‹ La science du ménage [microforme]Chapitre 17 sur 33 · Il y a des fuites Cans les meubles qu’on · texte numérisé non relu

Il y a des fuites Cans les meubles qu’on

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ne fait pas réparer dès qu’ils sont brisés, et qui deviennent ainsi bientôt hors de service ; qu’on n’a pas soin de visiter pour les garantir de la poussière, et qu’on néglige de faire revenir de temps en temps pour les maintenir en bon état.

Dans les vêtements

39. Il y a des fuites dans les vêtements qui sont ou trop nombreux, ou mal tenus, ou peu visités.

‘‘ Beaucoup de linge, peu de vêtements, ” dit un proverbe. L’un indique l’ordre, la richesse, l’économie ; l’autre la vanité et le désordre.

T:. mode changeant si souvent la forme et I. «teur des vêtements, en avoir beaucoup,

c'est au moins une dépense inutile,

En général, les vêtements doivent être suspendus plutôt que pliés. Quelquefois, s'ils sont d’une étoffe délicate, gaze, satin ou velours, ils doivent être envéloppés dans des sacs de grosse mousseline empesée, toujours à l'abri de la poussière, de l’humidité et de la fumée,

Visiter souvent les vêtements est le moyen de faire disparaître les insectes qui les rongeraient. Sans doute les plantes aromatiques, le thym, la lavande ou les substances odorantes, telles que le camphre ou le poivre, détruisent les œufs de ces insectes et les éloignent euxmêmes ; mais l'air a vite dissipé ce qu'il y avait de fort et d’âcre dans ces parfums.

Consacrez donc quelques heures, tous les.

mois d'été, à secouer votre garderobe,

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IIT Une histoire

40. Nous arrétons là cette nomenclature des fuites dans le ménage, qui nous ont donné occasion d'insérer quelques conseils pratiques ; la liste en serait encore bien longue, si nous étudiions surtout les fuites OcCasionnées par les petites vanités, par la gourmandise, etc.

Voulez-vous, comme conclusion de cette troisième règle, que Je vous redise une histoire bien connue ? Elle est bien vieille, elle n’en est que meilleure peut-être.

Deux sœurs, se livrant à la même industrie dans un quartier séparé, travaillant avec le même zèle, obtenaient des résultats si différents, que l’une d'elles, voÿant sa fortune décroître, va trouver l’autre et lui dit:

— Comment se fait-il que la fortune nous traite si différemment ? J e suis active, laborieuse ; le quartier que j'habite est achälandé, je fais chaque jour de bonnes recettes, et pourtant je me trouve chaque mois avec un déficit qui m'’effraye, tandis que tu prospéres. Je ne

suis pas jalouse ; mais Voyons, as-tu quelque secret ?

— Oui, ma sœur, dit l’autre ; regarde (et elle lui montra cachée sur sa poitrine une petite croix d’or) : il y a là une vertu qui se répand dans tôute ma demeure.

—Je te comprends, tu es pieuse : mais il me semble que je remplis mes devoirs religieux.

Je n'ai prs oublié les dernières paroles de

vous. ” Je pense à lui, il m’oublie,

—Ce n’est pas cela, ma sœur ; la vertu de cette croix réside dans la croix elle-même. Lie matin, je la laisse sortir de mes vêtements, et je la porte ainsi dans toute la maison, à la cave, au grenier, au magasin ; je la promène partout. Elle répand partout un je ne suis quoi qui fait que tout me réussit, J’ai toujours regretté d'avoir un seul jour oublié ou négligé de la porter partout. Tiens, veux-tu que je te la prête? Essaye huit jours seulement, et tu verras.

La jeune sœur accepte avec reconnaissance et baise ce talisman sacré.

Dés le lendemain elle s’empresse de le por— ter par sa maison et n'oublie aucun des plus petits coins, :

Dans cette ronde minutieuse, que de désordre elle remarque ! que de choses détériorées que d'objets mi hors de service, quoique bons encore, et ne demandant, pour être utilisés, qu’une légère réparation !

Dans la cave, le vin est mal tenu, l’huile peu couverte, les bouteilles malpropres ; dans la cuisine, une superfluité de légumes qui se perdent ; dans le grenier, du linge entassé et oublié, des grains rongés par les rats ; puis les livres de comptes arriérés, les registres peu complets.

Elle vit tout cela et rougit.

—Quoi ! dit-elle, je ne l’ai pas aperçu plus tôt |!

notre mère : ‘“ Pensez à Dieu, il pensera à

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Dès le lendemain (un jour lui avait suffi) elle revint chez sa sœur, et, lui rendant sa croix en l’embrassant, elle lui dit :

Je te remercie du bon conseil que tu m'as donné et de la manière délicate employée pour me le donner. Je comprends que la prospérité d’une maison est due à l'œil du maître qui voit tout,

—Comme la prospérité de l'âme, ajouta sa sœur, est due à la pensée que l'œil du maître, qui est Dieu, voit tout et connaît tout.

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