‹ La science du christianisme et l'Institution de Calvin; recherches sur la méthode de la science théologiqueChapitre 1 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En jetant les yeux sur ce travail, peut-être aura-t-on quelque peine à en saisir l'ordonnance, et se demanderat-on quel en est le résultat. On signalera sans doute un défaut grave, la dualité du sujet. On nous dira : Avezvous pour but d'étudier Calvin? Dans ce cas, pourquoi tant de développements plus généraux sur le christianisme? Ou bien, avez-vous surtout en vue la science du christianisme ? Alors pourquoi ces deux chapitres sur la théologie de Calvin? Ils sont considérables relativement à votre travail, et bien insuffisants comparés à l'importance de l'Institution chrétienne.

Nous acceptons d'avance ce reproche et nous nous le sommes adressé ; nous pouvons cependant donner quelques explications qui en diminueront la valeur. Il y a une unité dans notre thèse ; si elle est dans l'intention plus que dans le résultat, elle est toutefois évidente pour nous : c'est la recherche d'une méthode irréprochable et claire pour connaître et exposer le christianisme. Voilà notre but, voilà notre préoccupation. Reprenant les deux questions posées

plus haut, nous répondons négativement à la première et affirmativement à la seconde. C'est la science du christianisme qui est le premier objet de nos réflexions.

Si on a une connaissance même superficielle des travaux de la théologie moderne, on est frappé d'emblée d'un caractère commun à ceux de toutes les écoles. Ce caractère est l'incertitude du point de départ, l'indétermination de la base. Tout le monde tâtonne et marche au hasard en battant les buissons. Au risque de faire crier au paradoxe, nous croyons pouvoir affirmer que la théologie n'est pas encore devenue une science constituée ; elle n'a pas une méthode empruntée à la nature même de son objet ' ; cet objet est à peine déterminé. Chacun cherche à grouper des connaissances qui ont une certaine affinité entre elles, à coordonner des faits ou des idées, mais tout cela ne constitue pas une science proprement dite, sûre d'elle-même et consciente de son principe.

Ce déficit tient sans doute à phisieurs causes, mais on peut assigner une influence considérable à la confusion, persistante dans le monde religieux, entre la théologie comme science et la théologie comme art. On remarque avec beaucoup de raison que les intérêts pratiques sont plus pressants que les intérêts scientifiques, et on se dit : Mieux vaut être chrétien et faire des chrétiens que produire des savants. Cet aphorisme est vrai, mais il n'en faut pas abuser, et il faut surtout savoir si, dans l'intérêt des progrès pratiques du christianisme, il n'est pas indispensable d'avoir des savants. Trop souvent on sacrifie la recherche du vrai à des préoccupations encore plus terre à

^ « De tout temps on s'est attaché plutôt à concilier l'Évangile avec des opinions préconçues qu'à l'expliquer par lui-même. » — Ch. Secrétan, La Raison et le Christianisme, p. 198,

terre que pratiques. L'art a toujours eu besoin de la science, il n'en peut être autrement clans le domaine religieux que dans les autres.

L'art dont il s'agit ici est l'art de propager l'œuvre du Christ sur la terre ; on peut l'appeler l'art de l'éducation chrétienne. Il est impossible de l'exercer sans avoir des principes, des méthodes ; et dès qu'on s'est occupé d'évangélisation, on a improvisé des règles nécessaires qui sont devenues des institutions. Tout ce qui est institution acquiert une autorité qu'il est bien difficile d'ébranler au profit de quelques améliorations. C'est ici que la pratique nuit à la science, car l'esprit ne peut manquer de remarquer des imperfections dans les principes établis et les idées reçues ; mais quand il réclame au nom de la véiité méconnue, on lui répond qu'il compromet les succès de l'œuvre par ses scrupules réformateurs. Des conflits semblables se produisent dans l'éducation purement intellectuelle, dans l'art de guérir,* dans la législation, dans l'industrie, et nous sommes bien loin de prétendre que la science ait toujours raison contre les hommes pratiques. Les savants ont souvent tort dans la pratique, alors même qu'ils sont dans le vrai en théorie, mais il faut bien reconnaître que la science a le droit de demander des réformes et que les hommes pratiques ont le devoir d'écouter les savants, pour appliquer leurs découvertes d'une manière qui les rende utiles.

