‹ La science du droit en GrèceChapitre 3 sur 61 · LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE

Platon avait trente ans lorsqu'il \it son maître Socrate accusé d'impiété par Anytus, Mélétus et Lycon et traduit devant un tribunal. Il l'assista dans le cours du procès et rédigea même pour lui une défense qui est restée célèbre, quoique Socrate n'ait pas voulu s'en servir. Il le vit subir cette épreuve avec une fermeté inébranlable, provoquant par cette attitude même une condamnation rigoureuse. Il nous le montre encore dans sa prison, repoussant les propositions de ses disciples qui avaient formé un complot pour le soustraire à la mort, puis enfin buvant la ciguë avec le calme d'un sage et le ferme espoir d'une autre vie. Platon n'avait pas assisté à cette dernière scène, mais il l'a racontée telle qu'il la tenait des autres disciples du maître. On voit combien son impression est profonde, et on ne peut le lire sans la partager. Il n'est pour ainsi dire pas un seul de ses Dialogues qui n'exprime son aversion pour la justice politique où le nombre et la passion décident tout, où l'accusateur ne recule devant aucun moyen pour satisfaire sa liaine, où l'accusé n'a souvent d'autre ressource que de s'avilir en implorant la pitié du tribunal \

^ V. Apologie de Socrate, c. '2'S. Theetète, c. 23. Tout le Gorilias roule sur ce sujet. Mais c'est surtout dans la Piépublique que

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