficie des contreforts par la ligne NZ, et quand on les fera comme HK il faudra la multiplier par PZ et non pas par OZ, à cause ^ que le bras, de levier est augmenté dans le premier cas, et diminué dans le second. A cela près ^ tout le- reste se feri| comme ila été enseigné.

M. Delormes, me voyant travailler à cet ouvrage, me dit qu'ayant démoli dans la dernière guerre plusieurs places du duc de Savoie, entre autres PigneroK Verceilles, Hivrée et Veruê, il avait remarqué que tous les contreforts des revêtements de ces places étaient liés ensemble par une arcade qui allait se terminer à la hauteur du cordon , et qu'au-' dessus des arcades et des contreforts il r^nait une espèce de banquette sur laquelle reposait la plus grande partie des terres du parapet. Cela lui a fait penser que, pour fortifier les revêtements contre là poussée dès.

terres et l'effet du canon, et ^npécher que la brèche ne se fit aussitôt^ on pourrait dans Tentre-deux des contreforts faire une arcade, qui, régnant sur toute leur longueur, contribuerait beaucoup à i^ndre le revêtement plus solide, sans être obligé de lui donner tant d épaisseur au sommet, surtout quand il s'agirait d'une^hautëur de rempart considérable: et son dessein serait que, faisant ces arcades en plein cintre, la hauteur sous la clef fût environ les deux tiers de toute la hauteur du revêtement ou des contreforts depuis la retraite jusqu'au cordon. L'avantage de cette construction est que Tennemi , après avoir ruiné la chemise, serait encore non seulement dans la nécessité de battre les contreforts, mais aussi de détruire les arcades qui seraient un grand obstacle à l'éboulement des terres et à l'avancement de la brèche, de sorte qu'à le bien prendre, il aurait deux revêtements pour un à ruiner. i

Je viens d'apprendre que M. du Vivier, ingénieur en chef de Cfaarle* mont, a proposé depuis peu un nouveau système de revêtement dans lequel il emploie quatre arcades Tune sur l'autre pour lier les contrC'forts(i); et parla le revêtement devient si solide, qu'il lui Suffît de donner trois pieds d'épaisseur sur la retraite comme au sommet, parce qu'il est fait à plomb devant et derrière, sans doute pour ne point exposer le parement aux injures de l'air, ce qui est une précaution que j'approuverai toujours , malgré tout ce que j'ai pu dire en faveur des talus. Mais, comme ce n'a été que dans j'esprit d'une théorie qui ne doit rien laisser échapper de tout ce qui mérite quelque attention , j'ai toujours entendu que quand il serait question d'élever des murs, on ne doit point se servir de mes remarques au préjudice des attentions qu'on doit avoir dans la pratique par rapport à la qualité des matériaux qu'on emploie, et aux autres circonstances inséparables de l'objet que l'on a en vue. Pour tout dire en un mot, quand on aura occasion de donner beaucoup de talus à un mur sans qu'il devienne contraire à sa durée, on ùe doit point y manquer, parce qu'il faudra moins de maçonnerie : mais si l'on s'aperçoit qu'il puisse devenir nuisible dans la suite, il

(i) Cette idée a été développée par M. Gauthey , inspecteur «général des ponts et chaussées, et mise à exécution pour la construction du mur de qilai de Gh&lons-sur* Saône. ( Voyez son Traité de la Construction des ponts ^ tome. I**^, liv. II, chap. VI ) , chezFirmin Didot, libraire, rue Jacob, n** 24 {N).

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