CLASSE MONGOLE
e berceau des populations qui parient les dialectes gols se trouve près du lac Baikal et dans les parorientales de la Sibérie, où nous les rencontrons le neuvième siècle après J.-C. Elles se divisaient rois classes : les Mongols proprement dits, les Bufê, et les Olotes ou Kalmouks. Gengis-Khan (1227)
les réunit en une nation et fonda l'empire mongol qui comprenait, toutefois, non-seulement les Mongols, mais aussi des tribus tongouses et turques communément appelées Tartares.
Ce nom de Tartare ne tarda pas à dévenir la terreur de TEurope comme de TAsie, et il s'appliquait indifféremment à tous les guerriers nomades qui fondirent alors sur l'Europe. Primitivement il ne désignait que les races mongoles, mais, à cause de leur prépondérance politique en Asie après Gengis-Khan, on prit rtiabitudc de Tctendre à toutes les tribus qui se trouvaient sous leur domination. Dans les ouvrages de linguistique, tartare est pris dans deux significations différentes : suivant Texomple des auteurs du moyen Age, il a été adopté, ainsi que scythe en grec, comme terme général comprenant toutes les langues parlées par les tribus nomades de l'Asie, c'est-à-dire dans le sens où j'emploie le mot touranien; ou bien, il est devenu le nom de cette classe de langues touraniennes où le turc occupe le premier rang : et tandis que le nom de tartare u*est jamais donné à la race mongole, celle qui y a le plus de droit, c'est maintenant un usage presque universel de l'appliquer à la branche turque, la troisième de la division Ouralo-Altaïque; et bien souvent les races appartenant à cette branche l'ont adopté elles-niftmes. Ces populations turques, ou, comme on les appelle plus ordinairement, tar.tares, étaient établies sur le rivage septentrional de la mer Caspienne et aux bords de la mer Noire , et étaient connues sous le nom de Koumanes, de Pechenegs et de Bulgares quand elles furent subjuguées par i armée mongole du fils de Gonpis-Khan, qui fonda Tempire
^aptchak, s'étendant depuis le Dniester jusqu'à la ba et aux steppes des Kirghises. Pendant deux siè-
la Russie reconnut la suprématie de ces khans, LUS sous le nom de khans de la Horde Dorée. Cet ire fut dissous vers la fin du quinzième siècle, et ;s ruines sortirent plusieurs royaumes plus petits,
les plus importants furent ceux de la Grimée, de in et d'Astrakhan. Les princes de ces royaumes se fiaient encore de descendre de Gengis-Khan, et ;nt droit au nom de Mongols ou de Tartares.
leurs armées et leurs sujets aussi, qui étaient traction turque, recevaient le nom de leurs prin-
et leurs langues continuèrent à être appelées tar- $, même après que les tribus turques qui les parit eurent passé sous l'empire des Russes, cl qu'elles lient plus gouvernées par des khans d'origine mon-
ou tartare. H serait donc préférable d'appeler , au lieu de tartare, ce troisième rameau de la iche septentrionale de la famille touranienne, si changement de dénomination n'avait généraleit pour effet d'accroître la confusion à laquelle il : destiné à remédier. Il parait que chez ces tribus [azan et d'Astrakhan que nous nommons Tartares, mveuir de leur origine ne s'est pas efTacé. Quand Bur demande s'ils sont Tartares, ils répondent nérement, et ils appellent eux-mêmes leur langue i ou iiim/c. Ils regardent même le nom de tarcommo un terme injurieux, synonyme de voleur, emment parce qu'ils n'ont pas oublié que leurs très avaient été vaincus et assujettis par des hordes goles, c'est-à-dire tartares. J'avance ces faits sur orité de Klaproth, qui pendant son séjour en Rus-
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sie s'est trouvé dans d'excellentes conditions pour étudier les langues parlées sur les confins de cet empire semi-asiatique.
