X PRÉFACE
vrai du divin. Quand on aura saisi Tensemble d faits et de lois qui conslilue la science des rcli gionSj eh qu'on aura vu le point où nous sommei parvenus de notre histoire religieuse, on ne se laissera plus étourdir par loul le bruit que fait auloui de nous le renversement des églises. On verra, en effet, qu'il est nécessaire qu'elles tombent, parce qu'elles portent en elles, comme toute œuvre de la nature, un principe formel dont la force expansive est limitée.
C'est ce qui résulte de Tétude comparée des religions : science nouvelle, dont la méthode est définie, dont les instruments nous sont déjà famihers, comme ceux de la physique ou de la physiologie, mais dont on est encore loin d'avoir rassemblé et analysé tous lés matériaux. Les religions anciennes ou étrangères à l'Europe ont été les premières abordées par les savants. C'est d'aujourd'hui seulement que les diverses religions émanées du christianisme entrent dans le domaine de la science et commencent d être soumises à l'analyse. Sans doute, chaque chose vient à son heure; mais aussi bien une sorte de respect humain ou de ti** midité a longtemps empêché les sav<ants de prendre les religions de l'Europe, comme les autres, pour objet de leurs travaux. Nous croyons que le charme est rompu. Non seulement on s'est aperçu qu'étu-
Het une religioa . dans son e&smce et dans $6$ ffigiûds n'est pas lui porter préjudice; mais de phn le clergé romain s^est chargé lui-même de ious rendre notre liberté, ëd nous condamnaot aiu Hamiiies de l'enfer, il nous a mis hors de sa loi et précipités dans la science. En proclamant que les affîdres de l'Église ne regardent pes les Uï^ ques, le pape de Rome nous a mis hors de son %lise, et par là il a affranchi la science. Enfin, en se fidsant déclarer infaillible, il a concentré le sacerdoce dans sa personne, qui est humaine, mortelle et faillible : ainsi, le laïque n'est plus rien dans la catholicité et ne peut plus chercher son salut que dus la science. '
La suite de iaits qui a conduit l'Eglise romaine à ce précipice est expliquée dans le chapitre des (krthodoxies. Deux forces, en ^et^ se partagent eocore le monde : la religion et la science. Mais l'une diminue, l'autre s accroît j ou pour mieux dire, la fMremière tend à se résoudre dans la se* Gonde, parce que les ibrces naturelles sont impô* msables. C'est un fait que nous constatons. La adrace, sous sa forme moderne, a déjà envahi dans presque toutes leurs parties les sociétés civi* lisées i elle en chasse les religions ou les absorbe en elle-même. Ni le droit, ni la politique, ni la nerale, ni la philosophie n'empruntent leurs prin-