QUATRIÈME RÈGLE
Chercher et trouver de bonnes domestiques
greg
41. On prend beaucoup de peine pour chercher les domestiques, on en prend bien peu pour les former.
Vous voulez qu’elles devinent vos goûts ; prenez donc la peine de les leur apprendre et
n'exigez pas qu’elles les connaissent tout de suite, :
Sachez bien qu’une domestique qui vient
Chez vous, quelque habile qu’elle soit, est tout
à former, non pas peut-être dans son métier de cuisinière ou de femme de chambre, mais dans ses rapports avec vous ; ayez donc la patience de faire son éducation.
Sachez bien, de plus, que, quelles que soient ses qualités éminentes, elle a, tout comme vous, au moins ces défauts de ses qualités, et que vous devez les supporter, Pts
Et soit dit en passant, de la maîtresse ou de la domestique, croÿez-vous que c’est la maîtresse qui à le plus à supporter ?
Si votre domestique est active, elle sera irascible ;
Sielle est zélée, courageuse, elle sera emportée ;
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Si elle est prudente, elle aura ses moments d'humeur sombre ; |
Si elle est douce et bonne, elle sera lente ;
Si elle est habile et intelligente, elle ne souffrira pas la moindre observation ;
Si elle est dévouée, elle sera susceptible à la plus petite froideur, hélas ! tout comme vous,
Ne lui montrez même pas trop que vous connaïssez ses défauts,
42. Lorsqu'on prend une apprentie servante à qui il faut tout apprendre, la tâche est non seulement difficile, mais rude.
Heureuse la jeune fille qui trouve dans sa maison et qui peut plus tard amener avec elle une domestique forrhée par sa mère.
Montrer, enseigner sans cesse est bien ennuyeux,
Une ancienne pensionnaire écrivant à sa sœur et lui faisant part de ses embarras, disait : ‘ La vie du couvent est monotone sans doute, mais on a de moins les tourments que donne un ménage, et, crois-moi, c’est bien
quelque chose, ” 1I
Devoirs envers les domestiques
43. Si les domestiques ont des devoirs rigouroux envers vous, Vous en avez aussi envers elles, et il est rare, quand vous vous plaignez. d'elles, que vous n'ayez pas de reproches à vous faire.
Nous n'avons pas à nous occuper ici des soins que réclame leur âme ; mais n'oubliez pas
nts qu'elles ne vous seront fidèles qu’autant qu'elles le seront à Dieu, et que Dieu, qui vous les te ; a prêtées pour vous servir, vous réclamera un uf- jour ce dépôt, et vous demandera compte de ; leur conduite. :
\ la Il y a entre vous et votre domestique une US. . différence dans le monde ; elle doit exister. | on- Il n’y en a point devant Dieu, qui comme vous, j elle appelle son Père. 1f ate Aussi que nous aimerions de voir maîtres et | on serviteurs réunis chaque soir pour faire en commun la prière de la fin du jour ? us sa Il me souvient d’une famille où cet usage He: Ile existait ; après la prière faite par la maîtresse A de maison, on ajoutait un Votre Père et un Je Dre en- vous salue, Marie, pour se pardonner mutuelle- 1 ment les peines qu’on ayait pu se causer les Ê sa uns aux autres. | li- Et avant de se séparer, après avoir donné | 1 ns les ordres pour le lendemain, quelques bonnes ue paroles d'affection, de sympathie et d’espéran- rs en ce venaient rafraîchir et rasséréner ces cœurs . qui avaient été. froissés peut-être dans la à journée, ou qui avaient senti germer un peu de jalousie.
Aussi que d'affection et de dévouement dans cette famille !
Urs TITI ez.
à Règles pratiques es 44, Voici sans commentaires qui nous en- AS traïneraient trop loin, quelques règles prati-
ques qui vous seront utiles, LE
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Payez exactement vos domestiques, et aidezles dans le placement de leur agent, sans vous en charger vous-même,
N'en faites jamais les confidentes ni de vos petites tracasseries de famille, ni de vos déceptions ; qu’elles le soient quelquefois, mais sans ostentation, de vos actes de charité.
Ne les rendez jamais maîtresses de vos secrets, quelque petits qu’ils soient, de peur qu’elles ne vous tiennent sous leur domination.
Sachez toujours conserver votre indépendance, et pour cela évitez avec soin cette familiarité qui d’une domestique fait une compagne avec qui on aime à rire, à qui on ouvre son cœur, et devant qui, on étale volontiers ses petites faiblesses. |
Conseil difficile à suivre quand on est jeune : la sensibilité du cœur, la délicatesse de la santé, la vie sédentaire et désœuvrée, les détails de la toilette rapprochent beaucoup une jeune filles de sa servante, surtoux si celle-ci est jeune comme elle. Aussi ajoutons-nous :
Ne leur demandez pour vous que des soins qué vous ne pouvez vous rendre vous-mêmes ; heureuses celles qui peuvent ordinairement faire leur toilette toutes seules.
‘* Priver les enfants les plus riches des services des domestique, disait Mme Campan, c’est leur rendre un éminent service. ”
Si vous avez le bonheur d’avoir une sœur à
u près de votre âge, venez-vous en aide l’une
l’autre, et que bien rarement une servante pénètre dans votre petite chambre, La cham-
À tr dé po oi ms mn. ape p.44 0x
idez. bre d’une jeune fille est un sanctuaire où seule vous sa mère a le droit d'entrer.
