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CHAPITRE CINQUIÈME

De la Composition du Mortier.

JNous avons dit, en parlant de la chaux dans le troisième chapitre, qu'après l'avoir éteinte dans des bassins creusés en terre, il était à propos de la laisser reposer long-temps avant de la mêler avec le sable pour faire le mortier , parce qu'en effet rien ne la rend meilleure que

(i) Il y aurait des remarqueB à faire sur chaque ligne , si on voulait rectifier toutes les petites erreurs de chimie et de physique qui.se trouvent dans le texte, et qui tiennent à l'état de ces sciences au temps où Bélidpr écrivait. Ce n'est point parce que

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oette «âge prëcaation. Mais comme il n'est guère possible d'en aaer ainsi à cause de Timpatience où Ton est d'exécuter un ouvrage apssitôt qu'il est projeté , je vais décrire ia façon dont on prépare ordinairement la chaux , afin de pouvoir faire du mortier incontinent après.

On fait un petit bassin en terre , auprès duquel on en creuse un autre plus grand et plus profond ; on^ met dans le petit une certaine quantité de chaux ^ sur laquelle on jette de l'eau pour la broyer avec le rabot , et après qu'elle est devenue liquide, on la fait couler dans le grand bassin ^ oii elle se prend ensuite comme un fromage blanc ; c'est de la qu'on la tire pour la mêler avec le sable. Ce mélange se fait ordinairement de deux tiers de sable sur un tiers de chaux mesurée vive , ou de trois cinquièmes de sable sur deux cinquièmes^e chaux, selon qu'elle foisonne plus ou moins; car, quand elle est grasse et faite de bons cailloux, on peut mettre jusqu a trois quarts de sable sur un quart de chaux : ce qui n'est pourtant pas ordinaire , parce qu'il est rare d'avoir de la chaux assez grasse pour porter tant de sable. On ne doit tirer le sable qu'à mesure qu'on l'emploie, sans en faire de provisions long*temps auparavant : l'expérience faisant voir que le soleil l'altère , le dessèche, et lui ôte une certaine graisse qui en fait toute la bonté. D'un autre côté la pluie en dissout les sels volatils , et par la suite il se change en une espèce de terre qui , étant mêlée avec la chaux , ne fait plus corps ni liaison dans la maçonnerie (i). Cependant il est à remarquer que s'il est question de faire des enduits , il n'y a point de mal que le sable ne soit pas si gras , parce qu'autrement il se sèche fort promptement , fait gercer le mortier , et par conséquent empêche que l'enduit ne reste poli-

Le ciment se mêle aussi avec la chaux en plus petite ou plus grande quantité , selon qu elle foisonne plus ou moins : les doses sont les mêmes

les esprits du plâtre s'éi^aporent qu'il perd sa bonté quand on le garde en contact avec Tair ; c'est au contraire parce qu'il puise dans l'air de l'eau , ce qui lui fait perdre sa grande affinité pour cette substance , et la propriété de se solidifier sur-le-champ quand ott le combine avec elle (iV).

(i) Il est peut-être inutile de remarquer que ces observations ne peuvent concerner que le sable nommé cwkssus sable de cave, La pluie et le soleil font, en général^ peu d'effet sûr le sable de rivière , à moins que leur action ne s*exerce {ie«danl un temps • très-considérable (iV).

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