Les conquêtes des Mongols, ou des descendants de Gengis-Khan, ne se sont pas bornées à ces populations turques. A l'est, ils ont conquis la Chine où ils fondèrent la dynastie mongole des Yuan, et à l'ouest, après avoir soumis les califes de Bagdad et les sultans d'Iconium, ils se rendirent maîtres de Moscou et dévastèrent la plus grande partie de la Russie. En i 240 ils envahirent la Pologne, en 1241 la Silésie. Là ik reculèrent devant les armées réunies de l'Allemagne, de la Pologne et de la Silésie ; ils se retirèrent en Moravie, et, après avoir épuisé ce pays, occupèrent la Hongrie.
A ce moment, ils eurent à choisir un nouveau khan, ce qui ne pouvait se faire qu'à Karakorum, l'ancienne capitale de leurs États. Us s'y rendirent donc pour élire le monarque dont la domination s'étendait alors depuis la Chine jusqu'à la Pologne^ et de l'Inde à la Sibérie. Mais un si vaste empire ne pouvait être de longue durée, et, vers la (in du treizième siècle, il se décomposa en plusieurs États indépendants, tous régis par des princes mongols, mais n'obéissant plus au sceptre d'un seul khan des khans. Ainsi s'établirent de nouveaux royaumes en Chine, en Turkestan, en Sibérie, dans la Russie méridionale et en Perse. En 1360, la dynastie mongole fut chassée de Chine, et, au quinzième siècle, leur trône fut renversé en Russie. Dans l'Asie centrale, ils se rallièrent encore une fois en 1369 sous le drapeau de Timour, qui fit reconnaître son autorité depuis Karakorum jusqu'en Perse
en Anatolie. Mais en 1468, cet empire s'écroula ssi» emporté par son propre poids et faute de mains issantes, comme celles de.Gengis-Khan et de Ti- 3ur, pour le soutenir. Ce fut seulement dans le Jatai, contrée qui s'étend du lac Aral à THindou- »ush, entre les fleuves Oxus et laxarte (Jihon et don), et qu'avait autrefois gouvernée Jagatai, fils de sngis-Kban, que la dynastie mongole se maintint,
c^est de là que Baber, descendant de Timour, partit mr conquérir Tlnde et y fonder une dynastie monde qui a survécu jusqu'à notre époque dans les rands Mogols de Delhi. La plupart des peuples mon- >ls sont maintenant soumis aux nations dont ils aient autrefois les maîtres, et obéissent aux souveins mantchoux de la Chine, aux czars de la Russie,
aux sultans de la Turquie.
La langue mongole, quoique parlée (mais non sans iterruption) depuis la Chine jusqu'au Volga, n'a 3nné naissance qu'à peu de dialectes. Après le tonous, le mongol est la langue la plus pauvre de la Loiille touranienne, et le petit nombre de ses désiences grammaticales nous explique assez le fait que, 3mme langue, il est resté presque sans changements. [ y a cependant des différences à signaler entre les ialectes mongols que parlent les tribus de l'est, de ouest et du nord; des indices d'une vie grammaticale ui s'éveille et qui commence ont été signalés demieement dans l'idiome parlé des Buriates par Castrén, 3 grand voyageur suédois, à qui nous devons de si récieux matériaux pour la philologie des langues 3uraniennes. Dans cet idiome, les diflerentes personles du verbe sont marquées par des affîxes , tandis
que, selon les règles de la grammaire mongole, aucun autre dialecte n'établit de distinction entre amo, BUxaSy Rtnat.
Les Mongols qui habitent en Europe ont dressé leurs tentes sur les deux rives du Volga, et sur la côte de la mer Caspienne près d'Astrakhan. On en trou^ une autre colonie au sud-est de Sembirsk. Ils appartiennent à la branche occidentale, et sont des Oiotes ou Kalmouks qui, après avoir quitté leurs demeures sur les bords du Koko-nour, sont entrés en Europe en 1662. Us venaient de la tribu des Dûrbets et de celle des Torgodes, mais la plupart des Torgodes retournèrent en 1770, et leurs descendants sont maintenant dispersés dans les steppes des Kirghises.