‹ La science du droit en Grèce: Platon, Aristote, ThéophrasteChapitre 28 sur 40 · SECTION IX · texte numérisé non relu

SECTION IX

Les fonctions publiques.

Il reste à parler des magistratures. Un grand nombre de questions s'élèvent à ce sujet, et Aristote les a lui-même posées plus haut. Ici, il ne les traite pas toutes, et se borne à énumérer et à classer les dififérentes fonctions.

On trouvera peut-être que ce chapitre n'est pas à sa place et qu'il se rattache naturellement à ce que Fauteur a dit des fonctions sociales en général (section V). Mais, d abord, on sait qu'Aristote ne s'assujettit pas à suivre un ordre rigoureusement logique, et que, d'ailleurs, son ouvrage n'a probablement été publié qu'après sa mort. On peut aussi dire, après tout, que ce développement sur les fonctions publiques sert à compléter la description de la démocratie et de l'oligarchie et en forme la suite.

La première est la surveillance du marché public, la police des conventions qui s'y font et le maintien du bon ordre.

La seconde est la police des propriétés publiques et particulières, la réparation des édifices qui menacent ruine, l'entretien et ja rectification des voies publiques, la conservation des bornes séparatives. Les fonctionnaires chargés de ce soin s'appellent, en général, astynomes. Dans les grandes villes leurs fonctions se divisent : on dislingue les commissaires des remparts, les inspecteurs des fontaines, les gardiens des ports.

La troisième fonction consiste dans la police rurale. C'est la même fonction, seulement elle s'exerce hors de la ville. Les fonctionnaires, chargés de ce soin, s'appellent agronomes ou inspecteurs des forêts.

Une sixième lonction consiste dans i esecuiion des condamnations judiciaires, dans la poursuite des débiteurs de l'État, inscrits sur les tables publiques, et dans la garde des détenus. C'est une fonction pénible et ingrate. On ne trouve pas beaucoup de gens qui veuillent la remplirquand il n'y a pas un grand profit, et pourtant elle est indispensahle. Il convient donc de la diviser. Les uns exécuteront les jugements de tel tribunal, les autres ceux de tel autre. D'autres poursuivront les débiteurs inscrits. Les autres magistrats sont aussi chargés de recouvrer les amendes prononcées par eux, mais i! faut éviter que ce soient les mêmes. Ainsi les amendes prononcées par les magistrats de !'an passé seront recouvrées par les magistrats nouveaux; • celles prononcées par les agronomes seront recouvrées par les astyaomes, et ainsi de suite. On atténuera, par ce moyen, ce qu'il y a d'odieux dans cette fonction.

La garde des détenus forme souvent une fonction distincte. A Athènes, par exemple, elle est confiée aux Onze. 11 faut prendre ici les mêmes précautions. Il convient de confier cette fonction aux divers magistrats, à tour de rôle, ou bien encore aux jeunes gens, là où il y a un collège d'éphèbes ou de gardes.

Après ces magistratures fondamentales viennent les charges militaires, qui , du reste, ne sont pas moins nécessaires, telles que la garde des portes et des remparts, le

2"i6 LES FON'CTIONS PUBLIQUES. — POLITIQUE (vil, 5).

recensement et la répartition des citoyens entre les divers corps. Les personnes chargées de ces fonctions sont plus ou moins nombreuses, suivant que la ville est grande ou petite. Ils s'appellent] ordinairement stratèges ou polémarques. Au-dessous d'eux, sont les commandants des divers corps, quand il y en a, navarques, hipparques, taxiarques, triérarques, phylarques, etc.

Presque tous les magistrats ont un certain maniement des fonds publics. 11 faut qu'ils en rendent compte devant une autre magistrature dont Tunique fonction soit de recevoir ces comptes. Ces magistrats s'appellent euthynes, logistes, vérificateurs, è^sTacrcai, synégores.