La vérité est que l'art et la science sont distincts, mais qu'il doit y avoir alliance entre eux pour les progrès de la vie humaine. Puisqu'ils sont distincts, ils doivent cheminer dans deux sentiers différents de peur de se nuire ; puisqu'ils sont solidaires ils doivent se connaître et s'entr'aider.

L'intérêt servi par l'art de l'éducation chrétienne étant

de premier ordre, il a exercé une influence considérable sur la science du christianisme; il l'a tenue en tutelle, lui a inspiré des timidités regrettables, et lui a donné un caractère de fixité qui n'est pas conciliable avec l'idée même de science. L'art n'aime pas beaucoup les longues recherches; ce qu'il lui faut, ce sont des principes fermes, des résultats acquis ; on a vu ainsi la science du christianisme paralysée par des résultats qui lui étaient imposés, ce qui la condamnait à être hérétique ou soumise. La science doit être parfaitement libre, ne relevant que de sa méthode et de son objet.

Comment cette liberté qui est de droit deviendra-t-elle un fait? Là est la question. Il ne suffit pas de re'connaître que la théologie doit devenir scientifique et qu'elle est gênée dans son essor par certains liens qui l'enchaînent à la foi, il faut encore savoir comment on peut établir entre la foi et la science un rapport normal sans compromettre les intérêts de l'une ni de l'autre. Nous pensons qu'il faut pour cela avoir devant les yeux une idée nette de la foi et de la science et ne pas s'en laisser détourner.

• Ainsi qu'on le verra plus loin, nous définissons la foi, la certitude de la régénération personnelle, et nous voyons dans cette certitude le point de départ de la science. Si on considère les choses de cette façon, on reconnaît que c'est la foi qui prête sa force à la science et non l'inverse ; la foi est un phénomène primordial qui subsiste par sa propre force, mole sua stat; bien loin d'avoir besoin d'aucune autorité pour tenir ferme, c'est elle qui est la source unique de toute certitude. La foi au Dieu sauveur se forme par le concours de plusieurs facteurs ; mais quand elle est formée elle n'a plus besoin pour subsister d'une certaine conception de son origine, pas plus que pour nous fier au témoi-

gnage de nos yeux, nous n'avons besoin de connaître la structure de l'œil et le jeu de la lumière sur la rétine.

La foi peut n'être pas ferme ; dans ce cas elle a besoin de se rassurer, elle cherche son appui dans quelque chose de visible, qui est le plus souvent un moyen de croire : la Bible ou rÉglise, par exemple ; mais alors on ne croit plus proprement, on se contente de savoir comment on pourrait croire. La foi est généralement faible, c'est vrai, mais la foi faible n'est pas la foi véritable, et si on veut décrire la foi on ne va pas la prendre à son enfance, quand elle est à peine formée. La foi ferme s'adresse à Dieu et à son amour; la foi faible s'adresse à l'un des moyens dont Dieu se sert pour nous amener à la foi vraie, ou bien à quelque affirmation dans laquelle un croyant a exprimé sa foi, ou bien à tel autre objet d'ordre secondaire. C'est ce qui explique que la foi solide n'ait pas besoin de la science et la domine, tandis que la foi faible en a peur et cependant s'y subordonne.

La condition des progrès de la théologie, c'est son indépendance ; il faut qu'elle soit indépendante, non pas vis-à-vis de la foi, mais vis-à-vis de certains résultats d'une science incomplète ou plutôt d'une opération instinctive de l'intelligence. La science n'est pas indépendante de la foi, puisqu'elle y plonge ses racines ; elle y prend naissance, elle ne peut s'en détacher. D'où vient donc qu'on entend dire souvent que la- science doit être indépendante de la foi ? Cela vient d'une mauvaise définition de la foi. On appelle alors foi non pas la certitude de la régénération, mais certaines affirmations, fruits hâtifs d'un travail de l'esprit qui est en réalité une science très-rudimentaire. En examinant le sujet de plus près, on arrive à déterminer le vrai rapport

qui unit la science à la foi , ainsi que les conditions où doit se placer la théologie pour devenir scientifique.

