‹ La science du droit en Grèce: Platon, Aristote, ThéophrasteChapitre 27 sur 40 · LA DÉMOCRATIE. — POLITIQUE (VII · texte numérisé non relu

LA DÉMOCRATIE. — POLITIQUE (VII

vent être prononcées, il faut que le profit soit pour les dieux et non pour le Trésor public. Il faut aussi réduire le nombre des procès politiques, en frappant d'une forte amende les accusateurs téméraires. Un autre danger consiste dans le salaire donné aux assemblées. Pour faire face à celte dépense, quand l'État n'est pas très riche, on a recours aux contributions extraordinaires et aux confiscations prononcées par des juges iniques. Le remède est de ne tenir qu'un petit nombre d'assemblées, de réduire les sessions judiciaires à quelques jours, de ne pas donner de salaire aux riches, d'en donner un minime aux pauvres. La justice sera ainsi moins chère et mieux rendue, car les riches viendront plus volontiers dans les tribunaux quand on ne leur demandera qu'une faible partie de leur temps. Enfin c'est une faute de distribuer annuellement aux pauvres l'excédent des revenus de l'État. 'Les pauvres consomment ce qu'ils reçoivent, et n'en s,ont pas plus riches ensuite. Il faut au contraire capitaliser ces excédents jusqu'à ce qu'on puisse fournir soit à tous les pauvres, soit à une fraction d'entre eux, à tour de rôle, une somme suffisante pour acheter un morceau de terre ou entreprendre un petit commerce. S'il est bon que les riches fournissent aux dépenses de l'assemblée et des tribunaux, il ne faut pas leur demander des prestations inutiles, XsiToupYtai.

Si les classes élevées sont intelligentes et veulent se faire aimer, elles feront bien d'aider le peuple , au besoin par des * avances, à se livrer au travail. A Carthage le gouvernement envoie constamment des colonies au dehors, et fait ainsi des riches. A Tarente tout riche permet aux pauvres d'user de ses biens, et en outre toutes les fonctions oat deux titulaires, l'un élu, l'autre désigné par le sort.

De la démocratie Aristote passe à l'oligarchie , qui en est le contrepied. La meilleure oligarchie, la plus voisine de la démocratie est celle qui exige un cens faible pour les fonctions inférieures, élevé pour les hautes magistratures, qui accorde les droits politiques à tous les censitaires, et

puuiu[u« a luua les ceusiumiis, son eii exi^eaui comme à Thèbes, qu'on ait cessé depuis un certain temps toute occupation non libérale, soit en appelant comme à Marseille tous les hommes capables, qu'ils appartiennent à la classe gouvernante ou à celle qui est exclue de la politique.

Enfin il convient d'imposer aux plus hautes magistratures certaines charges, Xeiioupi-iat , rançon coûteuse de l'honneur conféré. Ce seront des sacrifices magnifiques, des constructions ou décorations de monuments. Par ce moyen on ôtera au peuple tout sujet d'envie.

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