‹ La science des ingénieursChapitre 96 sur 306 · II, 35a · texte numérisé non relu

II, 35a

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DÉSIGNATION OBI VÀTiàrnss. .

Ardoise

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Pierre de Saint-Leu Pierre de liais. . • •

Marbre • • •

Granit. •

Chaux vive

Bois d*osier

Bois d*aulne

Bois d'orme

Bois de sapin

Bois de chêne. • • .

Eau de mer

Eau douce pure. .

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Poids da

pied c«Im.

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Toutes oed difTëreotes matières peuvent peser un peu plus ou un peu moins qu'on ne Va marque ici, selon le pays où on les trouve; m^is on s'est conforme à la pesanteur qui leur est la plus ordinaire.

Je crois en avoir assez dit sur ce qui regarde le transport des maté-

LIVRE IIL DE LA CONSTRUCTION DES TRAVAUX. aig rianx : c est pourquoi je passe à leur détail , en commençant par eehn de la chaux et du sablé. ^

- Détail de la Chaux et du SiMe.

On suppose que , par épreuve faite , une toise cube de pierre produit dix milliers de chaux, et comme on met ordinairement huit toises pour la charge d un four , lesquelles doivent par conséquent produire 80 mil-* tiers, il sera aisé de juger ce qu'ils pourront coûter rendus sur Fateli^r, en faisant l'estimation du tirage de la pierre , de sa voiture au four, et la voiture à l'endroit où on veut la mettre en ceuvre/

 l'égard de la quantité de chaux qui peut entrer dans une toise cube

de maçonnerie , tels qu'aux revêtements des fortifications , il est assez

difficile de la déterminer , parce qu'elle dépend de sa bonne ou mauvaise

qualité , aussi bien que de celle du sable avec lequel elle est mêlée ;

. mais communément il en entre douze quintaux.

On pourra de même juger du prix de la toise cube de sable, en faisant l'estimation de ce qu'il en coûtera par le tirage et le transport jusqu*à pied-d'o0uvre ; sur quoi il est à remarquer qu'une certaine mesure de sable pèse à-peu-près le double d'une pareille mesure de chaux , ce qui doit par conséquent doubler le prix de la voiture.

Il entre dans une toise cube de maçonnerie environ 3o pieds cubes de sable.

Détail de . la Brique.

Pour savoir le prix du millier de brique rendu sur l'atelier, il faudra faire l'estimation de ce' qu'il en coûtera pour tirer la terre ^ la corroyer , la mouler , la porter sur les banquettes, l'arranger et couvrir de pailbia^ sons pour la faire sécher et la rouler au four. J'oublie de dire qu'il faut aussi avoir égard au sable que l'on étend sur le» plates-formes. Ce sable doit être des meilleurs ; il en faut au mcina 100. barreaux pour une briquetterie de 4^o mille. On verra ensuite ce .qu'il en coûtera pour la cuire , la défourner , et la voiturer jusqu'à pied-d'œuvre. On prétend que le bois est meilleur pour cuire la brique que le charbon de terre, parce qu'ici il faut un feu clair qui puisse pénétrer de toute part. Mais en

aao LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,

récompense le charbon de terre est excellent pour les fours à chaax ,

comme je lai dit ailleurs.

Dans une toise cube de maçonnerie de brique , (il entre 46oo briques de 8 pouces de longueur , 4 ^^ largeur , et â d épaisseur, et 55o dans la toise carrée qui aurait une- brique d'épaisseur , c'est-à-dire 8 pouces. Ainsi Ton voit que le mortier occupe à*peu-près un cinquième de la toise cube.

Une voiture attelée de trois chevaux porte 4oo briques qui pèsent un peu plus de i5oo livres. Car, quand une brique est faite de bonne terre et bien cuite , elle pèse environ quatre livres , en Ijui supposant les dimensions dont j'ai parlé plus haut.

Détail du Moellon.

Pour savoir le prix de la toise cube de moellon , il faut avoir égard à ce qu'il en coûtera pour le déblai nécessaire à sa découverte , pour le tirer de la carrière , pour la charge et décharge , pour la voiture et la main-d'œuvre.

Quand le moellon doit être façonné pour être mis en œuvre , il faudra voir ce qu'il en coûtera par toise cube, pour le piquage et ajonturage, indépendamment des autres circonstances dont nous venons de faire mention. On pourra de même estimer la toise courante de pierre de taille , en la supposant , par exemple , d'un pied de hauteur sur quinze de lit ou environ.

Quand la maçonnerie est composée de briques et de moellon comme celle des revêtements des fortifications, le mortier occupe à-peu-pres un sixième de la toise cube , car le moellou laissant moins de vide que la brique , il faut moins de mortier, que si la maçonnerie était toute de brique.

Ayant trouvé à l'aide des calculs précédents le prix de chaque chose en particulier, il n*y aura point de difficulté à savoir la dépense de la toise cube de maçonnerie , dès qu'on saura combien il doit y entrer de chaque espèce de matériaux ; ce qui sera aisé en faisant , dans les différents pays où l'on se trouve , une analyse exacte des profils les plus approuvés et les mieux dirigés.

