AVOIR L'ŒIL A TOUT
30. Ce que nous venons de dire pour les achats et pour les ventes : Ve vous méfiez de Personne, mais prenez des précautions avec tout le monde,. trouve encore son application dans cette trosième règle.
Ne comptez entièrement que sur vous pour la surveillance : vous seule avez intérêt réel à la prospérité de votre maison ; elle ne dépend pas de vous seule sans doute, mais on peut dire que l'impulsion ne peut se donner et se soutenir que par votre présence.
Ce n’est pas sans une grave raison que les anciens disaient : L'œil du maître sème de l’argent,
Une maîtresse de maison doit prendre garde :
10 Que rien ne se perde. — Elle doit donc savoir tout ce qu’elle a, faire l'inventaire de son linge à chaque lessive, exiger que tous les soirs l'argenterie qui a servi soit comptée et montée à sa chambre,
20 Que rien ne se gâte. — Elle doit donc
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savoir les qualités de chaque chose, celles qui se gardent ou se détériorent facilement ; connaître, pour les provisions, la manière de les conserver ; se réserver à elle-même la préparation de celles qui exigent plus de dépenses, les confitures, les liqueurs par exemple. Ne voit-on pas tout de suite le besoin qu’elle à de savoir faire la cuisine pour en surveiller les apprêts et en régler les dépenses ?
On ne sait bien suiveiller que ce qu’on sait bien faire.
30 Que rien ne traîne. — Elle doit donc aller partout pour nettoyer, donner de l'air, commander des réparations urgentes, voir si on ne détourne rien.
40 Que tout soit recueilli et conservé avec soin, même les choses qui paraissent le plus inutiles. — Elle doit donc faire ramasser ce qui s'éparpille dans la maison, ce qu’elle rencontre sur ses pas, ce qui est hors de service et que les domestiques allaient jeter peut-être. .
Tous ces objets se placent dans ces vieilles chambres inhabitables qu’on appelle débarras, et on est sûr de trouver là, pour les réparations de la maison ou le soulagement des pauvres, une foule de choses qui rendent réellement service.
A la recommandation de tout ramasser, nous ajoutons celle de faire une fois par an, au moins une visite domicilière de charité dans les coins et les recoins.
Voulez-vous y trouver beaucoup de richesses ? faites-vous accompagner par une pauvre mère de famille, et dites-lui de chercher avec
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vous. Vous verrez comme elle saura découvrir, parmi ces vieux meubles et ces lambeaux d’étoffes, des trésors pour son ménage à elle,
‘“ Je me fais du bonheur avec mes guenilles, ” disait une de ces femmes d'ordre.
Du reste, si on a pu rire d’une femme à chiffons, on à rarement vu réduire à la misère celle dont la sage prévoyance savait que tout devient profit en ménage, les papiers, les débris de cuisine, etc.
50 Enfin, une maîtresse de maison doit prendre garde qu’on ne la trompe pas.
Comment on peut nous tromper