CRITIQUE DE PLATON. — POLITIQUE (VIII
La plus longue après celle-là est celle des Cypsélides à Coriathe. Elle a duré soixante et treize ans. En troisième lieu vient la tyrannie de Pisistrate et de ses fils à Athènes. Elle dura trente-cinq ans mais avec deux interruptions de plusieurs années *. A Syracuse, Hiéron et Gélon régnèrent dix-huit années. En somme, on peut dire que les tyrannies durent peu et ne se conservent que par la modération.
Platon, dans sa république, a fait une théorie des révolutions. Suivant lui, les gouvernements se succèdent dans un certain ordre et décrivent en quelque sorte un cercle sans fin. Cette théorie n'est pas fondée sur une analyse exacte. Elle donne lieu à de nombreuses critiques. Aristote en indique plusieurs et termine par là son ouvrage. Nous ne croyons pas utile de le suivre sur ce terrain. En écrivant les Lois après la République, Platon, lui-même, a fait assez connaître qu'il abandonnait son système. Il n'y a donc pas lieu d'en parler.
* Ce passage est probablement interpolé. Il faut lire quaranteneuf ans, c'est le chiffre donné par Aristote lui-même dans l'Aôriva(a)v TToXtTeia, eh. 19.