On voit ensuite ce qu'il en pourra coûter par chaquç toise cube pour

LIVRE III. DE LA CONSTOCTION DE^S TRAVAUX. aai le canal , si on est obligé d'en faire un. On a égard aussi aux faux frais auxquels les entrepreneurs pourront être engagés pour les épuisements des eaux , s'il s'en rencontre ^ et à plusieurs autres particularités qui doivent entrer dans la même estimation ; et moyennant tous ces détaib, on pourra savoir , avant l'exécution des ouvrages , si les propositions des entrepreneurs sont justes ou non ^ et à quoi Ton peut s'en tenir ; et même après que les projets sont exécutés , ce qu ils ont perdu ou gagné , et quel dédommagement le roi peut leur accorder s'ils avaient (ait nu mauvais marché ^ ou s'il s'était présenté dans la suite du travail quelque difficulté qu*on n'aurait pu prévoir , comme cela arrive assez souvent.

Le temps qu'on emploie pour la construction de la maçonnerie est encore une connaissance nécessaire , si on veut se mettre en étal d'exécuter les ouvrages dans le temps prescrit ^ et répondre aux intentions de la cour : pour cela il faut savoir ce que chaque ouvrier peut faire par jour.

Dans un mur épais de lo à lâ pieds, un bon maçon peut faire deux tiers de toise cube de maçonnerie par jour si le parement est brut , et environ une demi-toise seulement s'il est façonné. Mais, pour que cette règle ait lieu , il faut que l'ouvrier soit des meilleurs , et qu'il ne perde pas un moment de temps; ainsi l'on peut réduire le travail à cinq huitièmes dans le parement brut^ et à trois huitièmes dans le parement façonné. Chaque maçon doit avoir deux manœuvres pour le servir quand les matériaux sont éloignés de i5 à ao toises de l'ouvrage.

Dans un mur de deux pieds d'épaisseur , le même maçon peut faire aisément une toise carrée par jour , en s'assujétissant atux échafaudages (i).

Pour dire aussi 'quelque chose sur la manière judicieuse avec laquelle

(i) D est aisé de concevoir que les détails contenus dans ce chapitre sont fort in* complets. Comme il faudrait, pour y suppléer, entrer dans de trop longs développements, je me contenterai d'indiquer les ouvrages auxqueb on pourra recourir. On peut voir sur ce sujet le Deifù instructif des tramux dépendantsdu service du génie ; les Expérienees sur la main'^'vgwre de différents travaux ^ etc., par M. Boistard ; les Eap&rienees sur la mainrd'œwre de différents travaux^ etc., par M. Anselin ; les Tableaux

a2tà LA SCIENCE DES INGÉNIEURS,

un ingënieuT doit agir au sujet des particoliers dont les terres sont comprises dans Tétendne des ouvrages d*ime place neuve ^ voici ce qui m'a paru le plus raisonnable :

Pour les particuliers jdont les héritages doivent être occupa par les fortifications , on ne peut avoir trop d'attention pour leur rendre la. justice qui leur est due , et pour les dédommager en quelque façon du chagrin de perdre leurs biens. Ainsi il ne faut point agir en toute rigueur avec eux , mais bien régler Testimation^ de manière que le roi n*y soit poit lésé , et que le particulier n'y perde rien. Pour cet efiEiet, après avoir bien examiné et marqué tout ce qui doit être pris de ces héritages , il faut en &ire un dessin distingué par des cotes qui désignent ce qui appartient à chacun, et qui soient rapportées à la marge avec4e nom du particulier : après toutefois qu'il aura été justifié par titre ou possession suffisante que cet héritage lui appartient.. On procède ensuite à l'estimation de la valeur de ces biens ; ce qui se fait pardevant l'ingénieur , le commissaire des guerres , et les magistrats de la ville ou communauté , qui choisissent chacun de leur côté des experts pour évaluer sous leur serment le prix de chaque chose , dont les magistrats et les intéressés donnent acte. Après l'estimation faite , on spécifie d'abord les maisons, jardins, prés , champs et vergers, chacun suivant sa juste valeur, et on en dresse un acte dans lequel sont rapportés les noms des propriétaires, la quantité des arpents, ou journaux , et le prix auquel diaque héritage est évalué. On dresse un autre acte de la quantité des terres qui ont été ou seront rendues inutiles et mises hors de valeur par les gazons et briques que l'on en tirera , ou par le rasement ou comblement de telle et telle partie. On en fait encore un troisième, qui contient la quantité des terres qui étaient ensemencées de seigle , froment, oi^e et avoine , etc» , avec l'estimation de chacun de ces fruits suivant le prix de Tannée courante , le tout certifié par les maire et jurés du lieu , par les experts , l'ingénieur et le commissaire des guerres. Enfin tous ces états

détailles des prix des ouvrages de bâtiment y par M. Morisot, et surtout le TraiU de la Construction des ponts y liv. IV, chap. Y, où on a tâché de présenter dune manièie complète et méthodique les éléments de Testimation de la plus grande partie des ouvrages qui entrent dans les travaux publics (iV). ,

LIVRE III. DE LA CONSTRUCTION DES TRAVAUX. «3 étant réglés, on les envoie à l'intendant de la prorince , qui, en conséquence des ordres de la cour , les renvoie au trésorier de la place , et en ordonne le paiement , que chaque particulier signe en marge à côté de l'article qui le concerne , et déclare avoir reçu en présence du commissaire des guerres (i).

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