45, N'écoutez jamais les rapports qu’une vos domestique voudrait vous faire, et n’ayez pas cep- l'air de lui demander des nouvelles. / nas Ù Méfiez-vous d’elle quand elle vous entretient de quelque chose de mystérieux, si surtout su. elle vous défendait de dire à votre mère les qu’- récits ou les questions qu’elle vous fait. a. Surveillez les domestiques, mais sans tyrannie, de manière à ce que ni leurs liaisons ni PEER leurs correspondances ne vous échappent. fa- Exigez rigoureusement tous les comptes, >0M- mails ne vous montrez pas avare.
cvte Occupez-les sans les fatiguer, et ayez-en Este grand soin ; c’est surtout dans les maladies qu’elles doivent s’apercevoir qu’elles sont de la ne : famille .
on. Réglez-les pour la nourriture et pour la Loiser 5 son ; que tout soit abondant, mais rien à satiénie té ; la satiété les dégoûterait et les rendrait une exigeantes.
Que la nourriture soit variée et de temps en lie temps plus succulente, es ; Qu'elle aient leurs fêtes, elle s attacheront pes davantage à la maison, et que même le dimanche elles ressentent le bien-être de ce jour de ser- SES ; , an, . 46. Ne les fatiguez pas par des exigences inutiles et des tracasseries interminables, dé- . faut dominant des jeunes filles qui jouissent Fa de leur première liberté, is A propos d'une misère insignifiante, elles
accablent de reproches une pauvre femme de
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‘chambre qui s’est un moment oubliée ; elles reviennent cent fois sur le même sujet ; elles rendent leur service à peu près insupportablé,
Soyez toujours bonne et digne, laissant passer inaperçus une foule de petits manquements qui se corrigeront peu à peu,
exigez pas que celles qui vous servent n'oublient jamais rien. Est-ce possible ?
Dès que vous montrez votre mauvaise humeur devant votre domestique, vous vous abaissez, et pour peu qu’elle garde son sangfroid, elle vous domine.
n'y a rien peut-être de plus humiliant que d’avoir à rougir devant ses inférieurs.
Précisez vos ordres, et n’en donnez pas plusieurs à la fois.
N'humiliez pas par des reproches faits en public : l’humiliation aigrit, elle ne corrige jamais, En particulier, que vos réprimundes ne soient empreintes, ni d’aigreur, ni de précipitation.
Dites-leur des paroles d'encouragement .devant les autres, et faites-leur de temps en temps quelques petits cadeaux peu dispendieux pour vous, mais précieux par la manière dont vous
s ferez.
Essayez, par des Combinaisons que nous ne Pouvons indiquer ici, de les intéresser à votre prospérité en les faisant participer aux diffé. rents profits de votre maison : c'est chose facile, à la Campagne surtout.
J’ai connu une maîtresse de maison qui
RAC LOIULE
Promeîtait deux francs d’étrennes chaque
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mois, mais qui sur cet argent prélevait le payement des objets de cuisine qui se perdaïient ou se cassaient par l’incurie ou l’étourderie de la cuisinière,
N'est-ce pas un moyen de la rendre attentive et soigneuse, sans trop l’exposer à cacher ses dégâts ?
Un mot résumera tous ces conseils : faitesvous aimer, vous serez bien servie.
Les mauvais: ‘“1estiques
47. Nous ne terminerons par ce chapitre sans dire un mot de cette tyrannie detous les jours que peutexercer contre vous une domestique mécontente et sans piété.
Peut-être comprendrez-vous mieux l’obliga:tion qu’il y a pour vous de faire un choix sévère: et de maintenir de tout votre pouvoir la foi chrétienne et la dévotion pratique dans les:
personnes dont vous vous entourez.
Cette tyrannie d’une domestique est d’autant plus irritante, qu’elle a pour agir des moyens presque mystérieux, que vous soupçonnez, mais que vous ne pouvez jamais découvrir.
Ainsi, en faisaut votre chambre, elle changera tous les jours quelques petits objets de place, sachant bien que cela vous contrarie, et vous n’osez pas lui en faire l'observation, tant c'est peu de chose,
Elle trouvera toujours le moyen de ne pas
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erranger votre lit, vos couvertures, vos rideaux comme vous le désirez, et à un reproche que vous lui ferez elle répondra avec une naïveté admirable qu’elle à fait parfaitement comme vous lui aviez dit.
Elle sait où sont vos petits secrets et vous laisse soupçonner qu'elle les visite sans que VOus puissiez jamais la prendre sur le fait.
Elle sourit malicieusement aux petits mystères de votre toilette, et se complaît à vous faire Comprendre, sans que là encore vous puissiez le lui reprocher, qu’elle sait tout ce que vous faites pour plaire.
Elle à deviné ce qui amène la joie sur votre figure ou des nuages sur votre front, et elle sait en profiter pour vous impatienter.
Elle comprend, à l’ébranlement de votre SOnnette, si vous êtes pressée, et elle affecte de .$e rendre un peu plus tard, paraissant tout essoufflée et vous demandant pardon de la meilleure bonne foi du monde.