Les sciences de la nature ont pris leur essor quand on a renoncé à étudier la nature dans les livres, pour l'examiner elle-même. La théologie ne deviendra une science que si on opère la même réforme dans son domaine; au lieu d'étudier la théologie dans les œuvres des théologiens et dans la Bible, il faut Taller chercher dans l'homme, individu et humanité. Il y a dans la théologie des Pères, dans celle du moyen âge et dans celle des Réformateurs des trésors d'observation et de sagacité au milieu d'idées inacceptables; l'ancien Testament est l'histoire de Dieu dans l'humanité, le nouveau Testament est l'œuvre des apôtres, mais ni la théologie des siècles passés, ni la Bible ne sont le christianisme ; le christianisme est un fait qui doit être étudié en lui-même, or on ne le trouve lui-même que dans l'homme. La théologie est incompréhensible, l'Écriture est pleine de difficultés pour l'homme qui n'est pas régénéré et n'a pas trouvé en lui-même le fait dont il est parlé dans la théologie et dans l'Écriture. Le bon sens dit qu'il vaut mieux étudier un objet directement que de s'obliger à le dégager de ce qui l'obscurcit.

Nous avons cherché à, jeter quelque lumière sur les relations de la foi et de la science, et nous proposons quelques éléments d'une méthode scientifique fondée sur ces données; nous les présentons en toute modestie, dans l'espoir qu'il seront discutés et perfectionnés par d'autres. Cet écrit ne doit pas être considéré comme un tout achevé, comme un résultat acquis. Nous lui avons donné le nom de BechercJies; c'est bien ce nom qui en donne la plus juste idée ; nous nous rangeons parmi ceux qui cherchent. Nous en fera-t-on un reproche ? L'époque où nous vivons per-

met-elle de ne pas chercher ? Trop de questions sont pendantes pour qu'il ne soit pas permis et commandé de dire franchement qu'on cherche. Entendons-nous bien cependant. Dire qu'on cherche ce n'est pas dire qu'on n'a rien trouvé, que rien n'est assuré et qu'on ne tient aucun résultat pour acquis ; mais autre chose est une affirmation scientifique, autre chose un fait immédiat de vie. Nous tenoncpour certain que l'homme est, par sa faute, dans un état de déchéance et qu'il n'en peut sortir que par la foi en Jésus-Christ ; mais nous ne voyons pas que la théorie de ce fait ait reçu nulle part une expression scientifique définitive, nous ne voyons pas davantage que les institutions ecclésiastiques aient reçu nulle part une forme irréprochable. Il y a donc lieu de chercher et de travailler.

Il nous arrivera sans doute, dans le cours de ce travail, de choquer plus d'une idée reçue et même d'avancer plus d'une proposition contestable. Nous prions ceux qui pourraient en être étonnés ou scandalisés de se souvenir que cet écrit est une proposition que nul n'est forcé de lire ; c'est un travail de Tordre scientifique. Ce n'est pas là une prétentieuse déclaration faite dans le seul but de satisfaire une vanité vulgaire, c'est une observation sérieuse. C'est un des malheurs de la théologie que chacun se croit en droit d'y parler en maître. Sous prétexte que l'Evangile a été révélé aux enfants, on prend son zèle religieux pour une garantie de savoir théologique ; tel qui serait trop modeste pour avoir l'idée de prononcer sur un sujet de physique ou de zoologie, pense qu'il est de son devoir de prendre la parole quand il s'agit de théologie. Nous ne prétendons pas pour nousmême à une vaste érudition, ni même à une valeur scientifique quelconque, nous réclamons seulement, au nom du bon sens, pour qu'on veuille bien distinguer la théologie de la

foi. L'une est une science, l'autre est un phénomène. Tout le monde peut croire, tout le monde ne peut pas être théologien. Chacun respire sans être physiologiste, chacun pense sans être philosophe. Il y a longtemps déjà qu'on réclame en faveur de cette distinction; elle est indispensable aux progrès de l'Évangile sur la terre. Les méthodes d'éducation religieuse doivent se perfectionner et elles ne se perfectionneront que sous l'influence de la théologie scientifique.

