‹ La science du beauChapitre 2 sur 48 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

tantôt froide comme un juge, toujours sincère. Ne cherchant que la vérité, connaissant la difficulté et les complications du problème, il a écouté les avis, pesé consciencieusement les objections, et il s'est efforcé d'en faire son profit.

Son premier effort de ré' vision s'est porté sur la théorie de l'idéal. Après avoir tourné et retourné dans tous les sens la partie rationnelle de la psychologie du beau, il a mi devoir en maintenir les lignes essentielles. Sur ce point, les travaux nombreux, les récentes polémiques des sciences naturelles au sujet des espèces et des types, lui ont fourni de précieuses lumières. Un résultat considérable paraît désormais acquis: c'est que si, dans la nature, les formes des espèces varient plus on moins quant à leurs traits secondaires, elles persistent quant à leurs caractères fondamentaux avec Une ténacité qui brave également le travail des siècles et l'industrie des hommes. Le type n'est ni absolument immuable, ni absolument soumis à la mutabilité, quelque lente qu'on l'imagine. 11 est flexible, mais dans des cadres constants, quoique élastiques. Ce type est la loi des genres et des espèces, la règle lixe et divine que subit l'univers changeant. Sans l'observation, notre esprit ne connaîtrait jamais le type; mais c'est à la raison qu'il appartient de le concevoir. C'est elle qui le généralise et qui le proclame : c'est elle qui s'en sert à litre de mesure pour

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