‹ La science du langageChapitre 4 sur 4 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Souvent en présence des grandes œuvres des civilisations antiques^ nous nous prenons à regretter que de si puissantes activités n'aient pas été servies par les idées plus hautes et plus fécondes, par les moyens plus perfectionnés des temps nouveaux. Peut-être en lisant ce travail se sera-t-on senti sous l'empire d'un sentiment analogue à la vue des patientes et laborieuses investigations des philologues illustres de l'âge moderne. Certes la lumière ne leur a pas fait défaut; il y a des siècles que Moïse leur traçait dans ses affirmations claires, dans ses enseignements aussi simples que majestueux la véritable voie du progrès; mais ils ont fait défaut à la lumière. De là les entraves de leur marche, les^obscurités de leurs conclusions, Tincertitude de leurs doctrines. Que si après de longues recherches, ils airivent à quelques résultats

incontestables, leurs affirmations ne sont qu'un témoignage rendu à la philologie mosaïque. Pourquoi donc la science de Thorame ne part-elle pas des données de la science de Dieu? La révélation lui offre l'élévation de ses points de vues, la sûreté de ses déductions, la précision même de ses termes. Souhaitons à la philologie de profiter désormais de ces communications. La science divine a soulevé légèrement le voile qui cache l'histoire et le développement du langage : elle ne l'a point fait tomber : c'est aux efforts humains à continuer son oeuvre, s'ils consentent une fois à se mettre en harmonie avec la parole de Dieu. Puisse-t-on comprendre qu'il n'y a pas de science séparée, qu'il n'y a pas de science indépendante dans le sens que l'on est trop porté à donner à ce mot, à notre époque de confustot^ et d'incrédulité, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de science opposée à la révélation! Puissent ces pages y conduire quelques-uns de nos lecteurs! elles auront atteint l'unique but que nous nous sommes proposé en les écrivant.

Préface \

Idiomes. — Dialectes. — Dénombrement de Balbi. — Progrès de réduction par les familles. — Ce que peut la grammaire historique, — Parenté généalogique et parenté physiologique. — Loi : Schlegel et Wiseman. — Nouvelles classiûcaiions : Klaproth, Max-Miiller, Kœlle, Schott, Grabelentz, Bleek, Gallatin. — Ce qu'on peut espérer des progrès de la philologie ... 49

Différence des poinis.de vues : MM. Pott et Renan. — Quelle est la conséquence logique de ces 8ystèmes? — Changements formels et non substantiels. — Comment M. Max^MuUer ne tient pas compte de faits incontestables. — Retour aux éléments primordiaux du langage. — Préjugé auquel ont donné naissance des essais imp irfaits. — Leur utilité médiate. 35

Retour à Thypothèse de Tunité primitive : Klaproth; Bb^, Norberg, Lepsius^ Gésénius, Ewald, Max- Millier, Benfey, Bmiffen, Julius Filrst, Delitzsch, Raulen. — Deux chefs d*école s'accordant dans leuis vues jusque dans le vice de leur syllogisme. — Distinction dH M. Polt entre la forme extérieure et la forme intérieure : on Tadopte. — Rapport lexique : prononciation, écriture, convention, changement des consonnes et des voyelles opéré par le passage d'un mot d'une langue à une autre. Forme primordiale de la racine. — Rapport grammatical ; Schleicher : Signification et relation. De combien de manières les langues expriment l'idée de rapport. Résultats : Isolement, agglutination, flexion. Exemple. Que ces trois procédés se succèdent aux diverses périodes de transformation des langues. — Conclusion

relative à l'étude des racines. 49

La forme intérieure des langues d'après Humboldt; la même diaprés Heysse et SieinthaL— Hypothèse de l'existence d'une langue contenant la somme de tous les systèmes de catégories. Comment rélat primitif apparaît à M. Steintbal. — Après la matière commune à tous les peuples, la forme variant suivant lear gépie. — On fait présumer la oëcessité d'un événement historique qui force les peuples à se séparer. — Conclusion relative à l'importance des racines. — Ce que leur étude permet d*e^)érer. 85

M. Steinthal et M. Max-Mliller constatent l'harmonie originelle du monde et de l'homme. — Une harmonie analogue probable entre rhomme et son Créateur. — A qui appartenait-il de la garder?

— Que serait devenu le langage si elle eût été troublée? — Comment cette hypothèse revêt lei caractères d'un fait historique 95

Coup d'œil d'ensemble sur les dix premiers chapitres de la Genèse.