Enfin la plus puissante de toutes les magistratures est celle qui préside à l'assemblée générale dans les États où le peuple est souverain, car, tout souverain qu'il est, il lui faut une autorité qui le convoque. Cette magistrature, qui a le droit d'initiative et le droit de sanction, s'appelle T:p66ou- Act et, dans les États démocratiques, gouX-^.

Il y a enfin des fonctions quijn'ont rien de politique et sont simplement relatives au culte des dieux. Ce sont celles des prêtres ou épimélètes, chargés d'entretenir ou de restaurer les édifices sacrés. Ces fonctions sont souvent divisées : on distingue alors les hiéropes, les gardiens des temples, les trésoriers du patrimoine sacré. 'Il y a aussi une magistrature chargée d'ofifrir, au nom du peuple, certains sacrifices communs, que la loi n'attribue point aux prêtres. Ces magistrats s'appellent archontes, rois^prytanes.

Dans certaines cités opulentes et prospères, attachant un grand prix au bon ordre, il y a des inspecteurs chargés de surveiller les femmes et les enfants, des contrôleurs de gymnase, des gardiens des lois, des intendants des concours gymnastiques et dionysiaques, et, en général, des spectacles de ce genre. Ce sont là des magistratures aristocratiques. Les pauvres, qui n'ont pas d'esclaves, ont besoin de faire travailler leurs femmes et leurs enfants.

Tous les gouvernements soot foadés sur un principe Trai ; la démocratie sur l'égalité , l'oligarchie sur l'inégalité, mais ce principe n'est vrai qu'à certains égards et non d'une manière absolue. En l'exagérant on commet une Injustice, et c'est ce qui amène les révolutions.

Elles procèdent de deux manières, tantôt en substituant une forme de gouvernement à une autre , tantôt en cbange an t seulement le personnel, sans toucher à la constitution. Souvent la révolution n'est que partielle, et ne vise qu'une certaine magistrature à fonder ou à renverser. C'est ainsi qu'à Lacédémone Ljsandre voulut détruire la royauté, et Pausanias l'éphorie , qu'à Épidamne les phylarques furent remplacés par un grand conseil , institution démocratique. Le caractère oligarchique de l'ancienne constitution d'Épidamne n'a cependant pas disparu. Il reste l'unité d'archonte, et l'obligation pour les chefs de la classe gouvernante de se rendre à l'assemblée toutes les fois qu'un magistrat fait une proposition.

Le plus sage est doac de garder une juste mesure et de combiner l'égalité suivant le nombre avec l'égalité suivant le mérite. Dans l'étude des révolutions, il faut distinguer trois choses : quelle est la disposition de cens qui se sou-

' Thucydide a aussi fait une théorie des révolutions (III, 83).

278 RÉVOLUTIONS, LEURS CAUSES. — POLITIQUE (vill , 1-2).

lèvent? Que veuleal-ils? et quelle est la cause qui donne naissance aux. troubles publics?

Sur le premier point, c'est le sentiment de l'égalité qui anime les hommes au moment où ils se soulèvent. Us pensent ou qu'on ne fait pas la part du nombre ou qu'on ne fait pas celle du mérite. La prétention est juste, mais ^lle peut aussi être injuste quand elle est exagérée.

Quant au second point, le but est toujours d'obtenir profit ou honneur , ou de se soustraire à la flétrissure ou à 1^mende.

Enfin les causes qui font naître ces dispositions et ces désirs sont au nombre de sept. La jalousie au sujet de la richesse ou des honneurs, l'insolence des uns, la peur des autres, la grande supériorité d'un homme, le mépris, enfin un trop grand accroissement de l'Etat.

A un autre point de vue on peut distinguer la brigue, la négligence, les changements insensibles, les diversités de race.

Rien à dire des deux premières causes.

La grande supériorité d'un citoyen à l'égard des autres conduit à la monarchie ou. à la tyrannie. C'est ce qui a donné naissance à l'ostracisme, comme à Athènes et à Argos. Mais il vaut mieux en pareil cas prévenir que réprimer.

