PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XXXI
dissons, nous applaudirons toujours sincèrement ceux qui, entrés dans les voies charmantes, mais parfois malaisées et épineuses, que nous avons tenté de parcourir, rendent ou rendront plus tard à l'esthétique les services pour lesquels, malgré notre courage, notre pouvoir n'a pas sulïi l.
1 1 décembre 1860.
1 Depuis que le concours d'esthétique est jugé, M. Heinrich, notre collègue, a publié avec un soin pieux, et Mme Tonnelé a bien voulu nous adresser, tout ce qui reste aujourd'hui d'un talent jeune, pur et riche de brillantes espérances, qui s'apprêtait en silence à défendre courageusement la cause du beau. Le jour qu'Alfred Tonnelé est mort, victime de sa noble passion pour la science, la philosophie de l'art a fait une perte sensible. Ses Fragments, si remplis de son âme, dont toute la presse a loué le rare mérite et dont le public a demandé une seconde édition, prouvent quelle force cette intelligence d'élite avait su acquérir déjà par la contemplation des chefs-d'œuvre de l'art, par un savoir étendu et précoce, et par l'exercice presque incessant de la méditation spiritualiste ; ils montrent aussi quelles fécondes et heureuses inlluences l'émotion esthétique vive, sincère, désintéressée, peut produire sur celui qui l'éprouve comme sur ceux qui en subissent la salutaire contagion.