XXX PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION
ici; mais nous nous souvenons que, pour nous être utile, maintes fois il a exécuté, avec autant d'intelligence que de sentiment, les œuvres de Mozart et de Beethoven, dont notre sujet réclamait l'analyse esthétique, mais pour l'appréciation desquelles nous n'avions pas assez des impressions rapportées du théâtre ou du Conservatoire. Enfin, M. Anatole Langlacé a bien voulu corriger une partie des épreuves, collationner les textes et vérifier ce qui, dans ce travail, se rattache aux sciences physiques et naturelles. Toutefois, si malgré les conseils et les soins de nos auxiliaires, nous avons commis des erreurs, elles ne sont que de nous.
Et maintenant nous livrons ces Éludes au public et à la discussion. Passionné pour le beau, convaincu qu'il a sur les aines des prises innombrables et que, selon qu'il le connaît bien ou mal, selon qu'il y tend ou s'en éloigne, l'homme s'élève ou s'abaisse, nous avons longtemps cherché des lumières nouvelles sur les caractères et la nature de cette puissance presque divine. Mais aucune science n'est facile, pas même la science du beau. Platon, qui la connaissait bien, puisque son génie l'a fondée, termine l'un de ses Dialogues par cet aveu : Le beau est difficile. Nous avons abordé cette difficulté ; mais nous ne prétendons certes pas l'avoir définitivement résolue. Nous applau-