La peur. Les coupables se soulèvent pour prévenir le châtiment. Ceux qui sont menacés d'un traitement injuste se soulèvent pour y échapper. Ainsi, à Rhodes, les conservateurs se soulevèrent contre la démocratie à cause des procès dont ils étaient menacés.

Le mépris : dans les oligarchies , quand les citoyens exclus du pouvoir sont les plus nombreux, car ils se sentent les plus forts ; dans les démocraties , quand les riches prennent en horreur le désordre et l'anarchie. C'est ainsi qu'à Thèbes, après le combat d'OEnophyta, la démocratie, qui gouvernait mal, fut renversée. A Mégare, elle périt par le désordre et l'anarchie. De même à Syracuse avant Gélon , et à Rhodes avant la restauration.

gouvernemeat devint aemocratique. A Argos, les nobles vaincus par Cléomèae, roi de Sparie (vers 5!9), furent obligés de recevoir dans leur sein ud certain nombre de serfs. A Athènes, après tes grandes pertes de l'infanterie, les Dobles furent contraints d'y servira tour de rôle, dans la guerre contre Lacédémone, et perdirent ainsi la prépondérance. Les faits de ce genre sont moins fréquents dans les démocraties.

La brigue. AHérée en Arcadie on fut obligé de remplacer l'élection par le sort, parce que l'élection était le prix de la brigue.

La négligence. Lorsqu'on laisse occuper toutes les grandes magistratures par les ennemis du gouvernement. C'est ainsi qu'à Oréos en Eubée l'oligarchie a été renversée lorsque Héracléodore fut entré dans le collège des archontes-

Une chose en apparence insignifiante , et inaperçue. C'est ainsi qu'à Ambracie te cens pour t'arcbontat était si faible qu'on en vint à le supprimer complètement.

Une autre cause de discorde est la diversité de race, jusqu'à ce qu'il y ait fusion. En effet il ne suffit pas, pour faire un État, d'agglomérer des hommes, pris au hasard, à UD moment quelconque. Toules les fois qu'il y a eu réunion de deux villes, ou réception de nouveaux colons, il en est résulté la guerre civile. Ainsi les Achéens et les Trézéniens avaient fondé en commun Sybaris. Les Achéens étant devenus les plus nombreux chassèrent les Trézéniens. — De même à Thourioi, les Sybarites qui avaient fondé la ville avec d'autres, voulurent dominer, prétendant qu'ils étalent chez eux, et se firent chasser. — AByzance, les nouveaux colons conspirèrent, mais furent pris en flagrant délit, vaincus et chassés. — Les Antisséens de Lesbos

séditioD et ud combat. — Amphipolis ayant reçu des coloQs de Cbalcis, ceux-ci chassèrent [iresque tous les anciens habitants.

La configuration des lieux est quelquefois une cause de discorde quand le terrain ne se prête pas à l'unité de ville. C'est ce qui est arrivé à Clazomène et à Colophon, C'est ainsi que les gens du Pirée sont plus démocrates que ceux d'Alhèaes.

L'intérêt pour lequel se font les séditions n'est jamais sans importance, mais l'occasion est souvent futile. Aristote cite ici un grand nombre d'exemples qu'il serait inutile de relever en détait. Ce sont en général des querelles entre citoyens influents, à l'occasion de mariages, ou d'attribution d'épiclères, ce qui prouve, soit dit en passant, que l'institution des épiclères était commune à toute ta Grèce. Aristote nous la montre en vigueur à Mytilène et à Phocée.

On peut poser comme une règle que toute élévation d'une puissance nouvelle, soit d'un particulier, soit d'une magistrature, ou d'une tribu, ou d'une fraction quelconque du peuple devient une cause de sédition. Ou l'on s'insut^e contre elle par jalousie, ou c'est elle qui s'insurge parce qu'elle ne veut plus souffrir l'égalité. C'est ce qui est arrivé dans un grand nombre de villes, et notamment à Athèoes lorsque le pouvoir de l'aréopage a été renversé par la démocratie, après les guerres médiques.