Après ces réflexions destinées à mettre en lumière notre intention principale et à lui gagner quelque faveur, il faut en ajouter quelques-unes encore sur le rôle de Calvin dans notre recherche.

Tout esprit qui veut répondre à une question posée et discutée par d'autres avant lui, peut choisir entre deux procédés. En adoptant le premier, il donnera sa propre réponse en l'appuyant sur ses propres observations et ses propres raisonnements. En adoptant le second, il étudiera avec soin une réponse généralement acceptée ou entourée d'un certain prestige et s'en servira pour instruire et stimuler son propre esprit ; cela fait, il construira son propre édifice.

Dans le premier cas, l'unité de son exposition sera plus apparente, mais ce procédé aura plus d'un inconvénient : il est impossible de faire abstraction des idées antérieures et courantes; il est bien rare, sinon impossible, qu'un esprit soit assez fort pour se passer du secours des générations précédentes et pour faire sortir de lui-même, de toutes pièces, un système achevé. En ce qui nous concerne personnellement, nous n'avons pas songé à suivre une semblable marche ; nous nous sommes adressé à un système tout fait, pour simplifier notre tâche. Nous avions

sous les yeux non un modèle à copier, mais un exemple du résultat de l'effort que nous désirions faire. Bonne ou mauvaise, une réponse exige toujours un travail dont les éléments sont devant nous et nous frayent la voie ; il est plus facile de reconnaître la justesse d'une idée exprimée par un autre que de produire spontanément cette idée ; quant aux erreurs, aux procédés malheureux, ils apparaîtront d'eux-mêmes en se mettant en contradiction soit avec le travail des auteurs plus modernes et avec le modeste bagage du dernier venu, soit avec la méthode naturelle qui se fait jour par la force des choses. La création peut convenir à des esprits mûrs ; un commençant agit plus sagement en étudiant avec soin une création grandiose, dût-il n'en conserver ni la méthode ni les résultats.

On aura toute notre pensée quand on se dira que nous avons pris V Institution comme un objet d'étude, afin d^arriver indirectement, instinctivement à la vraie méthode pour connaître et exposer le christianisme, et que cette méthode, une fois dégagée dans quelques-uns de ses traits, nous nous en sommes servis pour juger l'œuvre scientifique de Calvin.

Faut-il encore justifier notre choix ? Les uns nous demanderont peut-être pourquoi nous ne sommes pas remonté plus haut, tandis que d'autres s'étonneront de nous voir aller chercher si loin un système dogmatique.

En allant 'plus haut, nous sortions visiblement des idées au milieu desquelles nous vivons, et il devenait plus difficile de profiter d'un ouvrage très-éloigné de nos habitudes de pensée. L'autorité de Calvin n'a pas été remplacée. A cette affirmation, beaucoup de personnes se récrieront disant que Calvin est aussi loin de nous qu'Athanase ou Origène, et qu'il mériterait de prendre place parmi les