— Système proposé par saint Augustin. — Les trois mots nsu^. Dtlîl'T» twS ^^ sont pas synonymes. — On expo:«e les neuf premiers versets du chapitre onzième 405

Un curieux mythe étymologique plus curieux encore dans le mode de formation qu'on lui prèle.— Les traditions du genre humain prennent les couleurs qui conviennent au génie des peuples chez lesquels elles se produisent. — Le Birs-Nimrud composé de plusieurs étages remontant à différentes époques. — Dernières découvertes de MM. Botta , Layard , Fresnell et Rawiinson . 423

Le même mythe étymologique confirmé par l'élude des langues. — Causes possibles de la diversité des langues : forme phonétique ou extérieure; rapport entre l'idée et son expression; appareil grammatical. — Influence de ces causes sur les diverses langues. — L'esprit particulier des peuples a eu une large part dans leur formation 4 33

Qu'esl-ce qui a précédé du génie de la langue ou du génie de la nation?— Ce que c'est qu'un peuple. — Comment il conserve son unité. — Comment il se forme; — Schelling. — Monothéisme et polythéisme. — Les différences des langues sont des différences de forme. — Explication des trois mots de Moïse. — L'état actuel des langues est une vraie confusion — Ce fait en harmonie avec l'économie de la révélation 454

Écueil que l'on évite en étudiant les caractères de la langue primiiive au lieu de chercher à la retrouver. — Opinion des Thalmuds, des rabbins et des Pères. — Que cette tradition n'est pas de tout point erronée. — Expression sensuelle des idées abstraites en hébreu. — Les idées de la philologie actuel'e au sujet fie la langue primitive ne s'éloignent pas complètement des idées des anciens M\

État du premier homme d'après la révélation. — Dans la synthèse primitive de l'esprit humain. Vidée se produisant comme un tout, — Résultat par rapport au langage de celte époque. — Analogie entre une activité divine et Tactivité humaine qui lui répond. — L'homme parle. — Union naturelle, nécessaire et organique entre l'idée et le mot qui l'exprime. — L'antiquité grecque a soupçonné cette doctrine 483

Raisons que l'on a d'écouter la révélation.— Véritable déânition du langage : caractère spirituel et caractère corporel; union des deux mondes; unité de la création reconstituée. — Mission de l'homme. — L^ordre particulier de sa création, principe de Texactitude avec laquelle il exprime ses idées les plus élevées. — Résultat par rapport à son union avec la première femme. 207

Principes de l'École sur la connaissance intellectuelle. — Analogie entre le Verbe de Dieu et le verbe de l'homme. — Passivité et activité de la connaissance. ^ Comment Te^prit reçoit la forme

des objets. — Universalité du principe de nos connaissances. — Saint Grégoire de Nysse. — Comment les Grecs et les Juifs ont entendu Tinnéité du langage. — Le langage comme puissance et comme acte. — Opinion proposée 217

En dehors de la révélation, le genre humain un mutum et turpe pecus. — LMnstinct humain en œuvre de miracles de non-sens.

— On confond la possibilité et le fait de l'invention humaine du langage. ~ Qu'une société ne peut pas exister longtemps sans un certain langage. — Particularités de Tétat du premier homme.

— Ce à quoi Ton arrive en n'en tenant pas compte. -^ Justification de Topinion proposée 231

L^histoire et Tethnographie, auxiliaires indispensables du philologue. — Dénombrement de la famille sémitique au dixième chapitre de la Genèse. — Un critique a-t-il raison d'être de l'avis de Moïse? — Difficultés produites par les Phéniciens : Couschites par la race^ Sémites par le lanp;;ige. — Raison qu'on a de penser qu'ils ne sont pas les premiers habitants de la terre de Chanaan.

— Saba, Avila et Lud, Couschites par le pays qu'ils ont habité et Sémites par la race. — Une préioraption en faveur du groupe chamite. — Les langues ihdo*germaniques et le groupe japhétien 247

Les langues sémitiques et le monothéisme : Homogénéité : organisme des mots et des phrases. — Les formes substantives révèlent un délicat symbolisme au lieu d'offrir un caractère physique etsf'nsuel. — Construction de la phrase — Fiction inconnue : mythologie impossible. — Les langues indiennes et le panthéi>me : puissance d'expression et de composition. — Arran.2;ement des mots et appréhension des rappoits. — La langue chinoise et l'athéisme : absence de formes grammaticales et de classes de roots déterminées. — Le verbe souvent inutile. — La proposition privée d'unité i61

Conclusion. 274

Page 1