Une autre source de révolutions consiste dans l'égalité de forces entre les diverses parties de l'État, comme les pauvres et les riches. La paix n'est assurée que quand un des partis est manifestement le plus nombreux et le plus fort.

11 faut yoir maintenant comment ces diverses causes s'appliquent aux diverses formes de gouvernement. Dans la démocratie ce sont les excès des démagogues qui amènent les révolutions. Tantôt les riches, persécutés par eux et rapprochés par des craintes communes, finissent par s'entendre contre eux, tantôt c'est eux qui excitent le peuple. C'est ce qui est arrivé à Ces, à Rhodes, à Héraclée, à Mégare, à Cymé. Les démagogues persécutent les riches soit en exigeant un partage des fortunes, soit en accablaat les riches de liturgies qui absorbent leurs revenus, soit enfin en les calomniant pour faire prononcer la confiscation de leurs biens. Autrefois, quand les démagogues étaient des chefs militaires, ils se faisaient bien vite tyrans. Aujourd'hui l'art de parler est plus répandu et les démagogues sont généralement étrangers à l'art militaire, ce qui les empêche d'établir la tyrannie à leur profit.

D'autres causes rendaient autrefois les tyrannies plus fréquentes qu'aujourd'hui. Ainsi , à Milet, la concentration de presque tous les pouvoirs entre les mains d'un prytane, ailleurs l'absence de grandes villes, le peuple des campagnes laissant ses chefs prendre le pouvoir, pourvu qu'ils se montrassent ennemis des riches, comme Pisistrate à Athènes, Théagène à Mégare, Denys h Syracuse.

11 arrive aussi que la forme ancienne de la démocratie est remplacée par une forme nouvelle. Ainsi, lorsque les magistratures sont électives, mais sans condition de cens et par le peuple entier, les démagogues persuadent facilement au peuple de se mettre au-dessus des lois. Le moyen de remédier à ce mal ou de l'atténuer est de faire voler le peuple par tribus et non en une assemblée unique.

282 RÉVOLUTIONS DANS L'oLIGARCHIE. — POLITIQUE (VIIl, o).

Nous passons maiatenant aux oligarchies. Ici les révolutions tiennent à deux causes : La première est l'oppression du peuple, qui tantôt prend un chef quelconque, tantôt trouve un chef parmi les oligarques eux-mêmes,, comme Lygdamis à Naxos. La seconde est la discorde des oligarques entre eux, par exemple quand parmi les riches un petit nombre seulement participe au pouvoir. C'est ce qui est arrivé à Marseille, à Istros, à Héraclée et ailleurs. La révolution a amené à Marseille une oligarchie moins restreinte, à Istros la démocratie; à Héraclée, le corps des oligarques, qui jusque-là, peu nombreux, se trouva porté à six cents membres. En général Toligarchie n'admet pas que le père et les fils puissent exercer en même temps les magistratures. Tout au plus tolère-t-elle que Taîné des fils soit magistrat en même temps que le père. De là des divisions dans le sein des oligarques, et comme tout pouvoir qui se divise s'affaiblit, le peuple profite souvent de l'occasion pour s'emparer du pouvoir. C'est ce qui est arrivé à Coide et à Érythrées.

Parmi les causes internes de dissolution pour les oligarchies il faut compter la jalousie des oligarques qui se font démagogues, pour agir soit sur les autres oligarques, comme à Athènes Chariclès dans le gouvernement des Trente, et Phrynichus dans celui des Quatre-Cents, soit sur le peuple entier, lorsque c'est le peuple qui élit, tout en étant tenu d'élire dans certaines catégories de censitaires ou dans certaines associations; ou bien encore lorsque c'est le peuple qui juge, (le premier cas s'est présenté à Larisse et à Abydos, le second à Héraclée du Pont,) ou bien enfin lorsque l'oligarchie veut se concentrer, et que les exclus appellent le peuple à leur secours.