curiosités démodées. Cette manière de voir est le produit d'une singulière inattention. Sans doute la dogmatique de Calvin n'est plus la profession spontanée des consciences ; mais quelqu'un saurait-il nous dire ce qui l'a remplacée ? Nous vivons actuellement d'un mélange fort confus d'ordre composite dont il serait malaisé de démêler les origines. Où est le système dogmatique moderne que nous aurions pu préférer à celui de Calvin? Il y en a un seul qui pourrait, jusqu'à un certain point, supporter la comparaison, c'est celui de Schleiermacher. Mais il est bien moins puissant au point de vue religieux et ses résultats sont bien moins nets et positifs. Schleiermacher est d'ailleurs d'une autre race que nous, il peut et il doit avoir de l'influence sur nous, mais il n'est pas notre ancêtre. Y a-t-il de la présomption à réclamer, avec beaucoup d'autres, en faveur d'une théologie de langue française qui ne soit pas une pure reproduction du travail allemand? Il nous semble que si on désire la voir naître, il ne peut y avoir qu'avantage à renouer la chaîne qui nous unit à nos origines. Nous avons changé depuis le XVI"*^ siècle, et ses formules ne peuvent plus être signées par irons; mais, quoi que nous fassions, notre protestantisme sera toujours de langue française, or la langue n'est pas seulement la forme variable d'une même pensée; autre langue, autre esprit. Les racines de notre théologie sont dans notre passé et non dans le présent de quelque autre peuple. Faisons des greffes à cet arbre, mais visons surtout à rendre la vie à son pied pour qu'il devienne capable de porter des fleurs et des fruits. C'est le sol qu'il faut cultiver ; or le sol sur lequel nous vivons, bien qu'il soit couvert de débris de provenances diverses qui le cachent à nos yeux, c'est la réforme française. Encore un mot. Trouvera-t-on étrange que nous ayons

poursuivi un but pratique en même temps qu'un but scientifique ? Nous répondrons qu'à notre avis on ne peut étudier le christianisme que dans la vie elle-même et que vouloir juger de la valeur d'un ouvrage comme celui de Calvin, sans préoccupation pratique, c'est tenter une entreprise chimérique et commettre une méprise. Calvin fut avant tout un homme d'action. Son ouvrage est un manuel d'instruction religieuse plus encore qu'un traité de science abstraite. Un théologien qui ignorerait la vie chrétienne serait un aveugle promenant au hasard ses pinceaux sur une toile.

Les mots* que nous avons mis en tête de notre travail^

^ Manifestation des convictions religieuses, p. 441.

^ Le sujet de ce travail paraît fort éloigné de celui que nous avons abordé dans notre première thèse, Coup d'œil sur l'œuvre de Jésus avant sa mort d'après l'Évangile de Marc (1873). Il y a cependant un lien entre ces deux études. Dans la première nous avons cherché à tixer le point de départ de la science théologique. Le résultat ne nous a pas satisfait ; nous nous sommes aperçu que la base sur laquelle s'élève la science du christianisme ne peut être cherchée dans l'histoire. Pour écrire l'histoire, il faut avoir une conception du sujet. On ne peut réussir à faire l'histoire de laKéformation ou de la Révolution française si on a une idée mesquine ou inexacte de ces grands événements. Avant d'écrire une histoire, il faut avoir étudié son sujet, et l'étude n'est complète que quand on est arrivé à comprendre la nature de ce sujet. Le terme de l'étude préalable devient le principe directeur de la composition. Il n'en est pas autrement dans l'histoire du Christ. Pour exposer la vie du Christ et lui donner son vrai caractère, il faut partir du point de vue commandé par la nature du Christ. La prétention de l'aborder sans conception générale est tout à fait chimérique ; il faudra s'occuper non pas d'être table rase, de chasser toute idée dominante, mais d'avoir l'idée qui correspond au sujet et au personnage. On ne peut raconter fidèlement la vie du Christ que du point de vue de la régénération, car il est venu pour opérer le salut de l'humanité par la régénération de l'individu. C'est donc la régénération qui est la base subjective de la science théologique; et c'est l'individu régénéré qu'il faut étudier et décrire avant tout pour constituer la théologie scientifique sur son fondement propre. Notre but a donc été le même dans nos deux travaux ; un premier essai, en bonne partie manqué, nous a conduit à une vue plus nette des conditions de la science.

indiquent la pensée qui nous a dirigé : on ne fera des progrès dans l'intelligence du christianisme que quand on aura mieux étudié l'homme dans son histoire et dans sa nature intime. Notre regret est d'avoir obscurci la thèse de Vinet par des développements à la fois prolixes et incomplets, au lieu d'être le traducteur qu'il réclamait lui-même.

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