LIVRE ni. DELA CONSTRUCTION DES TRAVAUX. ao
long-temps ; car celte niatiëre ressemble aux liqueurs exquises , qui n'ont de saveur qu'autant qu'on a eu soin de ne pas laisser évaporer les esprits^ qui en font toute la bonté (i). Si le plâtre n'est pas bien renfermé dans des tonneaux placés dans des lieux secs ^ il s'évente ; c'est-à-dire que le sei qui en fait toute la vertu s'évapore , et il ne reste qu'une espèce de cendre qui étant employée ne fait plus corps. Ainsi , l'état le plus convenable où l'on doit prendre le plâtre, c'est au sortir du four, quand on est à portée d'en user de la sorte. Oji remarquera encore que toutes les saisons ne sont pas propres pour le mettre en œuvre. Si l'on s'en sert en hiver ou à la fin de l'automne, les ouvrages qui en sont faits sont de peu de durée et sujets à tomber par éclats , , parce qu'alors le froid saisît tout d'un coup le plâtre ; il glace l'humidité de l'eau avec laquelle il a été gâché , et l'esprit du plâtre étant amorti , il ne peut plus y avoir d'union. Enfin , quand on n'est point à portée de prendre toutes les mesures dont je viens de parler pour s'assurer de la bonté du plâtre, on pourra au moins choisir le meilleur de celui qui se trouve en magasin , puisque pour le connaître il ne faut qu'en détremper un peu dans la main : celui qui se prendra le plus promptement , sera à préférer à d'autre qui ne fera qu'une espèce de mortier sans consistance.
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