Une autre cause de révolution pour les oligarchies peut naître de l'inconduite des oligarques qui se ruinent par leurs prodigalités, et s'efforcent ensuite d'établir la tyrannie pour eux-mêmes ou pour un autre. C'est ce qui est arrivé à Syracuse, à Amphipolis, àÉgine. Ou bien encore

oligarques. C'est ce qui est arrivé en Élide , où ie sénat se composait de quatre-vingt-dix membres à vie, pris parmi les plus puissantes familles et élus comme à Lacédémone.

Les oligarchies sont souvent renversées par les chefs militaires. Si le gouvernement est en guerre, il n'ose pas armer le peuple et a recours à des meicenaires dont le chef se fait tyran, ou dont les chefs renversent l'oligarchie à leur profit, ou le gouvernemeat se décide alors à coQteuter le peuple dont il a hesoin , en lui faisant une part dans le gouvernement. Si l'on est en paix, l'oligarchie fait garder la ville par des mercenaires et par un chef qui n'est engagé dans aucun parti, et finit par dominer les partis. C'est ce qui est arrivé à Larisse et à Abydos.

Autre cause : quand les oligarques se persécutent les uns les autres, au sujet de mariages ou de procès. C'est ce qui est arrivé à Érétrie , à Héraclée , à Thèhes.

Quand l'oligarchie devient par trop despotique , elle est quelquefois renversée par quelques-uns de ses membres qui désapprouvent ses tendances. C'est ce qui est arrivé à Cnide et à Chios.

Enfin, la révolution peut se produire par le simple effet des circonstances. Par exemple lorsque le taux du cens ayant été calculé en vue d'un certain état de choses, les propriétés augmentent de valeur, et que par suite le nombre des censitaires s'accroît d'une façon inattendue.

L'effet de la révolution n'est pas toujours de remplacer une certaine forme de gouvernement par la forme oppo-

284 RÉVOLUTIONS DANS l' ARISTOCRATIE. — POLITIQUE (VIII, 6).

sée. 11 se borne souvent à modifier la forme existante, sans en changer, la nature. Ainsi la démocratie tempérée devient une démocratie absolue. De même pour Toligarchie.

Aristote passe ensuite aux causes de révolution dans l'aristocratie. Ici, comme dans Toligarchie, il y a danger de révolution quand les fonctions publiques ne sont accessibles qu'à un trop petit nombre, alors surtout que les exclus ne valent pas moins que les autres, tels qu'à Lacédémone les Parthéniens qui furent pris en flagrant délit de conspiration et envoyés en colonie à Tarente, ou bien encore alors que des hommes ayant une grande situation et un grand mérite sont maltraités par des hommes placés audessus d*eux, comme Lysandre le fut par les rois de Sparte, ou bien enfin lorsqu'un homme de cœur, comme Cinadon à Sparte, sous le règne d'Agésilas, se voit fermer l'accès des honneurs.

Une autre cause de révolution consiste dans ce fait que les uns sont très riches et les autres très pauvres. C'est surtout à la suite d'une guerre. Ainsi à Sparte, après la guerre de Messénie, il y eut des gens qui demandèrent un nouveau partage des terres. A Thourioi l'accumulation des terres dans les mêmes mains amena le même résultat.

De même lorsqu'un citoyen ayant déjà une grande position s'efforce de l'agrandir encore, comme Pausanias à Lacédémone, Hannon à Carthage.

Les aristocraties et les 'i:oXiT£tat se perdent quand elles sortent des limites de la justice, c'est-à-dire quand elles ne font pas un- mélange équitable de leurs éléments qui sont la démocratie et l'oligarchie auxquelles il faut ajouter dans l'aristocratie le mérite personnel.

L'aristocratie et la icoXiTsia sont une seule et même forme de gouvernement ainsi nommée parce que l'une incline davantage à l'aristocratie et l'autre à la démocratie.

L'intérêt personnel pousse toujours la classe dominante à exagérer le principe du gouvernement et à le transformer dans un cas en oligarchie, dans l'autre en démocratie abso-

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